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E. coli : Des cas rares mais des complications dangereuses

Howaïda Salah, Mercredi, 06 avril 2022

La bactérie Escherichia coli, dite E. coli, à l’origine en France d’une vague de contaminations, désigne en réalité toute une famille de bactéries, qui sont très loin d’être toutes dangereuses pour la santé.

E. coli : Des cas rares mais des complications dangereuses

 Au contraire, elles sont présentes en grand nombre dans l’appareil digestif où une partie d’entre elles joue un rôle dans le bon fonctionnement de l’organisme. Mais certaines variétés d’E. coli peuvent, à l’inverse, provoquer des intoxications. Il s’agit, le plus souvent, de variétés « productrices de shigatoxines » comme c’est le cas dans la vague récente de contaminations françaises. Ces toxines produisent des intoxications qui, dans la majorité des cas, ne sont pas graves et se traduisent essentiellement par des maux de ventre et des diarrhées. Cela se produit en général trois ou quatre jours après l’ingestion.

Si ces intoxications passent généralement sans dommages en une dizaine de jours, elles peuvent dans de rares cas provoquer des complications, avant tout chez les jeunes enfants et les personnes âgées. Il s’agit le plus souvent d’un « Syndrome Hémolytique et Urémique » (SHU). Celui-ci se traduit généralement par une insuffisance rénale aiguë et de graves problèmes sanguins, avec comme conséquences potentielles un coma ou la mort. « On estime que, pour jusqu’à 10 % des patients, l’infection à E. coli productrice de shigatoxines peut évoluer en SHU avec un taux de létalité de 3 à 5 % », résume l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Les traitements sont encore incertains. Deux anticorps de synthèse, l’éculizumab et le ravulizumab, constituent des pistes prometteuses mais à confirmer. En tout état de cause, il ne faut pas donner d’antibiotiques à un patient infecté par des bactéries E. coli productrices de shigatoxines : ils n’ont aucun intérêt contre elles, voire peuvent empirer la situation.

Cette forme d’E. coli « se transmet à l’homme principalement par des aliments contaminés, comme de la viande hachée crue ou mal cuite et du lait cru », explique l’OMS. Mais ce n’est pas tout. « On associe un nombre croissant de flambées à la consommation de fruits et de légumes, graines germées, épinards, laitues, chou cru, salades », poursuit-elle. Un élément est crucial : la température. Si celle-ci atteint 70°C, la bactérie est détruite, ce qui implique de veiller à bien cuire les aliments.

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