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Mohamad Erqan : Nous voulons répandre la joie à travers notre musique

Mohamed Atef, Lundi, 18 juillet 2016

Après la sortie de son premier album Paranoïa et son succès au festival Mawawil sous le parrainage du Cairo Jazz Club, le groupe Sharmoofers, créé en 2012, est en vogue. Entretien avec Mohamad Erqan (Mo), l’un de ses deux fondateurs.

Mohamad Erqan
Sharmoofers en concert.

Al-Ahram Hebdo : Que signifie Sharmoofers ?
Mohamad Erqan (Mo) : Le terme n’a pas de signification précise. Nous l’employons en guise de plaisanterie ou parfois pour nous moquer les uns des autres. Parfois, nous l’employons comme mot de passe ou un code entre nous et que nous sommes les seuls à comprendre.

— Comment la troupe a-t-elle été fondée ?
— A l’origine, la troupe a été fondée par moi (chanteur et guitariste) et mon ami Ahmad Bahaa (parolier et chanteur). L’idée nous est venue suite à la production de notre première chanson anglophone qui a remporté un grand succès après avoir été diffusée sur la Toile. Boostés par cette réussite, nous nous sommes lancés sur la piste d’une autre chanson que nous avons appelée Boxer. Nous avons également appelé notre page de téléchargement sur Internet Sharmoofers. Jusque-là notre objectif était seulement de nous amuser. Mais nous avons décidé d’organiser un concert dès que nos followers atteindraient le chiffre de 15 000. L’objectif fut atteint en l’espace d’une année, au cours de laquelle nous avons produit 10 chansons avec un nombre de fans de Sharmoofers ayant dépassé les 500 000 followers. La troupe regroupe également les musiciens Mohamad Labib (saxophone), Soly (trompette), Adel et Ahmad Ali ainsi que Moustapha Al-Kerdani (percussions).

— Qu’est-ce qui distingue Sharmoofers des autres troupes musicales ?
— Nous n’adoptons pas de discours précis et nous ne prétendons pas transmettre de message à travers notre musique. Nous voulons répandre la joie à travers notre musique. Nous croyons vraiment que la simplicité et la gaieté que nous voulons répandre sont à l’origine de notre charme auprès du public. Notre joie devient inimitable lorsque les foules se mettent à se dandiner et à chanter sur les rythmes de nos paroles.

— Craigniez-vous la concurrence lors de la création de votre troupe en 2012, vu le grand nombre de troupes apparues durant les dix dernières années ?
— Nous avons commencé en tant que musiciens professionnels dans de nombreuses troupes comme Ressala et Karaoké. Il était normal, vu notre présence précoce sur la scène musicale en tant que professionnels, que nous aspirions à former notre propre troupe. Nous essayons de sortir du stéréotype de l’underground dans lequel certains insistent à nous confiner. Nous essayons de convaincre les médias et les critiques que l’undergound n’existe pas de fait en Egypte. Loin de l’amateurisme, nous essayons de nous forger une identité professionnelle à travers les concerts que nous organisons, d’autant plus que nous sommes liés à des marques commerciales et à des sponsors. Ajoutons à cela que nous ne ciblons pas de public déterminé, mais nous voulons percer toutes tendances confondues et tous les âges. La diversité des troupes musicales et la grande palette de fans qui ont émergé sur la scène musicale récemment ont frayé la voie à une nouvelle génération capable de faire ses propres choix. Le résultat positif a été que chacune de ces troupes a tenté de confirmer son identité à travers le genre de musique qui la distingue et qu’elle développe, pour qu’elle ne devienne pas de simple réplique fade d’autres troupes compétitives.

— La révolution de janvier a-t-elle constitué un tournant pour votre troupe ?
— Bien sûr. Mais à comparer avec les autres troupes, notre différence revient au fait que nous n’avons pas instrumentalisé notre musique à des fins politiques. La révolution a radicalement révolutionné les idées politiques et sociales, mais elle a changé aussi l’art et la musique. A partir de cette logique, nous avons voulu faire partie de ce mouvement artistique ascendant et différent. Nous ne pouvons pas nier que la révolution ait largement contribué à attirer l’attention des jeunes vers ces nouvelles troupes musicales.

— Est-ce que vous comptez essentiellement sur les sponsors dans l’organisation de vos concerts ?
— Il est vrai que les sponsors présentent de nombreux avantages, mais en contrepartie, ils imposent leurs conditions. Une raison pour laquelle nous organisons nos concerts. D’ailleurs, nous sommes mieux équipés et nous avons développé nos talents et notre expertise pour bien assumer cette mission.

— Quels sont les défis qu’affronte Sharmoofers ?
— Les défis sont nombreux. Le plus important est de continuer à présenter un produit musical qui attire une plus large audience. Nous devons relever aussi le challenge de devenir organisateurs de nos propres concerts, car le marché actuellement est plein d’organisateurs sans expérience adéquate. En parallèle, nous continuons à apprendre ce qui est nouveau et nous essayons toujours de nous ouvrir sur le monde. Nous voulons injecter plus de gaieté et de vie pour encourager le public à interagir avec nous.

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