Mercredi, 24 juillet 2024
Al-Ahram Hebdo > Arts >

Feuilletons du Ramadan 2021 : Place privilégiée au soft power égyptien

Yasser Moheb, Mardi, 13 avril 2021

Une vingtaine de séries télévisées aussi riches que diversifiées sont au rendez-vous ce Ramadan. Tour d’horizon d’une programmation où les grandes tendances ne manquent pas et qui fait la part belle aux oeuvres à fond patriotique.

Feuilletons du Ramadan 2021 : Place privilégiée au soft power égyptien

Coup de canon ! Ça y est, c’est l’heure de la rupture du jeûne, l’heure des banquets emplis de la nourriture, mais aussi des écrans engorgés de feuilletons inédits et du drame ramadanesque. Comme de tradition, les téléspectateurs égyptiens et arabes sont ciblés par un grand nombre de feuilletons, ainsi que de programmes et séries télévisés, préparés par les chaînes satellites arabes, qui concurrencent à exaucer l’appétit télévisuel de plusieurs millions de téléspectateurs. 27 feuilletons sont déjà au menu cette année, dont une part privilégiée est consacrée pour affirmer et soutenir le soft power égyptien, étant donné que les chaînes satellites égyptiennes passent un nombre de séries à coloration « patriotique », mettant notamment en scène la guerre égyptienne contre le terrorisme et le fanatisme religieux, tout aux côtés des épisodes édifiants de l’histoire politique égyptienne.

Depuis des années, et faute de capitaux, la production cinématographique égyptienne a cédé le terrain aux productions du drame télévisé, qui a pris alors le relais, puisque ce dernier est devenu en quelques années un véritable outil de « soft power ». Ainsi, le drame a réussi — et continue à réussir — à retrouver son éclat en raison de l’importance de son rôle dans la reconstruction de l’identité nationale, à travers des contenus intellectuels, patriotiques et artistiques de valeur, afin de polir la jeune génération et la construire avec des outils qui valorisent et renforcent leur esprit patriotique.

Histoires d’héroïsme

Si l’année dernière, le feuilleton Al-Ikhtiyar (le choix) a réussi à rassembler la grande majorité du public égyptien et arabe rassemblés autour de lui, pour affirmer une fois de plus l’importance des forces douces dans les batailles actuelles, celles de la « quatrième génération » visant les esprits, les dramaturges ont fait sortir ce Ramadan leur artillerie lourde, afin de cibler esprits et émotions à travers trois séries télévisées qui représentent un modèle concret du soft power égyptien face à l’idéologie extrémiste, au terrorisme et à l’absentéisme : Al-Ikhtiyar 2 (le choix 2), Al-Qahéra-Kaboul (Le Caire-Kaboul), Hagma Mortadda (contre-attaque).

Commençons par le plus attendu et le plus controversé : le feuilleton Al-Ikhtyar 2 : Régal Al-Zel (le choix 2 : les hommes de l’ombre). Suite au succès impressionnant de la première saison de cette télésérie, avec son récit patriotique bourré de suspense, d’actions et d’héroïsme, retraçant le parcours du colonel Ahmad Saber Al-Mansi, l’un des héros des forces armées égyptiennes, il s’agit là, dans cette deuxième saison, d’une série d’aventures et d’actes héroïques signés, cette fois, par les officiers et gendarmes de la police égyptienne contre les terroristes. Ecrit par Hani Sarhane et réalisé par Peter Mimi, signataire également de la première saison, ce second volet change donc de comédiens, de protagonistes et d’événements. Les stars Karim Abdel-Aziz et Ahmad Mekki sont les vedettes de cette deuxième saison, tout avec une brochette de comédiens, dont Ahmad Saïd Abdel-Ghani, Asmaa Aboul-Yazid, Ingi Al-Moqaddem, Mohamad Farrag et Mohamad Alaa.

Le deuxième est Al-Qahéra-Kaboul (Le Caire-Kaboul), écrit par Abdel-Réhim Kamal et réalisé par Hossam Ali. Il est interprété par Tareq Loutfi, Khaled Al-Sawi, Hanan Motawie et Fathi Abdel-Wahab. Un feuilleton déjà controversé à cause de la ressemblance et la comparaison établies par la presse entre le look de Tareq Loutfi et le fameux terroriste Ossama Bin Laden. La série jette la lumière sur trois histoires passionnantes, traitant des complots entourant la région arabe, surtout l’Egypte, et mettant en lumière les actes terroristes dont a souffert la société égyptienne et arabe lors des trois dernières décennies. Quatre amis qui se réunissent à nouveau après 30 ans de séparation, durant lesquels chacun a retracé sa propre carrière d’une façon tout à fait différente des autres. Homme de médias, policier, islamiste, des carrières différentes qui n’ont pas pu éviter leur retrouvaille.

Quant à la troisième série, ou plutôt à la troisième arme du soft power égyptien lors de ce Ramadan, il s’agit du téléfeuilleton Hagma Mortadda (contre-attaque), basé sur des faits véridiques tirés des dossiers des renseignements égyptiens. Regroupant sur son affiche les stars Ahmad Ezz, Hend Sabri, Hicham Sélim, Salah Abdallah et Nidal Al-Chaféï, la série tourne autour d’un jeune Egyptien, Ahmad Ezz, qui travaille à l’étranger et qui décide de communiquer avec le service de renseignements égyptiens après avoir été ciblé pour être recruté par les renseignements d’un pays étranger. Une histoire de bravoure assez contemporaine, visant à transmettre le message que la bataille est fondamentalement une bataille de conscience.

Les habitués du festin

Feuilletons du Ramadan 2021 : Place privilégiée au soft power égyptien

Outre ces trois séries, ce Ramadan 2021, les téléspectateurs célébreront le mois sacré autour d’une collection assez riche de productions dramatiques de grande valeur, signées par de grands noms de stars. Yousra, fidèle à son rendez-vous ramadanesque annuel, revient cette année avec le nouveau feuilleton Harb Ahliya (guerre civile), écrit par Ahmad Adel et réalisé par Sameh Abdel-Aziz. Un nouveau drame social, le genre par lequel Yousra a réussi à collecter tant de succès, mais cette fois-ci à travers le rôle d’une chirurgienne plastique qui vit une certaine rivalité avec l’autre épouse de son mari, joué par le Syrien Bassel Khayat. Arwa Gouda et les jeunes Gamila Awad, Khaled Anouar et Mayane Al-Sayed sont également parmi les vedettes de cette oeuvre.

Pour sa part, la comédienne Ghada Abdel-Razeq retrouve cette année ses fans à travers le feuilleton Lahm Ghazal (viande de gazelle), dont la vedette est partagée avec le comédien Chérif Salama, May Sélim et Amr Abdel-Guélil. Le feuilleton, écrit par Iyad Ibrahim et réalisé par Mohamad Ossama, tourne autour de certaines relations assez alambiquées entre des protagonistes vivant et travaillant dans un abattoir.

Pas loin d’elle, Nelly Karim retrouve ses fans cette année à travers le feuilleton Ded Al-Kasr (incassable), écrit par Amr Al-Dali et réalisé par Ahmad Khaled. Après avoir rencontré un succès prodigieux l’année dernière avec la série comique Bi 100 Wech (100 faces), celle-ci retrouve le drame social à travers le personnage de Salma, une femme qui découvre la trahison et les relations amoureuses clandestines de son mari, joué par Mohamad Farrag, ce qui la conduit à appliquer une série de ruses et de stratagèmes pour se venger de son bien-aimé. L’oeuvre regroupe de-même parmi ces vedettes Liqä Al-Khamissi, Moustapha Darwich et Tara Emad.

Yasmine Abdel-Aziz est elle aussi présente dans ce marathon de drames télévisés avec la série Elli Malouch Kébir (celui qui n’a pas de grand), après son grand succès l’année passée avec le feuilleton We Neheb Tani Leih (pourquoi aimer encore), face à son mari Ahmad Al-Awadi, encensé lui aussi par la critique, après avoir concrétisé le personnage du terroriste Hicham Achmawi dans le feuilleton Al-Ikhtiyar, diffusé lors du Ramadan passé. Ecrite par Amr Mahmoud Yassine et réalisée par Moustapha Fekri, cette télésérie est co-jouée également par Khaled Al-Sawi, Dounia Abdel-Aziz et Dina Fouad.

Parmi les habitués du marathon des drames télévisés pendant le mois sacré, notons également cette année la comédienne Riham Haggag, de retour avec son nouveau feuilleton We Kol Ma tefterë (à chaque fois qu’on se sépare), avec Ahmad Fahmi, Ayten Amer et Rania Youssef, co-écrit par Ahmad Waël et Yasser Abdel-Aziz et réalisé par Karim Al-Adl.

Le comédien Mohamad Imam, pour sa part, retrouve le festin du drame télévisé cette année avec son nouveau feuilleton Al-Nemr (le tigre). Une oeuvre d’action — comme d’habitude avec Imam Junior — écrite par Mohamad Salah Al-Azab et réalisée par Chérine Adel, avec sur son affiche Nermine Al-Fiqi, Hana Al-Zahed, Mohamad Riyad et Bayoumi Fouad.

Des come-back attendus

Feuilletons du Ramadan 2021 : Place privilégiée au soft power égyptien

Mais si le drame télévisé de ce Ramadan 2021 est caractérisé par la diversité des thèmes abordés, entre suspense, romance, tragédie sociale, comédie et drame au fond politique, ainsi que par le phénomène des duos de stars et des aventures folkloriques et populaires, il se caractérise également par le come-back d’un nombre de stars. Parmi ces stars de retour, et tant attendues cette année sur le petit écran, citons le célèbre Yéhia Al-Fakharani, qui retrouve ses fans cette année à travers le feuilleton Naguib Zahi Zarkach, réalisé par son fils Chadi Al-Fakharani, avec un scénario signé Abdel-Réhim Kamal et une brochette de stars dont Anouchka, Chérine et Hala Fakher.

Un grand retour également de Mona Zaki, qui fait sa réapparition suite à une longue absence, depuis le feuilleton Afrah Al-Qobba (fêtes du quartier Al-Qobba) diffusé en 2017. Cette année, elle se met aux côtés de Mohamad Mamdouh, Mohamad Farrag et Sayed Ragab dans la nouvelle série Leabet Newton (jeu de Newton), écrite et réalisée par Tamer Mohsen.

Une autre star de retour à ses fans au cours du mois sacré : ce n’est que Soumaya Al-Khachab, qui retrouve les caméras de la télévision avec Mohamad Ramadan et Abir Sabri dans Moussa, écrit par Nasser Abdel-Rahman et réalisé par Mohamad Ossama.

Pour sa part, le chanteur Moustapha Amar fait également son come-back durant ce Ramadan avec le nouveau feuilleton Farès Bila Zawag (Farès sans mariage), après de longues années d’absence du drame télévisé. Dans cet ouvrage écrit par Fidä Al-Chandawili et réalisé par Moataz Hossam, Amar joue le rôle d’un homme qui cherche à se marier, alors qu’il ne trouve pas la fille de ses rêves.

Bref, nombre de tendances et beaucoup de nouveautés sont au menu des drames télévisés de ce Ramadan, ce qui est digne de garder au petit écran sa grande allure habituelle lors du mois sacré.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique