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Ayman Al-Sémari : Les plasticiens arabes sont rarement invités à venir exposer en Egypte, à défaut de financement

Névine Lameï, Dimanche, 05 juin 2016

3 questions à l’artiste égyptien Ayman Al-Sémari, commis­saire du festival et professeur aux beaux-arts de Zamalek.

Ayman Al-Sémari

Al-Ahram Hebdo : Un premier festival au profit des jeunes plasticiens arabes, organisé par une galerie privée, c’est une première du genre. D’où provient le finance­ment ?
Ayman Al-Sémari : La galerie Daï fait partie du projet de l’Atelier arabe de la culture et des arts, lancé récemment à l’initiative de l’homme d’affaires et artiste Hicham Qandil, qui a travaillé en Arabie saoudite pendant plus de 30 ans. Il s’agit d’une initiative à but non lucratif, visant à promouvoir la culture arabe. Egalement directeur de l’Atelier Djeddah, et du Centre saou­dien des arts plastiques, Qandil a tant rêvé de fonder en Egypte un atelier capable de réunir des plasti­ciens arabes et égyptiens, dans un vrai panarabisme artistique, sans discours politique direct. Les plasti­ciens arabes sont rarement invités en Egypte, faute de financement, alors l’Atelier a voulu leur accorder le soutien matériel nécessaire pour exposer au Caire, à travers le Festival de Daï. Et ce, sans souf­frir du clientélisme et de la bureaucratie dont on souffre d'habi­tude lors des manifestations officielles, organisées par les ministères de la Culture ou autres.

— Certains observateurs jugent que vous cherchez à rivaliser avec le Salon des jeunes, organisé par le ministère de la Culture depuis plusieurs années?
— Le Festival des jeunes arabes ne se présente guère en tant qu’adversaire ou rival. Notre objectif est d’enrichir la scène artistique égyptienne qui souffre de stagnation, vu la crise éco­nomique. Les oeuvres exposées dans le cadre du Festival ont été sélectionnées par un jury de professionnels arabes impartiaux.

— Les noms de certains artistes arabes confirmés figu­rent dans le catalogue, alors que leurs oeuvres annoncées ne sont pas exposées à la galerie. Pourquoi ?
— Certaines oeuvres sont toujours à la douane égyptienne. Je cite par exemple celles de Mohamad Al-Kahl (Arabie saoudite), Jawaher Al-Manaay et Mona Bujassoum (Qatar), Karama Ben Amor et Maysaa Al-Tarabulsi (Tunisie), etc. qui traînent encore dans les douanes et qui finiront sans doute par être exposées.

A la prochaine édition, prévue en 2018, nous essayerons d’éviter ce genre de problèmes. La gale­rie Daï ne se contentera pas d’inviter les artistes arabes individuellement, par courriel ou sur Facebook, mais s’adressera plutôt aux ambassades, de manière officielle, ou à des associations culturelles arabes, bien ancrées dans le pay­sage artistique. Ceci facilitera éventuellement notre démarche ainsi que les procédures à suivre .

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