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Tarek Zaghloul : On est loin de la culture du respect des lois

Dina Darwich, Dimanche, 03 novembre 2013

Tarek Zaghloul, directeur général de l’Organisation Egyptienne des Droits de l’Homme (OEDH), estime que si des lois protègent certaines catégories de la population comme les handicapés et les personnes âgées, elles ne sont jamais respectées.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi selon vous la rue égyptienne est-elle répulsive envers certaines personnes ?

Tarek Zaghloul : Il y a deux raisons principales. La première concerne la culture des droits de l’homme en Egypte qui, malgré les appels lancés par les activistes et les ONG depuis les années 1980, ne semble pas avoir une grande influence dans la rue. Dans nos sociétés, on a tendance à accepter la dominance des plus forts du point de vue sexe, âge et condition physique. La deuxième raison concerne les services de sécurité qui doivent assumer le rôle de contrôler la rue et de garantir la protection de tous les citoyens, y compris les personnes les plus vulnérables. Mais, la police, avant la révolution de janvier 2011, ne se souciait que de protéger le régime en place.

— Pensez-vous que la loi égyptienne n’offre pas assez de protection à ces personnes ?

— En fait, non. On possède un arsenal de lois qui garantissent les droits de la femme, des retraités et des handicapés. Et cela, outre les conventions internationales des droits de l’homme ratifiées par l’Egypte. Mais le problème reste dans l’application de toutes ces lois sur terrain. On est loin de la culture du respect des lois.

— Qu’en est-il des ONG et d’autres organismes chargés de défendre les causes de ces catégories ?

— Ces organisations déploient de grands efforts dans ce domaine, mais le chemin est semé d’embûches. Ils tentent d’instaurer la culture des droits de l’homme dans la société et de mobiliser la population à l’égard de ces personnes. C’est grâce à la société civile que beaucoup de dossiers ont été ouverts. Ils ont fait bouger les eaux stagnantes, surtout en ce qui concerne les droits de la femme. Mais la question nécessite du temps et des conditions politiques plus stables.

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