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Enflammée jusqu’au dernier souffle

May Sélim, Lundi, 15 avril 2013

Public en transe et musique survoltée : un pari réussi au club Schéhérazad. La troupe syrienne Sham MCs et l’Américain Khadafi Dub ont fait vibrer la salle venue se défouler et s’en foutre du monde.

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L’Américain Khadafi Dub.

Il est 22h au club Schéhérazad de la rue Al-Alfi. Les fans du festival D-CAF commencent à arriver. Ils viennent pour le hip-hop, le rap et les remix électroniques. « Ici, nous nous concentrons sur la musique popu­laire : le hip-hop, DJ, MC. Il s’agit d’une programmation sur la musique locale et populaire inspirée de la rue, de la révolution et des voix de la modernité », lance le musicien et orga­nisateur du programme musical D-CAF, Mahmoud Aref.

Les planches s’enflamment rapide­ment grâce à la troupe syrienne Sham MCs. Leur première chanson, Sham ne meurt pas, évoque la force du peuple syrien. Elle dévoile aussi la puissance des rappeurs.

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La troupe syrienne Sham MCs interprète Sham ne meurt pas.

L’actualité est de mise. Mais les jeunes de Sham MCs ne déplorent ni leur sort, ni la guerre d’aujourd’hui. Ils sont là pour jouer et affirmer leur pré­sence sur scène. Et ils réussissent à le faire en évoquant dans des chansons en arabe ou en anglais leur jeunesse, leur vie, leur quotidien. Ils insistent sur le fait de rappeler leur propre identité en tant que maîtres du rap, répétant souvent le nom Sham MCs.

Le titre Charqi, ce sont des rythmes forts et dansants mais dans une iden­tité orientale et arabe qui se retrouve dans les paroles et les mélodies. Le public se met à bouger comme les rappeurs sur scène, lesquels adoptent le mouvement répétitif des aiguilles d’une montre et chantent Tic Tic Tac ... Zig Zig Zag, une chanson sur l’effet du temps.

L’ambiance monte d’un cran avec Party. On danse, on se défoule et on s’en fout du monde. Les rappeurs eux-mêmes plongent dans leurs musiques et leurs rythmes. Les chan­sons témoignent de leur énergie et de leur lutte pour la survie.

« Je suis venu pour vous faire danser ! »

Plus de mouvements, plus de musiques, plus de remix avec l’Amé­ricain Khadafi Dub, qui lance : « Je suis venu des Etats-Unis pour vous faire danser ! ». Originaire de Philadelphie, son nom témoigne d’une certaine ouverture sur la culture arabo-musulmane dans les années 1970. « Mes parents admiraient les histoires derrière les noms arabes et musulmans. Ils m’ont alors appelé Khalifa Khadafi : le successeur », raconte-t-il en souriant.

Khadafi Dub est le successeur de toute une génération de musiciens. Il se sert de compositions et de chansons anciennes pour faire des arrangements et des remix aux goûts modernes.

Il leur donne les tempos et les paroles nécessaires à la rythmique d’aujourd’hui. Derrière sa platine de DJ, le micro en main, Dub bouge rapi­dement sur scène et passe d’une chan­son à l’autre en dansant. Ses rythmes éclectiques se libèrent et s’emparent de la salle, menant la foule à danser jusqu’au dernier souffle .

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