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Menu d’été

Névine Lameï, Mardi, 24 juillet 2018

La galerie Zamalek propose jusqu’à fin août une exposition collective, reprenant surtout les oeuvres de 36 artistes parmi ses collaborateurs préférés. Présentation.

Menu d’été

Sous le titre de Masterpieces, la galerie Zamalek expose, tout au long de l’été, sa sélection annuelle regroupant 36 artistes, d’âges et de tendances différents. « Outre les collectionneurs égyptiens, il y a des étrangers, en visite, qui s’intéressent à ce genre d’événements, leur permettant de découvrir l’oeuvre de plusieurs artistes en même temps. Les clients d’été sont différents du reste de l’année », indique Hani Yassine, le directeur de la galerie. Les oeuvres couvrent la période comprise entre 1949 et 2018 et elles sont réparties en deux salles, en fonction des générations : Venue I et Venue II. « Exposer les multiples phases artistiques d’un peintre est important pour documenter l’histoire de l’art en Egypte », ajoute Yassine. C’est le cas des deux oeuvres de Moustapha Abdel- Moeti, aux formes géométriques, se situant toujours dans son univers favori de l’astronomie galactique et du pharaonique.

La première, étant une sculpture datant de 2012, est exposée en côte à côte avec une peinture inédite de lui, datant de 1970. L’artiste a effectué sur celle-ci quelques retouches de restauration pour participer à Masterpieces. L’épouse de Abdel-Moeti, l’artiste Rabab Nemr, participe à la même exposition avec trois peintures, datant de 2004, 2012 et 2015. Réputée pour son monde maritime, notamment celui des pêcheurs d’Al-Anfouchi (à Alexandrie), ses toiles montrent les multiples phases de son travail, allant des couleurs polychromes au noir et blanc, et à l’usage de l’encre de Chine. Farghali Abdel-Hafiz, pour sa part, expose trois peintures signées en 1996, de la série Le Sphinx parle aux Egyptiens.

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Etoile de Mer, de Gamal Al-Séguini.

Il y reprend le motif de la poupée populaire, représentant l’Egypte, et a recours à l’abstraction des courbes et des rondeurs qui trahissent la physionomie du corps. Abdel-Hafiz expose également une autre peinture plus récente, datant de 2018, plaçant la femme dans l’actuel chaos cairote. Celle-ci n’a rien à voir avec la peinture de Abdel- Rahman Al-Nachar qui remonte à la période de l’expressionnisme abstrait et qui n’a pas été exposée depuis 22 ans. Zeinab Al-Séguini présente elle aussi des peintures inédites à l’acrylique, à savoir Eclosion et Utérus, différentes de ses personnages féminins qu’elle n’a cessé de créer depuis les années 1970.

Ensuite, de la collection privée de la famille du sculpteur Gamal Al-Séguini, la galerie a choisi de montrer trois peintures inédites de ce dernier, qui remontent aux années 1950. Une barque sur le Nil, une cérémonie populaire et une étoile de mer revêtant la forme d’une poupée populaire. Et ce, outre une sculpture inédite en bronze, intitulée Al-Omouma (la maternité, 1969). Abdel-Hadi Al-Wéchahi est l’invité d’honneur de Masterpieces cette année. L’artiste disparu il y a quelques années est présent avec quatre esquisses qui datent de 1985, des phases préparatoires de quatre sculptures en bronze, également exposées. Son oeuvre évoque le rapport homme-femme, à la recherche d’un juste équilibre. Et toujours dans la première salle figurent les sculptures de Mohamad Al-Fayoumi, Kamal Al-Feqqi, Abdel-Aziz Saab et Nathan Doss, lesquelles traitent différemment le thème de la vie villageoise.

Clin d’oeil aux jeunes

Menu d’été
Danse espagnole, de Yasmine Al-Hazeq.

Très enthousiaste, la jeune génération participe, à son tour, à l’exposition avec de nouvelles oeuvres, signées toutes en 2018. Elles ont été conçues spécialement pour Masterpieces. Citons-en, à titre d’exemple, Yasmine Al- Hazeq, animant tout un monde onirique, d’animaux et de créatures fantastiques en collision. Carelle Hosmi peint le monde du cirque tout en le liant à la vie de tous les jours. Et Hana Al-Séguini marie peinture, sculpture et collage, avec des scènes de souvenirs d’enfance, dans un style pop art. Et pour la première fois, la galerie expose des toiles de May Refqi, Noha Diab et Karim Al- Hayawani. Ce dernier présente une installation-vidéo, sous le titre de Cacophonie du Caire. Quant à Noha Diab, elle dépeint sa ville natale, Assouan, de manière abstraite et légèrement fantasmagorique. « Noha Diab et May Refqi préparent leurs prochaines expositions à la galerie Zamalek. Leurs oeuvres ciprésentes ne sont qu’un exemple de ce qui viendra après », conclut Hani Yassine.

Jusqu’au 31 août, de 10h à 21h (sauf le vendredi). 10, rue Brésil, Zamalek.

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