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Le sacré chemin de la coproduction

Manar Attiya , Mercredi, 10 juillet 2024

De jeunes réalisateurs égyptiens ont recours à des coproductions égypto-françaises, un moyen qui leur garantit la diffusion de leurs films dans les deux pays.

Le sacré chemin de la coproduction

Pour sortir Les Filles du Nil, les réalisateurs producteurs Nada Riyadh et Ayman El-Amir ont cherché le soutien d’une société de production française. C’est au Festival de cinéma de Gouna, station balnéaire de la mer Rouge en Egypte, que le couple égyptien a rencontré de différents producteurs français. Nada et Ayman sont immédiatement repérés par la société française Dolce Vita Films. Car leur vision artistique est en accord avec celle du propriétaire de la société.

Les deux parties se mettent d’accord sur les détails du projet : le lieu du tournage (le village de Barsha), les personnages, la durée du film, la commercialisation, le cadrage cinématographique, etc.

Le court métrage Issa, réalisé par Mourad Mostafa, est un autre exemple d’une coproduction égypto-française réussie. Le film a remporté en 2023 le prix du Rail d’or à la Semaine de la critique du Festival de Cannes. Issa est un jeune migrant africain vivant en Egypte. Il mène une vie simple dans une ville égyptienne, au sein d’une communauté formée de ses compatriotes, jusqu’au jour où un grave accident jette son ombre sur la région où il vit.

Mourad Mostafa raconte : « En 2021, j’ai fait la connaissance de la productrice française Margot Laurier lors du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand. La production française a couvert le mixage et le montage et le tournage du film a eu lieu au Caire et à Alexandrie pendant quatre mois ».

Le prix remporté à Cannes garantit au réalisateur un soutien pour le développement de son long métrage Aïcha ne peut plus s’envoler sur lequel il travaille depuis deux ans. Il s’agit de l’histoire d’une femme somalienne de 26 ans luttant pour sa survie dans le quartier de Aïn-Chams au Caire.

Le film 678 (les femmes du bus 678), premier long métrage de Mohamed Diab (2010), qui relate l’histoire de trois femmes victimes de harcèlement sexuel, a été coproduit par la société égyptienne New Century et la française Sampek d’Eric Lagesse. « C’est à Berlin que j’ai rencontré pour la première fois Mohamed Diab. Je savais que j’assisterais à la naissance d’un réalisateur engagé. Raison », déclare Lagesse aux médias. Après sa sortie en Egypte, le film a été projeté en France en 2012 et a été primé dans de nombreux festivals internationaux.

Une histoire vieille de 80 ans

Les premières expériences de coproduction cinématographique ont débuté en 1946 avec la France, puis l’Italie et l’Espagne dans le but d’ouvrir de nouveaux marchés arabes et internationaux mais il s’agissait de tentatives individuelles non soutenues par l’Etat. Elles n’ont pas eu le succès souhaité pour le développement de la production. Ensuite, le secteur public, représenté par la société gouvernementale Copro Film, a participé, à partir de 1963, à la production d’un certain nombre de films avec la France, mais ceux-ci ont échoué commercialement et ont fortement été critiqués. La société perd son capital dans cet échec. Entre 1972 et 1985, la coproduction s’arrête. Mais l’année 1985 voit le début d’une nouvelle phase de production cinématographique égyptienne en coopération avec la France et ce, à travers Misr International Films de Youssef Chahine qui a signé huit films en collaboration avec la France. D’autres réalisateurs égyptiens ont poursuivi le chemin en optant pour des coproductions avec la France comme Yousry Nasrallah, Atef Hatata, Asmaa Al-Bakry et Khaled Al-Hagar.

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