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Tendance sociale: Le café, témoin d'une grande histoire

Dossier réalisé par Dina Darwich, Mardi, 07 mai 2013

le cafe temoin
Dans le chef-d'oeuvre d'Ossama Anouar Okacha, Les Nuits d'Al-Helmiya, le café de Zeinhom Al-Samahi a été le berceau des compatriotes contre la colonisation anglaise dans les années 1940.

Le café a toujours joué un rôle primordial dans la mobilisation politique et la sensibilisation de la rue égyptienne. Selon Abdel-Rahman Mostafa, spécialiste en histoire, le café a été le berceau des mouvements des lumières à la fin du XIXe siècle.

C’est dans le café Matatia, au centre-ville du Caire, que les nouvelles idées avant-gardistes ont connu leur essor, avec le cheikh Gamaleddine Al-Afghani, le cheikh Mohamad Abdou ainsi que Abdallah Al-Nadim, Saad Zaghloul (et plus tard l’écrivain Abbas Al-Aqqad) qui avaient l’habitude de rencontrer du monde. Les idées libérales ont émergé à partir de ce café et ont mené à la révolution d’Ahmad Orabi contre le khédive Tewfiq en 1881.

Après la colonisation anglaise, les cafés ont continué à jouer leur rôle de résistance. Ils sont devenus le point de déclenchement d’une autre révolution, 30 ans plus tard. Les oeuvres artistiques en sont les témoins. Chez Naguib Mahfouz, qui fréquentait le café Orabi dans le quartier de Daher, le café a toujours été le lieu de prédilection des Harafich (La Chanson des gueux) pour dénoncer la lutte sociale entre les riches et les pauvres, ou même dans sa célèbre Trilogie où le café a été l’endroit désigné pour collecter les signatures des citoyens pour accorder une procuration au parti Wafd égyptien, qui défendait la cause égyptienne et le droit à l’indépendance du pays après la Seconde Guerre mondiale.

L’écrivain Gamal Al-Ghitani a confirmé dans son livre Les cafés de l’Orient que l’âge d’or des cafés avait marqué les années 1920 et 1930. Dans Les Nuits d’Al-Helmiya, célèbre feuilleton réalisé par l’écrivain Ossama Anouar Okacha, le café de Zeinhom Al-Samahi a été le lieu de rencontre des citoyens pour lutter contre la colonisation anglaise durant les années 1940 et 1950. Le café Riche était le lieu de rendez-vous des Officiers libres qui ont préparé la Révolution de 1952. Le café Al-Mawardi situé au Vieux-Caire va prendre le flambeau pour résister à la politique de l’ouverture économique. Au fil des années, le café traditionnel s’est éclipsé cédant sa place à d’autres cafés plus modernes, répondant aux aspirations des jeunes.

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