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Amal Al-Saïd : Chacune des parties a le droit de savoir si certaines maladies peuvent se manifester à l’avenir

May Atta , Mercredi, 06 avril 2022

Dr Amal Al-Saïd, spécialiste des maladies héréditaires au Conseil national des recherches, revient sur l’importance des examens prénuptiaux.

Amal Al-Saïd

Al-Ahram hebdo : Quels sont les examens médicaux qu’un couple est supposé faire avant le mariage ?

Dr Amal Al-Saïd : La première série comprend des analyses ordinaires : bilan sanguin complet, bilan hépatique, fonction rénale, taux de glycémie, etc., afin d’évaluer l’état de santé général des deux parties. Une deuxième série d’examens concerne la santé reproductive, elle comprend la détermination du groupe sanguin et du facteur rhésus, des analyses hormonales et de caryotype (de chromosomes) pour déceler une éventuelle stérilité, une analyse de spermes pour les hommes ; et, pour les femmes, une échographie de l’abdomen et du bassin pour déterminer la taille de l’utérus. Toujours dans le domaine de la santé reproductive, des analyses sont faites pour détecter certaines maladies sexuellement transmissibles comme la syphilis, le sida et l’hépatite B, en plus d’un bilan thyroïdien pour la femme, étant donné qu’une pathologie thyroïdienne peut avoir un impact sur la capacité à concevoir un enfant et une incidence sur sa grossesse.

Enfin, une dernière série d’examens est destinée à prévenir les maladies héréditaires.

— Pouvez-vous nous en dire plus sur cette dernière catégorie d’examens médicaux ?

— A défaut du séquençage du génome, qui est un test génétique complet très coûteux, nous pouvons nous baser sur l’examen des antécédents médicaux des familles, qui nous permet de déceler certaines maladies héréditaires potentielles.

— Les examens prénuptiaux ont-ils pour but de détecter des maladies pouvant affecter les enfants, ou c’est plutôt une obligation morale envers le (la) conjoint(e) ?

— Les deux, que ce soit au niveau médical ou éthique, chacune des parties a le droit de savoir si certaines maladies, transmissibles ou héréditaires, peuvent se manifester à l’avenir. Ceci leur permet de décider de consommer ou non le mariage.

— Dans quelle mesure le médecin peut-il déconseiller le mariage ?

— D’habitude, le médecin n’a pas de raison pour le faire, surtout que le suivi et le traitement préventif ou précoce permettent de contrôler les maladies potentiels dans pas mal de cas.

— Existe-t-il des maladies génétiques qui ne peuvent être détectées à temps ?

— Comme nous l’avons mentionné, nous pouvons toujours se servir des antécédents médicaux comme indice, ceci dit, il est possible qu’un enfant développe une maladie qui n’apparaît chez aucun membre de la famille, mais dont souffrait un arrière-grand-parent. De même, l’âge avancé de la femme est un facteur de risque. Sans parler des mutations génétiques qui se produisent de façon imprévue.

— Et quelles sont les maladies génétiques que l’on peut éviter grâce à ces analyses ?

— On ne peut pas éviter une maladie génétique, mais seulement la contrôler grâce à un traitement précoce. Sinon, pour certaines maladies liées au genre, nous pouvons éviter les maladies génétiques en déterminant le sexe de l’enfant à travers la fécondation in vitro. Dans une maladie telle l’hémophilie, qui ne touche que les hommes, la solution consisterait à opter pour une fille.

— Existe-t-il des maladies génétiques qui ne sont détectées que pendant la grossesse ?

— Oui, c’est le cas par exemple du syndrome de Down (ou trisomie 21) ou de l’ostéogenèse imparfaite (maladie des os de verre) qui sont des affections génétiques. Dans ce genre de cas, les médecins prescrivent les traitements nécessaires ou conseillent les parents d’interrompre la grossesse.

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