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Aïda illumine le temple de Hatshepsout

Névine Lameï, Dimanche, 13 octobre 2019

Un méga-événement se prépare à Louqsor les 26 et 28 octobre. Aïda fera un retour triomphal au temple de Hatshepsout, où le célèbre opéra de Verdi sera interprété par des artistes de renommée internationale.

Aïda illumine le temple de Hatshepsout
Le choeur national de Dumka d’Ukraine.

L’opéra légendaire Aïda de Giuseppe Verdi revient au temple de la reine Hatshepsout, à Louqsor, où il a déjà été donné en grande pompe il y a plus de 20 ans, précisément en 1997. Le spectacle grandiose devrait attirer quelque 4 000 spectateurs du monde entier les 26 et 28 octobre. Tous les billets de la catégorie VIP sont déjà vendus. Cet événement de taille s’inscrit dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la création de Aïda, conçu au départ pour être présenté à l’inauguration du Canal de Suez, en 1869, à la demande du khédive Ismaïl.

Le livret a été écrit par l’archéologue français Auguste-Edouard Mariette, après la découverte de quatre manuscrits pharaoniques en Haute-Egypte, comprenant chacun quatre pages avec des scènes de danse, de chants et divisés en cinq chapitres. Mis en musique par Verdi, cet opéra en quatre actes a vu le jour le 24 décembre 1871, à l’Opéra khédivial du Caire, avec deux ans de retard.

Les événements de l’opéra Aïda se situent à Memphis et à Thèbes, au temps des pharaons, et mettent en scène l’intrigue amoureuse entre une esclave éthiopienne (Aïda), jouée par la soprano sud-coréenne Sae Kyung Rim, et un officier égyptien (Radamès), qui sera campé par le ténor belge Michael Fischi-Sapadaccini. Les deux amoureux sont contrariés par le conflit armé opposant leurs deux peuples.

Voilà deux voix d’une renommée internationale dans un lieu magnifique. A la voix solide, Sae Kyung Rim est considérée comme « la grande aventurière des sopranos modernes ». Elle a étudié la musique à l’Université de Hanyang à Séoul, où elle a obtenu son diplôme en 1998. Ensuite, elle est entrée en 2001 au Conservatoire de Milan et s’est inscrite à l’audition de l’Accademia della Scala. C’est en chantant un air de Madame Butterfly de Puccini qu’elle a accédé à la célébrité, puis elle a été consacrée en tant que vedette en interprétant son rôle de prédilection, Aïda, à La Scala de Milan, à Vérone, à Séoul, à Munich et à Tokyo.

Quant au grand ténor belge qui tiendra le rôle de Radamès dans la nouvelle présentation au temple de Hatshepsout, Michael Fischi-Sapadaccini, sa voix fait frissonner lorsqu’elle part dans les aiguës. Il a commencé à se faire une place sur la scène internationale des opéras lyriques à l’âge de 34 ans. Il a d’ailleurs chanté plus de quarante fois Aïda, Tosca et Carmen. Il a d’abord tenté sa chance au Conservatoire de Bruxelles, avant de partir en Italie et de s’en remettre à de grands maîtres tels que Nicolas Christou.

Une femme comme

chef d’orchestre

Participeront également à cette version de Aïda plusieurs étoiles montantes du chant lyrique, comme la Tchèque Eliska Weissova dans le rôle d’Amnéris, la fille du roi égyptien, et le Grec Aris Argiris dans le rôle d’Amonasro, le roi éthiopien. Weissova est une disciple du célèbre baryton tchèque René Tucek. Elle est née à Moravska Trebova (République tchèque) et a obtenu un master en musique de l’Académie des arts de la scène de Prague. Argiris est actuellement en résidence à l’Opéra de Francfort. En 1999, il a bénéficié d’une bourse Maria-Callas à Athènes et a poursuivi des études de chant auprès de Daphné Evangelatos, à l’Académie de musique de Munich. En 2002, il a remporté le Concours international de chant du Kammeroper Schloss Rheinsberg, avec le rôle-titre de Don Giovanni, et en 2007, il a remporté le Prix du meilleur artiste de l’année, offert par les critiques de théâtre et d’opéra de Grèce.

Mise en scène par l’Allemand Michael Sturm, cette version de l’opéra Aïda regroupe 120 chanteurs d’opéra, accompagnés de 70 membres du choeur national de Dumka d’Ukraine et de 80 musiciens de l’orchestre symphonique de l’Académie nationale de Lviv, l’un des meilleurs orchestres symphoniques d’Europe de l’Est, dirigé par la maestro ukrainienne Oksana Lyniv. Cette dernière est la première femme à diriger l’Opéra de Graz, en Autriche.

Selon les organisateurs, le drame musical est parfaitement agencé, afin d’illustrer le conflit entre le devoir et l’amour, rehaussé par le recours à la peinture, à la danse et au décor somptueux. Le spectacle se dote des dernières technologies en matière d’éclairage, de son et de lumière. Les projecteurs 3D et les écrans d’affichage grand format le rendront encore plus attrayant. Les techniques utilisées par le célèbre concepteur d’éclairage australien Wolfgang von Zubeck offriront au public une scène étincelante, à la hauteur des rêves d’amour et de paix. Des moments qui promettent d’être inoubliables .

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