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Madame émotions

Yasser Moheb, Dimanche, 01 mai 2016

Dans son nouvel album Zikrayati (mes souvenirs), la chanteuse libanaise Carole Smaha fait le tour des chansons d’amour déçu. La mélancolie règne. L’interprète maintient son style.

Madame émotions
Carole Smaha, une voix suave et beaucoup d'aventures

Carole smaha ne cesse de surprendre. La chanteuse libanaise fait son come-back avec un magnifique album, au titre de Zikrayati (mes souvenirs), comprenant 11 chansons de qualité. D’une grande curiosité artistique, l’interprète passe d’une aventure à l’autre, tout en maintenant son style.

Sur des airs de piano et de clarinette, la première chanson, Rouh Fel (vas-y, pars), évoque les remords d’une femme qui a décidé de rompre avec son bien-aimé. De quoi bien introduire ce qui suivra, donnant libre cours à la voix de velours et à la prestation mûre de Smaha.

Vient le second titre, Ana Sahrak (je te fascine), dont les paroles sont signées Carole Smaha elle-même, laquelle a écrit auparavant les paroles de quelque cinq chansons.

Le compositeur Chérif Badr offre à ce titre un rythme rapide, celui d’un disco plus ou moins classique, où le clavier se mêle avec des sonorités techno, présentant un ensemble au goût très occidental. Mais c’est avec la troisième chanson que s’annonce le coup de coeur de l’album : Mokhlessa (fidèle). Mélancolique, cette chanson peut émouvoir n’importe quelle personne, ayant déjà connu ce genre de sentiments mélancoliques. On a l’impression de planer dans un ailleurs magique, très romantique. Les paroles sensibles de Mohamad Gomaa décrivent la rencontre entre une femme et son ancien amant. Elle essaye de retenir ses larmes, résumant un amour qui a duré longtemps, lui jurant fidélité. Que de belles images mises en musique par Madyane, déplorant la séparation. Ensuite, arrive la chanson Aziza, d’après un ancien morceau de Mohamad Abdel-Wahab, sur lequel dansait autrefois Naïma Akef. Optant pour un arrangement musical assez rapide, on y mêle la techno au rythme oriental du maqsoum, les violons à la guitare électrique, etc. Mais les paroles s’avèrent trop simplistes, malheureusement pas à la hauteur du thème musical assez populaire.

Elargir la palette
Dans le même esprit, s’inscrit la cinquième chanson de l’album : Sohabi (mes amis), dont les paroles sont de Nader Abdallah, la musique de Tamer Achour et l’arrangement d’Ahmad Ibrahim. Le trio aurait pu mieux faire, malgré le grand buzz qui a accompagné la sortie de la chanson sur Youtube. Portant sur le thème de l’amitié, elle peut rappeler à tout un chacun des souvenirs d’antan, des amis qu’on a perdu de vue.

Puis, on retrouve vite Carole Smaha telle qu’on la connaît, avec la chanson Ya leil Nassini (ô nuit tu m’oublies), écrite par Amir Téema et composée par Chérif Badr. La chanteuse revisite l’un des thèmes romantiques par excellence : la solitude. L'oud (luth oriental) et le tambourin mettent en avant une mélodie andalouse, accentuée par la voix grave mais douce de Smaha.

L’accent libanais est au rendez-vous avec la chanson phare de l’album, Zikrayati (mes souvenirs), offrant l’arrangement musical le plus accompli de l’album, par Michel Fadel. Un arrangement digne des paroles et de la musique signées Marwan Khouri. Il s’agit toujours de chagrins d’amour, d’affres, de vieux souvenirs ... de sentiments assez touchants.

Et enfin, Loubnane (le Liban). Un titre convenable afin de clôturer l’album. La musique vivace de Mohamad Rahim vient offrir aux paroles de Carole Smaha tout leur pouvoir. L’interprète exprime son espoir quant à retrouver la splendeur de son pays et la joie de son peuple.

L’album s’avère plutôt réussi dans l’ensemble, mis à part une ou deux déceptions. Il s’inscrit dans la lignée de la discographie riche de Carole Smaha, marquant l’insistance de la chanteuse à élargir sa palette musicale.

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