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Georges Bahgouri : Un tableau ne vit que par celui qui le regarde

Névine Lameï, Mardi, 19 mars 2019

3 questions à l’artiste-peintre Georges Bahgouri.

Georges Bahgouri
Georges Bahgouri devant sa bibliothèque.

Al-Ahram Hebdo : Comment l’idée du musée Bahgouri est-elle née ?

Georges Bahgouri : Habitant à Evry, une com­mune près de Paris, mon atelier là-bas comptait quelque 200 oeuvres qui n’avaient jamais été expo­sées. Ce sont les oeuvres qui se trouvent aujourd’hui dans mon musée du centre-ville cairote. J’ai choisi de l’installer dans ce quartier central, accessible à tous. Car pour moi, un tableau ne vit que par celui qui le regarde. A la suite d’un malentendu avec la mairie d’Evry, qui m’a empêché d’exposer là-bas, une fois que le contrat de location de mon atelier arrivé à terme, j’ai amené toutes ces oeuvres en Egypte. Le maire d’Evry considère que je suis un étranger qui n’a pas le droit d’être admiré en France. Pourtant, j’ai étudié les beaux-arts en France et je vis essentiellement là-bas depuis 1969. Malheureusement, l’ouverture du musée n’a pas eu beaucoup de publicité. Il est rarement visité par les gens. Pourtant, j’ai dépensé pas mal d’ar­gent.

— Laquelle des oeuvres exposées dans votre musée aimez-vous le plus ?

— C’est la peinture Des Bouteilles, la seule nature morte de tout le musée. Ces bouteilles ont une très forte présence ; leur agencement a quelque chose de très féminin. Ces bouteilles, le plus souvent d’alcool, représentent le corps de la femme, entre petite et grande taille, mince ou ronde. Emplie de métaphores et de symboles, cette peinture a été réalisée à la suite d’une nuit d’ivresse. J’étais en décalage total avec la réalité, dans un état entre plaisir et douleur, entre souf­france et jouissance.

— Vous avez encore de nombreuses pein­tures entassées dans le dépôt du musée. Qu’allez-vous en faire ?

— Je pourrais en faire un autre musée, vu la quantité qu’il y a. Pas mal d’entre elles traitent de mes voyages à Louqsor et Assouan, et dans des endroits magiques au bord du Nil, mariant le bleu azur du ciel au rouge-jaune du désert. C’est la nature : les dattes, la verdure, les bateaux, les felouques et, surtout, le soleil.

Tous les vendredis et samedis, de 13h à 19h, 15, rue 26 Juillet, centre-ville. Entrée libre.

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