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C’était la fête à Alexandrie !

May Sélim, Lundi, 26 octobre 2015

Pendant une semaine, le festival Backstreet a rempli de gaieté plusieurs espaces publics d’Alexandrie. Spectacles et performances venus d’Egypte et d’ailleurs ont enchanté les Alexandrins avec des formes interactives et originales, plaçant le spectateur au coeur de la scène.

C’était la fête à Alexandrie !
The Lampman, improvisations en pleine ville.

Pendant une semaine, Alexandrie et ses anciens quartiers du centre-ville, aux alentours de la station Al-Raml, ont connu une agitation artistique et culturelle inhabituelle. Le public se déplaçait entre les rues Fouad, Al-Nabi Daniel et Al-Horriya, pour suivre les activités et les spectacles de la 3e édition du festival Backstreet organisée par l’Association internationale pour la création et l’entraînement (I-act).

Fondée il y a quelques années par Mahmoud Abou-Doma, elle cherche à promouvoir les créations indépendantes et originales. « Backstreet Festival est un titre significatif. Il implique le sens d’être une manifestation anticonformiste. Ce n’est pas un festival de théâtre, mais plutôt un festival des arts de la performance qui rompent avec la forme traditionnelle d’une représentation donnée dans un espace clos. Par exemple, quand on parle des shows de Broadway, on remarque aussi la présence de certains spectacles et festivités rangés sous l’étiquette Off Broadway. Ce sont des créations hors-cadre, qui se déroulent loin des planches », explique Abou-Doma.

Lancé en 2012, le festival vise à introduire les arts de la performance dans des espaces peu traditionnels, pour toucher un public aussi large que possible en favorisant les spectacles de rue, le cirque, la musique, les graffitis …

Tenues sous le slogan « Projet de la joie », les éditions de 2014 et 2015 ont semé un air de gaieté dans les rues de la ville côtière. L’humour et la joie ont caractérisé, de manière spontanée, les spectacles donnés en plein air, toujours en interaction avec le public.

Monsieur Lampe et les autres
A Kom Al-Dekka, un quartier populaire d’Alexandrie, la foule emplissait la cour du club Nadina qui accueillait deux spectacles suisses : Ohne Louis et The Lampman. Par curiosité, la foule s’infiltrait au plus près de la scène et s’approchait des artistes. Ohne Louis, de la compagnie Roikkuva, est un spectacle de cirque, de danse et de théâtre présenté sous la forme d’une histoire comique.

Les interprètes attiraient le public par leurs acrobaties, lui jetaient des accessoires et l’impliquaient dans l’histoire. Sans langage, la communication s’effectuait à travers les gestes et une musique jouée par l’un des membres de la troupe. Le public entourait les artistes, découvrait ce qui se passait derrière les rideaux noirs suspendus en plein air et derrière le théâtre ambulant. Ici, les artistes jouent cartes sur table : ils n’ont rien à cacher aux spectateurs. Parfois, le jeu impose le silence, et parfois il déclenche des éclats de rire. Le public a largement acclamé les artistes.

« Regardez, l’homme-lampe ! », « Où est-il caché ? », « Est-ce une vraie lampe ? Est-il connecté à un fil électrique ? » : les commentaires et les ques­tions fusent de partout parmi les habitants de Kom Al-Dekka, les­quels suivent le spectacle inter­prété par le jeune Mohamad Amin. Portant sur la tête un pro­jecteur, le comédien tend la main aux jeunes gens, pose pour des photos avec eux, court et s’ap­puie sur un mur pour se charger en électricité, changeant de pos­tures, de mouvements et de gestes. « Je suis chanteur et comédien. Dans Lampman, les gens me traitent comme un extraterrestre, ils ignorent qui je suis car ma tête est remplacée par une lampe. L’expérience était intéressante et m’a offert une grande liberté dans le geste et le mouvement », se réjouit Amin, qui est sorti discrètement du club pour s’attabler dans un café populaire. Une fois Amin parti, les enfants se deman­daient : « Mais où est l’homme abat-jour ? ».

Sur le parvis de la Bibliotheca Alexandrina, Dancing Graffiti fut l’un des autres spectacles présentés en plein air. Dans ce show hongrois, c’est la danse et les dessins qui sont de mise, avec notamment un habile jeu de lumière. Sur un mur, on projette les rais de lumière que dessine un artiste à travers son ordina­teur. Sur les rythmes de la musique et les pas d’une dan­seuse, le jeu commence. Entre danse et gestuelle, plusieurs scènes abordent l’actualité poli­tique, sur un ton humoristique. En quelques secondes, et avec un équipement rudimentaire, le spectacle a réussi à attirer la foule, en toute simplicité.

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