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Le Panorama : nouvelle édition toujours plus ambitieuse

Yasser Moheb, Mardi, 02 octobre 2012

Du 3 au 9 octobre, le 5e Festival du film européen offre une sélection de réalisations prestigieuses et de qualité. En quelques années, ce rendez-vous est devenu incontournable pour les cinéphiles. Coup de projecteur.

Le panorama
Dans les aventures du petit garçon, des grands noms de la peinture s'infiltrent, comme Adli Rizqallah.

La société Misr International – Youssef Chahine, lance le 5e Panorama du film européen. Une invitation à franchir les frontières pour découvrir les émotions et les visions d’une autre partie du monde.

Avec 25 films de 22 pays européens, la sélection se veut représentative d’un cinéma qui rencontre à la fois succès commerciaux et critiques dans les grandes manifestations mondiales.

« Panoramasouhaite montrer toutes les cinématographies du continent européen afin de mettre en valeur la diversité culturelle européenne », souligne la productrice Marianne Khouri, également organisatrice du Festival. « Cette édition sera marquée par la volonté de rapprocher professionnels et grand public autour d’une programmation de qualité ».ajoute-t-elle.

Panoramas’ouvre avec César doit mourir, dernier film des Frères Vittorio et Paolo Taviani. Tourné en grande partie en noir et blanc et exclusivement dans la prison de haute sécurité de Rebibbia, en périphérie de Rome, le long métrage à obtenu l’Ours d’Or au Festival de Berlin 2012.

Captivant et vertigineux, aux bornes du réel et de sa représentation du vrai et du faux, du bien et du mal, de la notion d’honneur et de crime, le film présente la création de Jules César, chef-d’œuvre de Shakespeare, par des détenus de la prison de Rebibbia : un monde clos, où échouent les destins des membres de la mafia ou de la Camorra.

Le plus fascinant reste cette implication physique et psychologique des prisonniers dans le récit et dans le travail de représentation et d’incarnation. La pièce n’a pas été choisie au hasard par Fabio Cavalli, metteur en scène qui dirige l’atelier théâtral de la prison. Les idées de Jules César vibrent dans le cœur des interprètes. Un drame où les acteurs, ayant à purger des peines allant de 14 ans de prison à la perpétuité, traduisent toute l’intensité dramatique de cette grande tragédie shakespearienne.

La France en haut de l’affiche

Représentée par plusieurs films très bien sélectionnés, la France est parmi les grands présents de ce 5e Panorama. En tête de liste, le dernier chef-d’œuvre signé Jacques Audiard De rouille et d’os, avec Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts. Présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, Audiard réussit le même pari qu’en 2001 avec son magnifique Sur mes lèvres : le fait de sublimer la souffrance.

Adaptation du livre de Craig Davison, les événements se déroulent autour d’Ali — campé superbement par Matthias Schoenaerts — qui se retrouve seul avec son fils de 5 ans. Sans domicile, ni argent, ni amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie — interprétée par la merveilleuse Marion Cotillard — dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’ambitions.

Toujours du côté des temps forts La Part des anges, le nouvel opus britannique signé Ken Loach, tourne autour d’une historiette comique sur le whisky pour aboutir à des idées humaines très profondes. La Part des anges est une expression qui décrit le petit volume d’alcool qui s’évapore inévitablement dans l’air pendant son vieillissement en fût.

Deux ans après Route Irish, Loach signe son grand retour aux affaires avec un film, où il reste absolument fidèle à lui-même tout en bousculant son cinéma. Il montre, en quelques scènes tendues à l’extrême, les mécanismes qui conduisent tous les déprimés du monde à ne pas pouvoir échapper à leur triste condition. Méritant largement son Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, La Part des anges réduit un message social fort dans un emballage naturaliste et amusant.

De leurs côtés, les courts métrages viennent défendre la spécialité et la grande qualité de leur genre lors du Panorama, à travers une panoplie d’œuvres, dont les deux courts métrages égyptiens Settozade (ma Schéhérazade) de Héba Yousri et Yahoud Misr (les juifs d’Egypte) d’Amir Ramses.

Le Panorama a cette année un charme particulier en mettant en lumière certains films d’animation, à travers une nouvelle section et un atelier. Une autre nouvelle section est dédiée cette année aux premières œuvres des réalisateurs, leur donnant une chance d’être vues et connues du public.

Par ailleurs, plusieurs rencontres prévues autour des films permettent de mettre en lumière les facteurs de leur succès dans leurs pays d’origine, tout en discutant leurs thèmes avec un public cosmopolite. Une programmation de 6 jours, à ne pas rater aux cinémas Galaxy et City Stars .

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