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Migration, l’autre effet du changement climatique

Hoda Ghali, Mardi, 14 septembre 2021

Migration, l’autre effet du changement climatique
(Photo : AFP)

Le réchauffement climatique pourrait forcer jusqu’à 216 millions de personnes à quitter leurs régions d’ici 2050, faute d’eau disponible ou d’une production agricole suffisante. C’est le cri d’alarme lancé par la Banque Mondiale (BM), qui estime que ce phénomène n’est pas irréversible. « Le changement climatique est un moteur de migration de plus en plus puissant », notent des experts de l’institution dans un rapport publié lundi 13 septembre, relevant « l’urgence à agir », alors que « les moyens de subsistance et le bien-être humain sont de plus en plus mis à rude épreuve ». Ce rapport est focalisé sur 3 régions : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine. L’institution avait alors projeté 143 millions de « migrants climatiques » d’ici 2050 pour ces parties du monde en développement. Cette fois, elle a ajouté 3 autres régions : l’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Afrique du Nord, ainsi que la partie regroupant l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, afin d’élaborer « une estimation mondiale » pour les pays pauvres, explique Juergen Voegele, vice-président de la BM chargé du développement durable dans le rapport.

Les 216 millions représentent « près de 3 % de la population totale » de ces régions, précisent les auteurs du rapport. Mais le nombre pourrait être plus élevé dans la mesure où la BM ne comptabilise pas les migrants d’Amérique du Nord, des pays riches d’Europe ou encore du Moyen-Orient, où des catastrophes climatiques sévissent pourtant. Pour l’heure, la BM prévoit que d’ici 2050, l’Afrique subsaharienne pourrait voir compter jusqu’à 86 millions de migrants climatiques, l’Asie de l’Est et le Pacifique 49 millions, l’Asie du Sud 40 millions, l’Afrique du Nord 19 millions, l’Amérique latine 17 millions et l’Europe de l’Est et l’Asie centrale 5 millions. Le rapport cite plusieurs exemples, dont celui de l’Afrique du Nord, où la question de la disponibilité en eau est le principal moteur de la migration interne.

Le manque d’eau pousse ainsi les populations des zones non côtières et de l’intérieur à partir, « ralentissant la croissance démographique dans les points chauds d’émigration climatique le long de la côte nord-est de la Tunisie, la côte algérienne, l’ouest et le sud du Maroc et les contreforts centraux de l’Atlas déjà soumis à un stress hydrique ». En Egypte, les parties orientale et occidentale du Delta du Nil, y compris Alexandrie, pourraient devenir des « points chauds » de départ de population en raison à la fois de la diminution de la disponibilité de l’eau et de l’élévation du niveau de la mer. Au contraire, Le Caire, Alger, Tunis, Tripoli, le corridor Casablanca-Rabat et Tanger pourraient devenir « des points chauds d’influx migratoire ». Et, sans surprise, ce sont les régions les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont sous la plus grande menace des effets du changement climatique, au risque d’anéantir les progrès en matière de développement qui avaient été réalisés ces dernières décennies.

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