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Achraf Hatem : « Chaque faculté doit poser un examen d’entrée à ses candidats »

Dina Bakr, Lundi, 09 septembre 2013

4 Questions à Achraf Hatem, secrétaire général du Conseil suprême des universités.

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi l’université publique a-t-elle introduit une dose de gestion privée ces dernières années ?

Achraf Hatem : L’université publique a eu recours à ce système pour donner plus de vie à l’enseignement universitaire et pour sauver l’université de l’effondrement. L’Etat ne prend pas en charge tous les étudiants. Alors l’apparition de ces filières à gestion privée se fait à travers une admission interne dans chaque faculté qui applique ce système. La promotion de chaque faculté ne dépasse ainsi pas 50 étudiants. Ces filières anglophones ou francophones contribuent à couvrir les dépenses des sections publiques ou gratuites. Elles contribuent à maintenir les laboratoires, les hôpitaux et à payer les primes du corps enseignant. Car chaque étudiant paye entre 10 000 et 20 000 L.E. par an selon sa faculté. Il s’agit aussi d’une sorte de partenariat entre l’université égyptienne et des universités européennes ou américaines. Le diplôme final est reconnu par les deux parties.

— Pourquoi ne pas appliquer ce système à toutes les promotions universitaires ?

— Le nombre d’étudiants dans chaque promotion varie entre 2 000 et 3 000. Le budget de l’Etat pour l’université ne couvre donc pas ce nombre d’étudiants. Et ce système privé présente un diplôme international, car le nombre de professeurs et d’étudiants est identique à celui qui se retrouve chez leurs homologues à l’étranger.

— La flambée des pourcentages d’examen de fin de lycée empêche les bacheliers scientifiques ayant obtenu plus de 90 % de s’inscrire en médecine ou ingénierie dans les universités publiques. Comment est-ce possible ?

— Actuellement en Egypte, le nombre de nouveaux étudiants par an est de 400 000. La concurrence est devenue acharnée car tous les lycéens prennent des cours particuliers et apprennent par coeur les modèles des réponses des examens. Le fait d’avoir un pourcentage assez élevé n’est pas un critère d’excellence scientifique. A mon avis, on doit faire comme les pays qui ont déjà procédé au développement de leur enseignement. Chaque faculté doit poser un examen d’entrée à ses candidats. Un examen qui détermine leurs véritables connaissances et leur habilité à l’enseignement.

— Comment garantir la qualité de l’enseignement dans les universités privées ?

— Le Conseil suprême des universités doit superviser les capacités humaines et matérielles proposées dans ces universités. Les programmes doivent être révisés ainsi que les méthodes d’enseignement. Le Conseil doit également s’assurer de la disponibilité du matériel nécessaire à l’application de ces programmes.

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