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Eric La Garenne : Dans la vie, je me sens un troubadour

Névine Lameï, Dimanche, 08 janvier 2017

Le chanteur français Eric La Garenne s'est produit, la semaine dernière, à l'Opéra du Caire et celui d'Alexandrie, reprenant les plus beaux classiques de la variété française. Entretien.

Eric La Garenne

Al-Ahram Hebdo : Auteur, compositeur, interprète et pianiste français, vous avez la musique et la scène dans le sang. Comment a commencé votre parcours musi­cal ?
Eric La Garenne : Fils d’un artisan pêcheur de Montagne-sur-Gironde, né en 1954, à Lorignac en Charente Maritime, pour moi, tout a com­mencé bien avant ma naissance. Dans mon entourage paternel, on aimait chanter et du côté de ma mère, on aimait la musique. Dès mon plus jeune âge, j’accompagnais mon oncle dans les bals populaires. Passionné de piano, à l’âge de 4 ans, je me suis vite engagé, après avoir fait des études en hôtellerie, dans l’équipage d’un navire français, à faire de la cuisine et de la gestion, pour gagner ma vie. Un jour, le 18 mai 1976, à la fête de Saint-Eric, avec le reste de l’équipage, au nord de la Russie, certains invités russes ont demandé d’entendre des chan­sons françaises. Là, je leur ai chanté Aznavour et Joe Dassin. Et j’ai constaté que je suis une personne capable de chanter, avec succès, devant un public étranger, peu importe la langue. En 1977, j’ai ouvert ma propre auberge La Garenne, à Montagne-sur-Gironde, où je pousse la chansonnette en fin de soirée. Actuellement, mon auberge, consacrée uniquement à mes répétitions, n’est plus un lieu de chansonnettes, mais un endroit pour prendre un petit-déjeuner, vendre mes disques et parler de ma carrière.

Dans la vie, je me sens un trouba­dour. D’ailleurs, mes amis me sur­nomment le « troubadour des temps modernes ». Un musicien passionné de rencontres et d’échange culturel, sans frontières. Peu importe d’être une star, il suffit de chanter partout, d’être accompagné de musiciens, de refuser les bandes « play back ». Depuis 1988, j’ai sillonné la France, avec la troupe française Morelly, j’ai collaboré avec Pierre Nicolas, le contrebassiste de Georges Brassens. J’ai été également accompagné, dans le temps, par Roger Masselot, le premier accordéoniste de Jacques Brel. Cavalier seul au-delà de la France, à partir de 1992, je lance ma carrière avec mes propres composi­tions et une équipe d’auteurs. D’où ma première composition en 1997 : La Gironde, parole de Jean-Claude Darnal, sur les pêcheurs de l’estuaire de la Gironde. Telle est ma vie, la vie d’un fils de marin pêcheur.

— Vos chansons, diffusées dans 41 pays, reprennent les plus beaux textes de la variété française, dans l’esprit des chansonniers de « Paname » ?
— Avec une voix puissante, à l’instar des chansonniers de Paname — Paris et sa ban­lieue — j’aime partager ma musique. Je suis très intimiste et authentique. Je chante avec le coeur et la sensibi­lité, sans artifice, loin du showbiz. Etre un chanteur de textes à nos jours, c’est très risqué face à une vogue de chansons aux paroles faibles, aux rythmes accélérés et aux refrains répétitifs. Malheureusement, c’est le cas en ce moment, en France, sur la scène artistique et dans les médias. Du coup, mes chansons sont qualifiées de « chansons à textes » engagées, sentimentales et poé­tiques. Des chansons mêlées parfois d’un peu d’humour ... Cela fait partie de ma personnalité. Je chante la vie, l’amour, contre le racisme et la guerre. J’aime les textes qui ont de la moelle et qui portent des sujets de la vie réelle. Des textes de mon quoti­dien. Féru de chansons à texte, connues ou inédites, j’ajoute à mon répertoire des chansons de Chelon, Ferrat, Brel, Palaprat, Vanderlove, Stalla, Lama, Brassens, Perret et Moustaki. Ce sont des chanteurs étoiles que je considère comme étant mes maîtres à chanter ; ils me don­nent envie de chanter encore et tou­jours. Je chante La Milice de Gérard Palaprat, Le Grand méchant loup de Henri Tachan, ou encore Lily de Pierre Perret. Cette dernière chan­son sur le racisme, je la chanterai jusqu’au dernier souffle de ma vie.

— Qu’est-ce que vous avez aimé porter dans votre bagage musical, durant vos concerts en Egypte, ce pays qui diffuse depuis 2005 vos chansons à la radio ?
— De tout temps, je rêvais de chanter à l’Opéra du Caire. Accompagné à l’accordéon de Gilles Puyfagès, au violon de Julien Casanova et à la contrebasse de Dina Rakotomanga, j’ai choisi un large éventail de mes chansons dont Un oiseau sans aile, l’une des oeuvres fétiches de mon nouvel album Garce de vie. Une chanson dédiée à mon fils qui a décidé très tôt de mener une vie indépendante, ce qui m’a vrai­ment peiné.

— Quels sont vos projets à venir ?
— Je prépare un nouvel album qui sera prochainement enregistré au Sénégal, le pays de ma prochaine tournée, programmée fin janvier 2017. Dans mon nouvel album, j’ai envie de composer une chanson sen­timentale, sur l’Egypte et les Egyptiens. Je voudrais parler, non de l’Egypte pharaonique, mais de l’Egypte d’aujourd’hui, de la vie au quotidien au bord du Nil.

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