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Adel Sarwat : Le Salon du Caire n'impose aucune restriction concernant l'âge, la technique ou le style

Névine Lameï, Lundi, 07 mars 2016

Adel Sarwat, commissaire du Salon du Caire et professeur aux beaux-arts de Hélouan

Adel Sarwat

Al-Ahram Hebdo : Le Salon du Caire, lancé en 1922 par l’artiste Fouad Abdel-Malek, constitue l’un des plus anciens événements artistiques égyptiens. Pourtant, il a été suspendu depuis 1987, puis repris furtivement dans les années 1990, quelle en est la raison ?

Adel Sarwat : Cette manifestation, suspendue pendant plus de 25 ans, est toujours organisée par l’Association des amateurs des beaux-arts, une ONG située dans le quartier cairote de Garden City. Le Salon du Caire a été conçu dans le but de faire fleurir les arts plastiques en Egypte, sans restriction d’âges, de styles ou de techniques. La qualité des oeuvres candidates était le seul critère de choix. Mais au fur et à mesure, il a été éclipsé par d’autres manifestations artistiques organisées par l’Etat, comme le Salon des jeunes, l’Exposition générale, etc. L’artiste-peintre Ahmad Nawar, membre de l’Association des amateurs des beaux-arts, a voulu ressusciter le Salon du Caire, d’où la tenue de cette 57e édition, avec pas mal d’oeuvres inédites.

— Marquant son retour, qu’est-ce qui caractérise cette édition ?
— Il incombe au commissaire et au comité de sélection de choisir les oeuvres. On ne passe pas par toutes les formalités coutumières : formulaires de candidature, approbation des membres du jury et autres procédures d’admission. Simplement, je contacte moi-même les personnes dont l’oeuvre nous intéresse, pour voir si elles désirent exposer leur travail dans le cadre du Salon. Comme je fais moi-même partie de la génération des années 1990, j’ai voulu faire place à cette génération, car jugeant qu’elle est victime d’une grande injustice, prise entre la pression des pionniers et la pression des jeunes artistes.

Cela n’empêche pas d’exposer également les oeuvres d’artistes prometteurs tels Noha Moustapha, et Kamal Al-Fiqi. Ces derniers, parmi mes étudiants en beaux-arts, ont remporté la bourse de l’Etat, leur permettant de résider à l’Académie égyptienne à Rome. L’essentiel est de bien répondre à la thématique choisie par le Salon du Caire cette année : L’Homme, l’Histoire et la Conscience.

— Entre admiration et refus, le Salon du Caire a fait quand même objet de plusieurs débats. Les problèmes ne manquent pas ...
— Dès l’inauguration de cette 57e édition du Salon, nous avons reçu des critiques acerbes, notamment de ceux qui nous reprochent de chercher à concurrencer le secteur des arts plastiques, dépendant du ministère de la Culture. Je tiens à signaler qu’il n’y a aucune rivalité entre nous et que le secteur des arts plastiques nous soutient dans notre démarche, voire il nous a offert gratuitement l’espace d’exposition, au Palais des arts. D’autres artistes voulaient absolument prendre part au Salon, et donc étaient fâchés contre nous. Mais je n’y suis pour rien, c’est le thème du Salon qui l’emporte. On nous a reproché aussi le fait que l’installation d’Iman Ossama, exposée dans le cadre du Salon, est très proche du travail de l’artiste Amal Qénawi, disparue en 2012. Ce dernier avis est peu convaincant pour moi .

Jusqu’au 21 mars, de10h à 21h (sauf le vendredi) au Palais des arts. Terrain de l’Opéra, Guézira.

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