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Gerriet Schulz: 50 DJ en tournée expérimentale

Névine Lameï, Mardi, 21 mai 2013

3 questions au musicien allemand Gerriet Schulz, curateur du projet Dix villes. Il est aussi propriétaire d’Adaptr.org, une association culturelle à Berlin

Gerriet Schulz
Gerriet Schulz. (Photo: Bassam Al-Zoghby)

Al-Ahram Hebdo : Comment est née l’idée de ce projet regroupant dix villes de deux continents, l’Afrique et l’Europe ?

Gerriet Schulz : L’idée du projet est venue d’une première initiative de l’Institut Goethe de Nairobi et les frères Teichmann (un duo techno berlinois). Et ce, avec un premier projet musical sous le nom de BLNRB-NRBLN (contraction de Berlin-Nairobi/Nairobi-Berlin). L’idée de ce projet lancé en 2009 a été d’acoquiner l’électro teutonne avec des artistes kényans dans un grand saladier musical où se mêlent électro, hip-hop, reggae et sauces traditionnelles africaines. Un projet réussi. Vient ensuite, en décembre 2012, l’idée du projet Dix villes, deux continents, au profit des passionnés de musique électronique, en Europe et en Afrique. Il s’agit d’un projet organisé par l’Institut Goethe du Kenya et le Berlin collective Adaptr.org, en coopération avec le Center for Postcolonial Studies de l’Université de Naples et un réseau de partenaires de dix villes d’Europe et d’Afrique. Il a été lancé en décembre 2012 à Luanda, ensuite il a enchaîné les concerts grâce à des tournées mensuelles successives à Lagos/Naples, Lagos/Bristol, Johannesburg/Kiev, Nairobi/Lisbonne, puis Le Caire/Berlin et vice-versa. La soirée de clôture est prévue en 2014 à Berlin, par un concert qui regroupera les 50 DJ de Dix villes.

— Comment le projet a-t-il réussi à brancher les 50 DJ et assurer la coordination entre eux ?

— Pour commencer, nous avons choisi le nombre dix. Un nombre pair d’échange culturel pour accomplir les dix tournées en Europe et en Afrique. Le choix des 50 DJ est essentiellement axé sur la réunion des musiciens qui ont pratiquement le même background musical. On a voulu réunir des interprètes professionnels et rodés en musique électronique. Donc, on a repéré des musiciens, mais aussi des villes faciles à combiner. Par exemple, Le Caire/Berlin, deux peuples partageant presque, à la différence de leur culture, des « histoires de révolution » (révolution égyptienne du 25 janvier … et révolution industrielle allemande à la chute du Mur de Berlin). Pour faciliter notre tâche « d’expérimentation interculturelle », il a fallu tout d’abord trouver un curateur pour chaque ville. Ce choix de curateurs a été un travail de recherche et de connexion soutenu par l’association Adaptr.org, basée à Berlin. Adaptr.org (abréviation d’Adaptronique, ou développement de systèmes capables de s’adapter en temps réel aux conditions de fonctionnement des installations ou des machines) regroupe non seulement des musiciens, mais aussi des activistes culturels liés à un réseau mondial d’artistes, cinéastes, producteurs, journalistes, plasticiens, musiciens et institutions. C’est ce qui lui a permis facilement de joindre et cibler son public à travers son site Internet.

— Quelle est la nouveauté à venir avec Dix villes ?

— En résultat final du projet, les nouvelles productions musicales des 50 DJ seront rassemblées dans une série de CD portant le label Ten Cities. D’ailleurs, l’Institut Goethe éditera un livre retraçant l’histoire du projet. Ce livre est le fruit d’un travail collectif de 23 chercheurs, avec des essais et études sur la scène musicale en Europe et en Afrique. En outre, Dix villes offrira sur son site des téléchargements gratuits des nouvelles productions dans le cadre du projet, avec une sélection de documentaires traitant essentiellement du rôle de Culture Club dans les villes d’Europe et d’Afrique. Notre objectif est d’attirer l’attention du monde et de faire vivre les musiciens en échange culturel, mais le plus important c’est la mise en place de liens entre producteurs et musiciens.

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