Vendredi, 19 juillet 2024
Al-Ahram Hebdo > Arts >

Amour et humour versus coronavirus

Yasser Moheb, Dimanche, 07 juin 2020

Poussés par le désir de divertir un large public épuisé par le confinement et la pandémie, plusieurs feuilletons diffusés durant le Ramadan ont tiré sur la corde du romantisme et de la comédie. Bilan.

Amour et humour versus coronavirus
Bé Mit Wech (aux 100 visages).

Avec la fermeture des salles de cinéma, les téléspectateurs ont besoin de se changer les idées, en suivant de belles his­toires romantiques ou des comé­dies à l’eau de rose. Les créateurs des feuilletons du Ramadan ont bien compris les besoins de l’audi­mat; ils se sont montrés assez prévoyants. Ainsi, coups de foudre, passions dévorantes, blind dates, bref, plein de thématiques qui tournent autour de l’amour, se sont conjuguées sur le petit écran, à travers les séries TV 2020.

En tête de liste, vient le feuille­ton Wé Néhéb Tani Leih ? (pour­quoi aimer de nouveau?), écrit par Amr Mahmoud Yassine et réalisé par Moustapha Fekri. Ces derniers ont essayé de présenter plusieurs exemples de personnages qui « aiment de nouveau » après avoir vécu des idylles incomplètes. On a donc suivi plusieurs problèmes sentimentaux qui ont fait souffrir les personnages principaux, inter­prétés, entre autres, par Yasmine Abdel-Aziz, Chérif Mounir, Karim Fahmi, Sawsan Badr et Tara Emad. Ceux-ci ont réussi à présenter un contenu oscillant entre drame social, histoires d’amour à l’eau de rose, trahison, suspense et un peu d’humour. Seulement, les choses se compliquent une fois que les sentiments s’en mêlent.

Le comédien Chérif Mounir campe un personnage à paradoxes qui lui va bien. Yasmine Abdel-Aziz s’éloigne de la farce où elle a été tant enfermée. Karim Fahmi représente le jeune premier doux et sympa. Et Sawsan Badr, de plus en plus mûre, est très convaincante dans le rôle de la mère qui se donne une deuxième chance en amour. Ce bon casting fait pardon­ner quelques problèmes dans l’en­chaînement du scénario, qui ne nuisent pas cependant à son origi­nalité.

Amour et humour versus coronavirus
Wé Néhéb Tani Leih  ? (pourquoi aimer de nouveau  ?).

Le feuilleton Forsa Tania (une seconde chance), écrit par Moustapha Gamal Hachem et Mohamad Sayed Béchir et réalisé par Morcos Adel, a réussi à attirer pas mal de spectateurs. Présentée de nouveau en tant qu’héroïne principale, après le succès de son dernier feuilleton Hékayti (mon histoire), la ravissante Yasmine Sabri opte de nouveau pour une histoire d’amour à l’eau de rose ; son partenaire étant cette fois-ci le jeune comédien Ahmad Magdi. Le pitch est plutôt simple: deux jeunes amoureux perdent leur pre­mière chance à mener une vie conjugale heureuse, lorsque la jeune fille décide de rompre après avoir vu son fiancé avec une autre.

Une suite d’incidents tragiques bouleverse la vie de ce couple brisé, mais il y avait de quoi leur offrir une seconde chance. Une nouvelle chance d’amour ou de vengeance? C’était le défi du couple tourmenté qui voulait abso­lument retomber amoureux, sauf qu’ils sont très différents et que leur relation ne va pas vraiment comme un long fleuve tranquille. Le script comportait de nom­breuses lacunes et plusieurs cri­tiques ont été adressées à la vedette du feuilleton à cause de sa presta­tion acceptable, mais elles étaient loin de faire l’unanimité. La télé­série, qui a fait couler beaucoup d’encre, reste un exploit pour le jeune Ahmad Magdi, qui a le talent d’un nouveau jeune premier.

La troisième télésérie roman­tique de ce dernier Ramadan a été Hob Omri (l’amour de ma vie), écrite par Fedä Al-Chandawili et réalisée par Abdel-Aziz Hachad. Cependant, elle n’a pas eu la chance d’être diffusée par un grand nombre de chaînes. Le feuilleton interprété par le chanteur Haytham Chaker et Sahar Al-Sayegh est une oeuvre assez classique au niveau du fond et de la forme, relatant l’his­toire de deux jeunes gens aux conditions sociales différentes. Ils perdent la boussole, manipulés par une tierce féminine qui vise à gagner le coeur du héros modeste, issu d’un milieu modeste. Un pro­cédé scénaristique trop usité, qui a gagné toutefois la sympathie des fans des deux jeunes acteurs.

Des fiascos

« La comédie est un bon moyen d’adoucir le quotidien de plus en plus tendu, dans un monde hanté par le coronavirus », souligne Waël Ihsan, réalisateur du feuille­ton Sokkar Ziyada (trop sucré), l’une des grandes aventures de cette saison, ayant regroupé deux grandes stars d’un certain âge, à savoir Nadia Al-Guindi et Nabila Ebeid, jouant ensemble pour la première fois. Le résultat final était loin d’être divertissant ou du moins pas à la hauteur des attentes.

Il en est de même pour la télésé­rie Valentino, avec Adel Imam, Dalal Abdel-Aziz, Dalia Al-Béheiri et Samir Sabri. Les téléspectateurs s’attendaient à une oeuvre digne du talent de Adel Imam, surnommé Al-Zaïm (le leader), mais son appa­rition sur l’écran ne provoquait pas les rires habituels.

Le sourire vient

d’où on ne s’attendait pas !

Le grand sourire est venu cette année d’où on ne s’attendait pas trop en fait, du tandem d’enfer Nelly Karim et Asser Yassine. Et ce, à travers la comédie Bé Mit Wech (aux 100 visages), écrite par Amr Al-Dali et Ahmad Waël et réalisée par la talentueuse Kamla Abou-Zikri.

Les épisodes étaient consacrés aux aventures d’un gang rassemblé par le duo d’escrocs, Sokkar jouée par une Nelly Karim, en pleine forme, et Omar campé par un Asser Yassine, au top de son talent. Aussi fascinants que sympas, ils ont constitué un duo de rêves, dans un cadre comique. Servies par un cas­ting bien senti, qui accentue la pente burlesque du scénario, avec des dialogues piquants et des va-et-vient comiques très bien travaillés, les diverses situations de cette oeuvre étaient souvent drôles et savoureuses. Un exemple de la comédie chorale réussie.

La réalisatrice, Kamla Abou-Zikri, confirme une fois de plus qu’elle est une voix à part. Elle laissait les comédiens improviser, parfois, devant la caméra et en plein tournage, afin d’avoir le mieux et le plus crédible de leur prestation. On sentait sa présence et la constance de son travail minutieux, presque à chaque scène dans chaque détail. La fraîcheur du ton de cette comédie, pimentée par la présence très charismatique de tout le casting, a réussi à fédé­rer le public et la critique .

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique