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L’art des petits details

Névine Lameï, Lundi, 17 juillet 2017

Plusieurs artistes de grande renommée s'aventurent dans le monde des petits formats, variant les matériaux et les sujets, à la galerie Picasso.

L’art des petits détails
Portraits de petits formats de Omar Al-Fayoumi.

Une dizaine d’artistes exposent de nou­velles oeuvres, en petits formats, à la galerie Picasso, durant tout le mois de juillet et jusqu’au 2 août. Chacun des artistes se lance dans l’aventure à sa manière, les uns en expérimentant la matière, les autres en s’es­sayant dans la petite taille pour la première fois. Par exemple, les peintres Britt Boutros-Ghali et Hossam Dirrar, réputés pour leurs oeuvres de grands formats, traitant notamment des femmes, s’engagent à contrôler la fugacité tourbillonnante de leur palette, afin de s’adap­ter aux petits formats. « Loin des femmes émancipées qui se détachent en toute liberté sur les grands formats, ici je m’attache moins aux détails. Sans trop palabrer, je résume le sujet traité dans un petit cadre, capable de dire le tout, en recourant à l’illusion optique et à l’abstraction », souligne Hossam Dirrar. Et à l’artiste-peintre Omar Al-Fayoumi de poser la question : « Pourquoi réservons-nous plus d’attention et d’intérêt aux grands for­mats ? ! ».

Al-Fayoumi participe à l’exposition de la galerie Picasso avec une série de peintures de 12 cm de long et de large, taillant les portraits de personnes qui lui sont chères. Ses portraits sont toujours proches de ceux de Fayoum, à la touche sacrée, mais respirent le quotidien comme il se plaît à le faire. « Il est temps de revenir à ce genre d’exposition collective, plus fréquentes autrefois. En 1996, j’ai parti­cipé à une exposition pareille réservée aux petits formats, organisée à la galerie Karim Francis. Moi-même j’y avais présenté des peintures qui ne dépassent pas les 10 cm, trai­tant des cafés cairotes et de leurs person­nages », ajoute Al-Fayoumi, un fin admirateur de l’art des miniatures. Et de poursuivre : « Déjà au Moyen Age, les artistes aimaient peindre des scènes de la vie courante, tout en mettant l’accent sur des thèmes religieux. Sur leurs oeuvres, on pouvait trouver des person­nages en illumination, dans des scènes imagi­naires, avec des éléments floraux très bien étudiés. Les peintures moyenâgeuses de petites tailles s’appelaient des miniatures, on y usait de pigments naturels et de feuilles d’or qui nécessitaient une application minu­tieuse ».

Moins chers
La plupart des artistes participants affirment que le travail des petits formats réclame une plus grande concentration et une charge émo­tionnelle intense. « Le moindre détail compte aux yeux des visiteurs, vu la proximité du tableau », déclare Moustapha Al-Fiqqi, qui accorde un intérêt particulier aux détails les plus superflus, peignant des paysages plutôt grisâtres. Ses peintures créées en un one shot laissent deviner un bon esprit de synthèse qui ressort surtout à travers sa peinture Le Canal. « Les petits formats ont l’avantage d’être moins chers. Les amateurs d’art à petits bud­gets peuvent se permettre de les acheter. De quoi palier la crise économique actuelle », affirme Ibrahim Picasso, le propriétaire de la galerie. Mais cet aspect commercial est rejeté par l’artiste Hassan Abdel-Fattah, niant que la peinture de petite taille est forcément moins chère. « Il y a des artistes de par le monde qui excellent dans les miniatures et qui vendent extrêmement cher. Tout dépend de la qualité du travail », commente Hassan Abdel-Fattah. Et d’ajouter : « Les petits formats doivent capter particulièrement l’attention. Une oeuvre de petite taille doit être saturée de motifs esthétiques pour arriver à un certain équilibre, entre la forme et la composition », conclut Abdel-Fattah.

Jusqu’au 2 août, de 10h à 21h (sauf le vendredi), à la galerie Picasso. 30, rue Hassan Assem, Zamalek.

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