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« La danse contemporaine doit sortir de ses cadres classiques »

Mardi, 02 octobre 2012

Danseur et chorégraphe, Adham Hafez est directeur du Festival internationalTransdance. Il estime que si des progrès on été faits, des lacunes importantes restent à combler.

La danse
Adham Hafez

Al-Ahram Hebdo :Le Festival Transdancecélèbre son 5e anniversaire. En quoi consiste-t-il ?

Adham Hafez : Transdance est un festival des arts de performance qui accorde une place importante à la recherche et aux ateliers de formation. Tout cela se fait en partenariat avec différentes organisations égyptiennes et européennes. Le festival se déroule du 2 au 18 octobre au Caire. Ensuite, il se déplace à Marseille, New York et Berlin en novembre et décembre prochains.

Au départ, le festival cherchait à organiser des conférences sur l’état de la danse. On n’avait pas l’intention d’introduire des spectacles chorégraphiques. A l’époque, Le Caire et Alexandrie accueillaient déjà plusieurs activités consacrées au spectacle. Mais au fur et à mesure, spectacles et activités sont venus s’ajouter à la programmation.

— Cette année, quelles sont les spécificités ?

— Dans Transdance, on essaye de pousser la danse en dehors de l’architecture théâtrale classique, c’est-à-dire sortir des cadres de la boîte italienne et des espaces clos. Aller dans la rue et les espaces en plein air, afin de se rapprocher des gens ordinaires. Plusieurs activités auront lieu au cours du festival. Entre autres, le projet de l’artiste allemand Peter Stamer qui a pour sujet la rue égyptienne en enregistrant le mouvement du public durant un aller-retour dans un moyen de transport en commun.

Le festival propose aussi de réfléchir au rapport entre la danse contemporaine et le patrimoine à travers des conférences mais aussi à travers une expérience directe avec la chorégraphe française Marie Al-Fajr qui animera un atelier de deux jours à l’Institut français alliant la danse contemporaine à la danse du ventre. Le public est invité à suivre cet atelier.

Plusieurs spectacles vont associer l’installation à la danse. Le chorégraphe, qui est aussi un artiste plasticien, crée son espace et son milieu pour danser ou projeter des vidéos, invitant son public à penser la danse.

— Vous vous intéressez aussi à la recherche sur la danse et les arts de performance ...

— Je m’intéresse à ce genre de recherches parce qu’en Egypte ce genre de travail n’existe pas. La recherche s’effectue à travers la documentation mais aussi l’expérience. Les institutions consacrées à la documentation et aux archives, comme le Centre national du théâtre ou encore l’Académie des arts sont plutôt liées au travail académique et non au travail de production. Moi, en tant que créateur et artiste, je ne peux pas avoir accès à ces documents. Aucune information n’est disponible.

— Différents studios et organismes indépendants offrent aux jeunes danseurs amateurs des ateliers pour les initier à la danse contemporaine. Qu’en pensez-vous ?

— On ne peut pas nier qu’il y a un certain progrès sur le plan de la danse contemporaine. Mais encore beaucoup de créateurs s’attachent à l’imitation de la forme et présentent des spectacles sans profondeur. Un autre problème important est que la danse contemporaine est encore basée sur des ateliers intermittents qui produisent souvent des spectacles hors contexte. Il n’existe pas encore d’école de formation à la danse contemporaine proposant un enseignement intégral. De plus, les gens confondent souvent plusieurs disciplines comme l’art vidéo ou le théâtre physique. Mais la danse contemporaine a ses propres critères.

Festival international Transdance. jusqu’au 18 octobre, au Caire.

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