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Dr Zohra Serri : Plus l’intervention est précoce, mieux sont les résultats

May Atta, Mercredi, 09 septembre 2020

A l’occasion de la Journée mondiale de la physiothérapie le 8 septembre, Dr Zohra Serri, professeure de physiothérapie à l’Université du Caire, revient sur l’importance de cette discipline et explique quelques-uns de ses multiples domaines d’intervention.

Dr Zohra Serri

Al-Ahram Hebdo : Le 8 septembre est une journée en l’honneur des kinésithérapeutes et physiothérapeutes du monde entier. Pouvez-vous nous présenter en deux mots cette discipline ?

Dr Zohra Serri : La physiothérapie est un traitement dont le premier objectif est l’allégement des douleurs et qui exclue tout usage de médicaments ou intervention chirurgicale. La physiothérapie concerne les personnes âgées, les patients qui souffrent de maladies cardio-thoraciques et neurologiques, les enfants souffrant de malformations néonatales, notamment au niveau des os, des muscles ou de la colonne vertébrale, ainsi que les patients post-AVC et tout individu ayant des troubles moteurs.

— Beaucoup de patients n’envisagent pas la chirurgie comme première option, particulièrement pour les problèmes liés au dos et aux genoux, et préfèrent donner une chance à la physiothérapie. Qu’en pensez-vous ?

— Tout à fait. Même les médecins, si le cas ne nécessite pas d’intervention chirurgicale immédiate, conseillent leurs patients d’essayer la physiothérapie, c’est le cas pour certains patients ayant des maux de dos ou une arthrose du genou. Souvent l’état du patient s’améliore et il n’a pas besoin de chirurgie, mais ce n’est pas toujours le cas.

— Vous avez mentionné plus haut les patients post-AVC. Dans quelle mesure la physiothérapie peut-elle permettre à ces patients de retrouver leur fonction physique ?

— Les interventions physiothérapeutiques après un accident vasculaire cérébral ont connu de grands progrès au cours de cette dernière décennie. Pour obtenir de meilleurs résultats, il faut que l’intervention soit précoce et bien adaptée au patient. Malheureusement, beaucoup d’hôpitaux n’entament pas la physiothérapie une fois que le patient est sorti du coma. Or, certaines études recommandent une séance quotidienne d’au moins 45 minutes. Il faut aussi prendre en compte le côté psychologique, parce qu’un patient optimiste et motivé a plus de chances d’obtenir de meilleurs résultats. C’est pourquoi l’accompagnement psychologique et les séances de physiothérapie vont souvent de paire.

— En quoi la physiothérapie en pédiatrie est-elle différente ?

— Chez les enfants, la physiothérapie intervient dans le cas d’un retard ou un trouble de développement moteur. Là encore, plus l’intervention intervient tôt, plus les résultats sont meilleurs. Ceci dit, si dans certains cas la physiothérapie ne garantit pas la guérison, elle permettra à l’enfant une certaine récupération motrice et une certaine autonomie dans les activités quotidiennes. Notons que la physiothérapie pédiatrique est une spécialité à part entière, étant donné les particularités anatomiques, physiologiques et psychologiques des enfants.

— Qu’en est-il de la pédiatrie gériatrique ?

— Les aînés de plus de 70 ans souffrent souvent de difficultés motrices. Les problèmes des jambes, des genoux et de la colonne vertébrale sont fréquents à cet âge. Pour les personnes âgées, la physiothérapie a également pour objectif d’améliorer la santé cardiaque et respiratoire. Outre les exercices, le physiothérapeute encourage les patients seniors à suivre une diète pour éviter un surplus de poids.

— Pourtant, les médecins ne sont pas toujours unanimes à recommander une physiothérapie …

— Dans certains cas, surtout suite à des chirurgies orthopédiques et de la colonne vertébrale, l’intervention d’un physiothérapeute incompétent peut provoquer un handicap chez le patient. Malheureusement, les centres de kinésithérapie en Egypte échappent largement à toute forme de contrôle. Là-bas, on n’a pas à faire qu’avec des physiothérapeutes, on y trouve des diplômés des facultés d’éducation physique, ou même des jeunes praticiens formés sur le tas. Il y a aussi le côté financier, sachant que la physiothérapie n’est la plupart du temps pas couverte par l’assurance santé. Pour toutes ces raisons, certains médecins sont réticents à recommander une physiothérapie.

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