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Regards croisés à la galerie Machrabiya

Névine Lameï, Lundi, 27 juin 2016

Les jeunes artistes Hend Samir, Marwa Saad et Norhane Alaa nous donnent leurs regards sur la ville et ses habitants à la galerie Machrabiya.

Regards croisés à la galerie Machrabiya
Jeux ludiques de Hend Samir.

Les trois artistes Hend Samir, Marwa Saad et Norhane Alaa exposent ensemble à la galerie Machrabiya, sous le titre : Mes objets favoris. Leur univers visuel oscille entre rêve et réalité, quoti­dien et chimères, colère et ten­dresse. Leurs styles et leurs sujets soulèvent plein de questions vis-à-vis de la société égyptienne.

Les peintures riches en détails et en couleurs de Hend Samir pen­chent vers la légèreté et la désin­volture. L’artiste met en avant des scènes familiales et festives, sur un ton nostalgique. La plupart des événements se déroulent dans la maison de son enfance, peinte naï­vement avec l’innocence d’un enfant. « Mon travail comprend une part documentaire et une autre esthétique. Je m’intéresse toujours aux petites aventures des gens ordi­naires, à leur vie quotidienne », explique Hend Samir dont les pro­tagonistes se prêtent souvent à de petits jeux ludiques. Un enfant marche sur la balustrade du balcon.

D’autres s’amusent au-dessus de la table à manger, etc. Parmi ces scènes quotidiennes, certains per­sonnages sont dénudés. « La nudité fait partie de notre vie, pourquoi avoir honte de la montrer ? J’aime dévoiler les secrets de mes person­nages. Je ne préfère pas recourir au modèle nu, comme dans les années 1960, où l’on montrait une personne nue assise sur une chaise, à ne rien faire. Pour moi, la nudité doit s’insérer dans un contexte, dans une histoire. Elle nous fait rentrer dans la vie du person­nage », précise Samir devant un tableau où un homme et une femme sont simplement nus, dénudés de tout accessoire, dans leur chambre à coucher, face au jouet de leur enfant.

Un hérisson magique
Ce genre de situation n’a rien à voir avec le hérisson « magique » de Marwa Saad, lequel change d’allure et de couleurs en fonction du sens métaphorique voulu par l’artiste. « Les épines du hérisson lui servent de protection, et pourtant, cet ani­mal très bien protégé vit toujours seul », fait remarquer Marwa Saad. Faiblesse ou puissance, résistance ou résignation ? Le hérisson illustre bien les complexités de la nature humaine. Il vit en société, mais se défend, s’enferme jusqu’à devenir associal, quand bon lui semble. Saad place son animal dans des situations différentes, revêtant parfois la forme d’une banane ou d’un kiwi. « La banane représente la gratitude inconditionnelle envers la vie. Chaque être humain peut faire en sorte d’aller vers la joie et le bon­heur », souligne Marwa Saad, lais­sant libre cours à son imagination.

Puis, à travers une installation, réalisée à partir de petits carreaux en céramiques, collés les uns aux autres, Norhane Alaa évoque la ville, ses bidonvilles et les difficul­tés de ses habitants. « Les trottoirs des rues cairotes, la laideur qui nous entoure en ville, les logements insalubres, me révoltent. Je suis une personne qui aime observer les mouvements des personnes et leurs interactions dans la rue », dit Norhane Alaa. Une façon pour elle de nourrir sa pratique et d’affiner son regard sur la société.

Jusqu’au 30 juin, de 10h à17h et de 20h à 23h (sauf le vendredi). 8, rue Champollion, centre-ville.

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