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Elissa redonne de la voix et de la romance

Yasser Moheb, Mardi, 11 octobre 2016

Avec son nouvel album Sahharna Ya Leil (ô nuit, laisses-nous réveillés), la chanteuse libanaise Elissa marque cette fin de saison estivale. Plus qu’un disque, cet album renoue avec la qualité et le goût de certains albums des débuts de la star. Le tout dans un environnement romantique.

Elissa

La sortie d’un nouvel album d’Elissa est toujours un événement dans la sphère médiatique, tant le lien qui lie la chanteuse à son public reste toujours fort. Deux ans après Halet Hob (un cas d’amour), la cantatrice liba­naise revient avec un opus qui va de pair avec son image de diva clinquante.

Composé et écrit avec la complicité de diffé­rents grands noms, tels Mohamad Rahim, Walid Saad, Madiane ou Nasser Abou-Assaad dans la composition musicale aux côtés de Bahaeddine Mohamad, Amir Teëma et Nader Abdallah, l’album Sahharna Ya Leil (ô nuit, laisses-nous réveillés) renoue avec la qualité et le goût de certains albums des débuts de la star. L’album propose des titres efficaces aux mélodies accro­cheuses.

Le premier titre, portant le même nom que l’album Sahharna Ya leil, n’est pas un coup de coeur. Une jolie mélodie rythmée sur le refrain et une dance de facture orientale, au rythme mid-tempo. Côté texte, les paroles signées Malak Adel sont trop simplistes, voire répétitives.

Wala Baad Sénine (même après des années) est notre premier coup de coeur. La mélodie pêchue et la voix douce de l’artiste se mêlent pour former un excellent morceau qui montre le plus beau de l’artiste. Ecrite par Nader Abdallah et composée par le Turc Nezihucler, cette chan­son nous plonge dans le monde fétiche de la diva : la romance.

Une plongée similaire à celle du tube : Aks Elli Chayfinha (à l’encontre de l’apparence), écrit par Amir Teëma et composé par Walid Saad. Portant sur l’endurance et la persévérance nécessaire à l’amoureuse qui tente de cacher son idylle à son entourage, cette chanson est repré­sentative du style de la diva libanaise.

Après des chansons assez lentes, Malikat Al-Ehsas (la reine des sentiments) ramène un rythme rapide mêlé à des airs assez roman­tiques. Viennent ensuite les titres Fal Al-Haki (ne plus parler), Motamarreda (rebelle), Mitlek Mafi (personne ne te ressemble) ou Omri Ebtada (ma vie a commencé), dont deux sont chantées avec l’accent libanais. Toutefois, sans surprises et sans nouveauté, elles passent sans marquer les esprits en rappelant d’ailleurs les anciens disques de la chanteuse.

Cependant, Elissa interprète toujours ses textes avec son coeur. Quand elle chante, cela vient du fond d’elle-même. Et quelle magni­fique voix. Ceci est clair dans Hatsebni (vas-tu me quitter ?), dont les paroles sont signées Ahmad Marzouq et la musique Mohamad Rahim. Là, la mélodie est plus angélique et plus mélancolique aussi. On retrouve le sens du détail, de l’histoire racontée. « Après toi, je suis comme une enfant seule, perdue et mordue de peur, marchant en pleurant dans une ville vide après la fin d’une guerre. Après toi, je suis une femme faible, effrayée, perdue, comprends-moi : ton éloignement m’est pénible ». Tout va en crescendo, ce qui donne une réelle force à la chanson.

Le meilleur pour la fin
Si la chanson suivant Aghla Al-Habayeb (nos gens les plus chers) retrouve le rythme maq­soum où tambour, clavier, violons et guitare espagnol s’entremêlent, elle passe tout de même inaperçue et sans laisser de trace malgré sa durée de 3 minutes.

Mais ensuite, vient le titre Hakhaf Men Eih (de quoi aurais-je peur ?) pour sauver l’album. Ecrite par Nader Abdallah, composée par Mohamad Yéhia et arrangée par Ahmad Ibrahim, cette chanson est un monologue où la protago­niste annonce sa décision de révéler sa tristesse à son bien-aimé, et son besoin de le quitter : « De quoi aurai-je peur ? Je vais lui annoncer les sentiments que je cache et dont je souffre seule ; de quoi aurais-je peur ? Je hais sa pré­sence auprès de moi ; j’ai tant souffert, et il est inutile de continuer à souffrir ». Une chanson assez vive et rebelle dans ses paroles, mais très romantique et tendre dans sa musique. Un vrai tube « Elissanesque ».

D’autres chansons cadeaux dans la tracklist ? Certes. Qalb wa Roh, dont les paroles sont signées Ossama Moustapha, la musique Samer Abou-Taleb et l’arrangement Tamim. C’est tout à fait le sens contraire de la chanson précédente, puisqu’il s’agit de deux amoureux unis par la passion. Mais la construction crescendo du mor­ceau nous plonge progressivement dans un flot d’émotions.

Quant au titre Mesh Arfa Leih (je ne sais pas pourquoi), écrit par Bahaeddine Mohamad et composé par Madyane, il peut être qualifié de tube le plus joyeux, rapide et entraînant.

Cependant, c’est toujours la sérénité qui domine. La belle chanson Maktouba Lik (je suis pour toi), conçue par le tandem Nader Abdallah et Mohamad Yéhia, vient comme une perle et il faut aller jusqu’au bout de l’album pour la trou­ver. Romantique tant dans ses airs que ses paroles, ce morceau est parmi les quelques rares belles surprises de l’album. Un même ton doux – trop à la Elissa – par lequel les deux dernières chansons Al-Hodne (entre ses bras) et Ya Rayt (si seulement) clôturent l’album sur un rythme assez placide .

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