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Rythmes et sons de l’arabe-techno

May Sélim, Mardi, 26 juin 2018

Le groupe français Acid Arab, qui marie mélodies arabes et musique électronique, est revenu au Caire pour célébrer la Fête de la musique après plusieurs années d’absence. Les airs joués sur l’orgue et les synthétiseurs ont ensorcelé le public.

Rythmes et sons de l’arabe-techno
Acid Arab revisite le patrimoine musical arabe. (Photo : Mohamad Hassanein)

Impossible de résister aux sonorités électroniques et aux mélodies orientales fusionnées par le groupe français Acid Arab. Une force magique s’est emparée du public présent au parc d’Al-Azhar le 22 juin, l’obligeant à bouger. Créé en 2012 par les DJ Guido Minisky et Hervé Carvalho, le groupe comprend, outre ses fondateurs, un troisième membre essentiel, d’origine algérienne, à l’orgue, Kenzi Bourras.

L’ambiance était festive. « Ce n’est pas la première fois qu’on se produit en Egypte. Il y a 4 ou 5 ans, nous avons donné un concert sous le label des 100 copies de Mahmoud Réfaat. Ce dernier nous a présentés à d’autres chanteurs et musiciens, à savoir Figo, Sadate et Ismaïl Hosni, stars du genre chaabi (chant populaire sur des airs électroniques). L’accueil du public a été super. Au départ, il avait l’air d’y avoir des questionnements, mais après, plusieurs personnes sont venues nous féliciter », raconte Hervé Carvalho.

Les trois musiciens avaient l’habitude de jouer ensemble dans différents espaces parisiens, sans jamais avoir l’intention de fonder un groupe. « Au départ, Guido et moi, nous jouions juste dans un club. On jouait de la musique arabe et techno. Quelques producteurs et mélomanes nous avaient envoyé des morceaux pour les écouter ou les retravailler. On a donc fait au départ une compilation. Après, on a rencontré Kenzi Bourras et on a décidé de se produire en direct », explique Carvalho. Et d’ajouter : « Nous présentons un mélange de musique Acid Hawas, la musique américaine des années 1980 et 1990, et de musiques arabes. Nous avons aussi envie de dire aux Français de droite qu’il n’y a aucun danger à jouer de la musique arabe ou à évoquer la culture arabe ».

Le déclic en Tunisie

Les mélodies fusionnées d’Acid Arab dépassent les frontières politiques et permettent aux artistes d’engager un dialogue sincère et fructueux avec le public, dialogue qui ne cesse d’enflammer les scènes. « Les mélodies arabes nous plaisent. C’est parti d’un voyage en Tunisie, où on a rencontré différents musiciens et on a découvert divers styles de musique », raconte Carvalho. Après ce voyage plein de découvertes, Guido Minisky et Hervé Carvalho se sont intéressés davantage à la musique arabe. « On n’utilise pas la musique arabe pour décorer notre musique, mais on essaye vraiment de rentrer sérieusement dedans, de trouver des choses qui nous y intéressent. Ce n’est pas juste pour s’amuser. C’est quelque chose qui nous a touchés et nous a plu. On essaye de travailler ces morceaux avec un grand respect », souligne le musicien.

Selon le trio, les musiques arabes incluent notamment celles de l’est de la Turquie, d’Inde, la dabkeh syrienne et les musiques du Maghreb. Le répertoire du groupe est un vrai miroir des rencontres et des collaborations avec des musiciens de tous bords. Ainsi, Acid Arab a fait un remix des tubes de la chanteuse libanaise Yasmine Hemdan, des chansons de l’Algérien Soufiane Saaïdi et d’autres. Leur premier album Musique en France, sorti en 2016, résume bien leur parcours. Leur deuxième album est à paraître en 2019.

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