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Hassan Attiya : Ces ateliers de formation sont une lame à double tranchant

May Sélim, Lundi, 27 juillet 2015

Trois questions au critique et professeur à l’Institut supérieur des arts dramatiques, Hassan Attiya, sur la floraison des espaces indépendants.

Hassan Attiya

Al-ahram hebdo : Les espaces faisant office de salles de répétition ou de lieux de forma­tion théâtrale se multiplient. Que pensez-vous de ce phénomène ?
Hassan Attiya : Cela répond à un besoin, chez les artistes, les ama­teurs et les hommes de théâtre tout court, lesquels étaient à la recherche de salles pouvant accueillir leurs activités. Dans cette même optique, on a com­mencé à organiser des ateliers spé­cialisés en l’art de la mise en scène, de l’éclairage, etc. Normalement, ces services sont offerts en échange d’une petite somme d’argent : location de salles, frais de participation aux ateliers, etc. D’aucuns ont essen­tiellement un but lucratif. On a commencé à envisager la culture comme un champ qui peut être rentable et intéressant pour y investir. Les palais de la culture, qui dépendent du ministère de la Culture, ne sont pas efficaces, et il fallait combler le vide, notamment que les jeunes sont demandeurs. Nous avons besoin également de construire des instituts d’art dra­matique partout en Egypte.

— Comment évaluez-vous la formation offerte par ces espaces qui ont le vent en poupe ?
— Les ateliers de formation qu’ils offrent sont une lame à double tranchant. Ils fournissent certaines connaissances, une bonne culture, de quoi intéresser notam­ment les amateurs qui n’ont suivi aucune étude académique. Cependant, souvent les animateurs de ces ateliers n’ont pas de bonne base académique ou théorique. On remarque aussi que la plupart des artistes formés dans ces ateliers s’intéressent plus à l’art de la per­formance, aux dépens du spectacle dans l’ensemble. Ils s’intéressent à montrer qu’ils peuvent exceller dans le jeu, sans se situer dans un vrai contexte dramatique. Du coup, parfois les pièces qui en résultent ressemblent à des improvisations de café. D’ailleurs, ces talents issus de ces ateliers ne peuvent pas se joindre au syndicat des Arts drama­tiques. Celui-ci exige que ses membres aient reçu une formation académique, pour leur octroyer une autorisation de pratiquer.

— Quelle est l’influence de ces ateliers et espaces sur la scène théâtrale ?
— Ces ateliers ont donné nais­sance à des troupes et à des comé­diens, de vrais passionnés de théâtre, lesquels n’ont jamais eu l’occasion de faire du théâtre aupa­ravant. Désormais, plusieurs cen­taines de troupes indépendantes participent chaque année au festi­val Afaq (une manifestation qui accueille les créations des débu­tants et qui est subventionnée par l’Etat) et au Festival du théâtre arabe pour les amateurs. La scène de théâtre en Egypte connaît une abondance de spectacles, quelle que soit la qualité l

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