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Retour en force du cinéma africain

Yasser Moheb , Mercredi, 17 mai 2023

Si le cru 2022 du Festival de Cannes avait vu le continent sous-représenté, la Croisette met cette année à l’honneur pas moins de 13 films africains.

Retour en force du cinéma africain
Issa (je te promets le paradis).

La 76e édition du Festival de Cannes s’annonce prometteuse pour l’Afrique, représentée dans sa diversité territoriale, mais aussi de genre avec deux femmes en lice pour briguer la Palme d’or. Au total, pas moins de 13 films africains seront représentés sur la Croisette en comptant les sélections parallèles. La première, Ramata-Toulaye Sy, réalise à 36 ans l’exploit d’intégrer la sélection officielle avec un premier film, Banel et Adama. L’histoire d’un jeune couple qui vit dans un village reculé du nord du Sénégal et qui voit bientôt son idylle menacée par des contraintes liées à la tradition.

La deuxième réalisatrice en compétition officielle n’est pas inconnue du public cannois. En 2017, la Tunisienne Kaouther Ben Hania avait retenu l’attention avec son troisième long métrage, La Belle et la Meute, sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard. Présidente du jury de la Semaine de la critique l’année dernière, elle revient cette fois pour présenter Les Filles d’Olfa. Un film documentaire qui relate la trajectoire intime d’une Tunisienne, mère de quatre filles, qui découvre subitement la disparition de deux d’entre elles. Afin de combler leur absence à l’écran, la cinéaste a fait appel à deux comédiennes pour lever le voile sur l’histoire personnelle de cette famille. Une première depuis plus de cinquante ans qu’un film tunisien est en compétition officielle.

L’Egypte fait son comeback à la Croisette

Le jeune réalisateur égyptien Mourad Moustafa prend, lui, la relève de présenter l’Egypte sur l’écran de cette 76e édition de Cannes, et ce, à travers son court métrage Issa (je te promets le paradis), sélectionné pour participer à la section de la Semaine de la Critique.

Ce 3e court métrage de Mourad relate l’histoire d’un immigrant africain de 17 ans vivant en Egypte et qui tente de courir contre la montre pour sauver ses proches suite à un violent accident. Il met en vedette Kenny Marcelino et Kenzi Mohamed.

Le jeune réalisateur développe actuellement son premier long métrage Aisha Can’t Fly Anymore (Aïcha n’arrive plus à voler), passant 135 jours comme invité parmi 6 jeunes cinéastes de par le monde dans le programme Résidence Cinématographique du Festival de Cannes, subissant tous genres de support, d’entraînement et de surveillance lors de l’écriture de la première ou seconde expérience de chacun de ces jeunes cinéastes résidés.

Entrées historiques du Soudan et du Congo

Toujours du nord du continent, le Soudan fait son apparition pour la première fois sur les écrans cannois. Mohamed Kordofani sera lui-même le premier réalisateur soudanais à monter les marches pour présenter son film Goodbye Julia, relatant l’histoire d’une chanteuse du nord du Soudan à la retraite et ravagée par la culpabilité après avoir dissimulé un meurtre.

Autre entrée historique africaine : celle du Congo. Alors qu’En route pour le milliard, de Dieudo Hamadi, devait être le premier film congolais jamais présenté à Cannes en 2020, l’édition de cette année-là avait dû être annulée en raison de la pandémie. Séance de rattrapage donc, avec une belle surprise encore dans la section Un Certain Regard, le premier long métrage du Belgo-Congolais Baloji Tshiani, plus connu pour ses prouesses devant un micro que derrière la caméra — excepté pour la réalisation de clips.

Le rappeur présentera Augure, une fiction autour de la sorcellerie qui est l’une des sources d’inspiration de son style musical, nouveau et ambitieux. Un film de genre donc, tourné en français, en swahili, en lingala et en anglais, où la musique tient la place d’un personnage à part entière.

Le 7e art maghrébin se distingue

Le cinéma nord-africain se distingue, lui aussi, dans la section Un Certain Regard, avec deux films marocains en compétition, dont un coup d’essai signé Kamal Lazraq qui réalise un thriller casaoui intitulé Les Meutes. Et le documentaire d’Asmae El Moudir, intitulé Kazib Abyad (la mère de tous les mensonges), autour des secrets et souvenirs de famille de la réalisatrice.

La Quinzaine des réalisateurs et l’Association du Cinéma Indépendant dans sa Diffusion (ACID) comptent chacune deux longs métrages africains à leur sélection, avec respectivement Déserts, du réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi, et Mambar Pierrette, de la Camerounaise Rosine Mbakam à la Quinzaine, tout avec Machtat, de la Tunisienne Sonia Ben Slama, et Nome, du Bissau-Guinéen Sana Na N’Hada à l’ACID.

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