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L’Afrique à l’honneur

Névine Lameï, Lundi, 19 avril 2021

Les Nuits du Ramadan sont de retour à l’Institut Français d’Egypte (IFE), antenne de Mounira, avec un programme culturel et artistique exceptionnel de neuf soirées. Rendez-vous du 21 avril au 8 mai.

L’Afrique à l’honneur
Ahmed El-Attar, metteur en scène de Poésies d’Afriquia.

A l’initiative de l’Institut Français d’Egypte (IFE), le centre des arts AFCA organise à l’antenne de Mounira toute une semaine festive célébrant le mois du Ramadan. La première nuit commence par un spectacle intitulé Poésies d’Afriquia qui sera repris, pour une première, du 1er au 4 juillet 2021 à la MC93 (Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny). Il s’agit d’un récital de poésies africaines qui se situe entre représentation théâtrale et fébrilité du monde lyrique. Poésies d’Afriquia est mis en scène par Ahmed El-Attar, fondateur et direc­teur du festival Downtown Contemporary Arts Festival (D-CAF) du Caire, et interprété par son fils, le jeune Teymour El-Attar. Ce dernier est un passionné d’écri­ture poétique et philosophique et un débutant polyvalent en jeu d’action, jouant dans Etre Vivant et le Savoir, un film choisi à la sélection officielle hors compétition du Festival de Cannes 2019. Poésies d’Afriquia, une production d’Orient Productions d’Ahmed El-Attar avec la MC93, est une lecture en français et en musique d’un choix de poèmes parcourant la création contemporaine africaine. Et ce, en soutien du Studio Emadeddine Foundation et l’association Arab Arts Focus. « Je suis très reconnais­sant à l’IFE de m’avoir permis de présenter Poésies d’Afriquia dans une avant-première parmi ses Nuits du Ramadan 2021. D’ailleurs, c’est un spectacle avant-première créé d’abord pour la Saison Africa 2020 qui devait être donnée à la MC 93, à Bobigny, en région Île-de-France, en décembre 2020, dans le cadre du Quartier général Ouagadougou, Le Caire-Bobigny. Mais dû à la pandé­mie de Covid-19, Poésies d’Afriquia a été remis pour être joué à la MC 93, du 1er au 4 juillet 2021 », déclare Ahmed El-Attar. Et d’ajou­ter: « La MC 93 devient un quartier général imaginé avec deux festivals : les Récréâtrales de Ouagadougou (Burkina Faso), dirigées par Aristide Tarnagda, qui est un espace panafri­cain d’écriture, de création, de recherche et de diffusion théâtrales, et le D-CAF, au Caire, dont l’édition 2020 a été malheureusement annulée à cause du Covid-19. MC 93 est l’oc­casion, à travers la présence d’ar­tistes de plusieurs langues et pays du continent africain, de montrer la diversité de la création contempo­raine du continent. Une expérience de coopération artistique qui déplace le regard européen et contribue à penser la mondialité de demain ».

Dans ce spectacle, d’une durée d’une heure et divisé en trois parties, où tout est mis en oeuvre pour faire entendre la voix intime des morceaux théâtralisés d’une manière subtile, la poésie anthologique africaine bien rythmée et émotionnelle prend le dessus. Les poésies choisies, aux sujets divers, traitant notamment de questions de culture africaine (colonisation, esclavage, héritage culturel, relation familiale, générations, vision de l’avenir…), comptent dans leur ensemble 11 poèmes de 11 poètes de 7 nationalités différentes, venant de toute l’Afrique. A savoir J’ai de la mémoire, de Camara Sikhe (Guinée), La Traversée, de Robert Hayden (Etats-Unis), Ne te réconcilie pas, d’Amal Donkol (Egypte), La Couleur n’a pas d’yeux, de Jean-Paul Nyunai (Cameroun), La Chaussure, de Naguib Serrour (Egypte), Un père bénit son fils qui part, de Lagrave & Fouda (Poème Bamiléké, Cameroun), Souffles, de Birago Diop (Sénégal), Couleurs, de Malcolm de Chazal (Île Maurice), Je suis le poète, de Paul Dakeyo (Cameroun), Orient, de Biram Al-Tounsi (Egypte), et Afrique mon Afrique, de David Diop (France-Sénégal). Tous les poèmes égyptiens sont traduits de l’arabe par Stéphanie Dujols.

La sélection des poèmes de Poésies d’Afriquia n’obéit en fait qu’à la sensibilité du metteur en scène Ahmed El-Attar. Ce dernier lui importe la cohésion dramaturgique du spectacle basée sur une temporalité à lent processus, du fait de l’abondance de la recherche des mots de la poésie africaine et ses règles de versification, de la nécessité d’éviter une redondance de rythme et du désir de présenter la souplesse du souffle poétique. « Conserver cette cohésion dramaturgique et permettre la structure d’une expression précise, sans cimenter la sensibilité des textes ou de l’interprète, est pour éviter ainsi un fonctionnement descriptif ou démonstratif. Pour l’interprète, Teymour El-Attar, j’ai préféré trouver une forme d’expertise naïve dépendant davantage de la puissance des textes beaucoup plus que de la technique. Et donc de laisser les textes s’exprimer sans en forcer le sens », affirme Ahmed El-Attar.

Le tout est accompagné d’une musique aux sons électroniques et acoustiques qui s’entremêlent. Signée Ramsi Lehner et Sabrine El Hossamy, la musique de Poésies d’Afriquia, accentuant la pluralité de voix poétiques africaines, d’une grande profondeur à intensité et mul­tiplicité émotionnelle, partage la mondialisation de la culture.

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