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PDG d'Orange: « Notre objectif est de ne pas sacrifier nos investissements »

Propos recueillis par Gilane Magdi, Mardi, 13 novembre 2012

Stephane Richard, PDG du groupe français Orange, prévoit le retour de sa filiale égyptienne Mobinil à la rentabilité en 2013 et assure de la nécessité d’innover dans les services.

Stephane Richard
Stephane Richard

Al-Ahram Hebdo : Après 4 ans de litige, Mobinil est enfin détenue par Orange. Quel sera votre plan pour renforcer la position de la filiale égyptienne ?

Stephane Richard : On a un plan sur tous les leviers non seulement pour être compétitif, mais aussi pour monter en grade sur les tarifs et l’abonnement. Mobinil a évidemment l’ambition de gagner plus de parts du marché l’année prochaine. Pour réaliser cet objectif, des investissements de 2 milliards de L.E. seront injectés l’année prochaine, consacrés à l’amélioration des réseaux et au développement des services proposés aux clients. Mais la filiale égyptienne a vraiment besoin d’introduire de nouveaux services sur le marché pour qu’elle puisse retrouver ses profits. C’est pourquoi nous travaillons sur l’introduction des services de « mobile banking », qui sera sans doute nouveau pour nos clients. Il faut se déplacer du modèle de business traditionnel basé sur les revenus provenant des services vocaux à un autre basé sur la voix et les données. C’est le rôle d’Orange, capable à inventer ce modèle économique des services.

Mais Mobinil n’a cessé, au cours des 2 dernières années, d’accumuler des pertes, atteignant 93 millions de L.E. lors des 9 premiers mois de 2012. Comment faire revenir les profits ?

— Ces pertes sont des pertes comptables et non pas opérationnelles. La réalisation des pertes l’année dernière ne signifie pas une mauvaise situation pour Mobinil. Malgré ces pertes, le « cash flow » est positif, ce qui signifie qu’on peut injecter des investissements dans le groupe. C’est vrai que Mobinil est passée par des conditions très difficiles en 2011, dont certaines liées à la situation économique en Egypte et d’autres liées à Mobinil elle-même. A mon arrivée au sein du groupe français il y a 3 ans, j’étais vraiment perturbé avec la présence de Naguib Sawirès à la tête de Mobinil en me demandant qui est le propriétaire réel de Mobinil. Aujourd’hui, l’image est devenue plus claire et Mobinil est devenue une part d’Orange.

Orange opère aujourd’hui dans un contexte économique français très difficile. Quel sera l’impact sur le plan des investissements du groupe en France et dans les autres pays ?

— C’est vrai que nous souffrons de la mauvaise situation économique en France, mais l’impact de l’entrée d’un nouvel opérateur de portable est plus grave. Toutefois, ces conditions n’ont pas affecté le montant d’investissement du groupe qui s’élève à 6 milliards d’euros (soit 7,6 milliards de dollars) annuellement. Un montant qui serait augmenté l’année prochaine. Notre objectif est de ne pas sacrifier nos investissements, même dans les périodes très difficiles. En mai 2012, Orange a injecté 2 milliards de dollars dans les banques égyptiennes pour acheter les 15 % des actionnaires de Mobinil.

— L’Organisme régulateur des télécommunications (NTRA) va lancer une licence unique pour tous les opérateurs sur le marché. Comment allez-vous en profiter ?

— Cette licence signifie que tous les opérateurs possèdent les mêmes droits. Je suis sûr que le ministère des Télécommunications et l’Organisme régulateur vont prendre toutes les mesures nécessaires pour clarifier cette affaire. Mais je pense que le marché ne supportera pas un 4e opérateur de portable, que cela soit l’opérateur gouvernemental de téléphone fixe Telecom Egypt ou une autre société. Et ce, car il n’y a pas de croissance dans le secteur des télécommunications, et le nouvel entrant serait incapable de gagner une grande part du marché des autres opérateurs présents. Donc, il n’y aura pas de justification économique pour faire entrer un nouvel opérateur .

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