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Des chansons métissées et fresh

Lamiaa Al-Sadaty, Lundi, 15 janvier 2018

Fresh (fraîche), le nouvel album de Latifa Pop-folk, reflète un nouveau profil musical de la chanteuse tunisienne. Un moyen de dénicher une place sur la scène musicale occupée par la nouvelle vague des jeunes.

Des chansons métissées et fresh

Après une absence de trois ans de la scène musicale depuis son dernier album Ahla Haga Fiyya (ce qui est le plus beau en moi), la chanteuse tunisienne Latifa est retournée, il y a un mois, avec son nouvel album Fresh. A la croisée de l’électro-pop et du folklore, cet album permet à Latifa de puiser dans un style hybride qui lui est nouveau. Un style qui revêt un carac­tère plus jeune, et surtout métissé.

En effet, la pochette, qui montre Latifa dans un décor coloré, en dit déjà beaucoup sur la nouvelle tendance de la chanteuse. D’abord classique avant d’être pop, Latifa est une artiste aux multiples influences. Elle s’est laissée prendre, dès sa tendre enfance, par le chant arabe classique dit tarab pour glisser ensuite progressivement vers la musique pop, puis aujourd’hui électro-pop : un cheminement, sans nul doute, fondateur de son empreinte artistique actuelle qui réside justement dans cet éclec­tisme. Ainsi, la chanteuse entame un vrai voyage musical impressionnant. Sur 13 chansons, le voyage sonore se fait dans plu­sieurs styles affirmant la volonté de Latifa de gagner les faveurs d’un public plus large. Résonnant chacune d’atmosphères différentes, les chansons varient de par leurs paroles et leur genre musical.

La chanson-titre Fresh donne l’impression que Latifa cherche à donner de la fraîcheur élécto-pop à ses oeuvres. Ecrite en dialectal égyptien par Amr Al-Masry, composée par Samer Abou-Taleb et arrangée par Monti, cette chanson a des mélodies rythmées. Sur des rythmes latins, et hors cliché, elle aborde les rapports humains tendus et donne un conseil pour profiter d’une vie sereine. Le même concept est repris à travers la chanson Malhouqa (ce n’est plus trop tard!). Celle-ci est élaborée par l’équipe de la chanson-titre. Or, cette fois-ci, il s’agit de disco. Ce genre musical, apparu au cours des années 1970 et qui se caractérise par un mélange de musique soul, funk et pop complété d’une instrumen­tation contemporaine avec le syn­thétiseur, convient bien à la chan­teuse aventureuse.

Le style de Saad Lamjarred
Quant à La ya Abdallah, ses paroles sont écrites en dialecte marocain, composées par Mohamad Réfaï et arrangée par Rachid Ali. Les mélodies synthétisent l’esprit marocain aux influences électroniques. Un style adapté pour la pre­mière fois par la chanteuse tunisienne, et qui laisse pen­ser au style du chanteur marocain Saad Lamjarred. Ce dernier, étant connu pour sa musique marocaine aux touches électro­niques et khaliji, a connu dernièrement un succès fou. L’équipe précitée collabore aussi dans Tabaak Anid (tu es têtu). Ecrite en dia­lecte tunisien, la composition musicale de cette chanson repose sur l’univers des gammes orientales mêlées aux influences de la musique de jazz moderne. Par ailleurs, Latifa ainsi que son public sont introduits à un univers tout à fait différent avec Kol Elli Habbou (tous ceux qui ont aimé). Appartenant à un style slow, cette chanson rappelle un style que Latifa a tant maîtrisé.

Un autre genre musical est introduit par Bahr Al-Gharam (la mer de l’amour). Composée par Essam Karika, écrite par Samir Zaki et arrangée par Ahmad Adel, cette chanson puise dans le folklore égyptien avec quelques touches de jazz. Le rythme dit Malfouf, typiquement égyptien, crée une ambiance de fête.

Latifa voyage aisément et audacieusement dans plusieurs univers musicaux en mêlant des sonorités nord-africaines, orientales, jazz, musique slow et électronique. Elle semble don­ner une nouvelle recette de succès: percer à nouveau pour durer.

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