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L’austérité est de mise

Marwa Hussein, Mardi, 08 juillet 2014

L'Egypte recourt à des mesures d'austérité pour régler le déficit budgétaire et réduire la dette. Une hausse des impôts et une baisse des subventions s'annoncent au premier jour de l'année fiscale.

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L'objectif principal des décisions serait de trouver le financement nécessaire pour accroître les dépenses sociales sur la santé et l'éducation.

Une série de décisions et d’amendements législatifs a été annoncée au cours des premiers jours de l’année fiscale 2014-15, qui commence mal pour beaucoup d’Egyptiens.

D’une part, ils seront contraints à payer plus de taxes et, d’autre part, les prix du carburant, de l’électricité et du gaz naturel vont augmenter en raison d’une réduction considérable des subventions. L’objectif du gouvernement est de ramener le déficit budgétaire à 10% du PIB alors qu’il était prévu atteindre 12% dans une version non dévoilée du budget. La dette doit être ramenée à 90 % du PIB contre 93,6% prévu pour l’exercice passé.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi, qui a des pouvoirs législatifs temporaires jusqu’à l’élection d’un nouveau Parlement, avait refusé ce budget et celui-ci n’a été rendu public que la veille de son entrée en vigueur. « Parfois prendre les décisions d’un coup peut s’avérer moins coûteux que de les prendre au fur et à mesure », estime Khaled Zakaria, chercheur invité à la Robert Wagner School of Public Service, de l’Université de New York, et professeur adjoint à l’Université du Caire.

Les mesures prises auront pour conséquence une régression des dépenses par rapport au PIB. Celles-ci se limiteront à 32,8% contre 36,5% en 2013-14. « Comparé à la première version du budget qui a été rejetée, ce budget va amener les Egyptiens à se serrer la ceinture même en ce qui concerne la santé et l’éducation, déjà sous-financées », dit Héba Khalil, économiste auprès de Centre égyptien des droits économiques et sociaux. Khaled Zakaria note, pour sa part, que les dépenses réelles vont régresser, vu que leur hausse, par rapport à l’année passée, est de seulement 6 %, soit inférieur au taux d’inflation.

Le gouvernement de sa part a déclaré que l'objectif principal de ces décisions serait de trouver le financement nécessaire pour accroître les dépenses sociales sur la santé et l'éducation qui ont connu une hausse de 22 milliards de L.E. cette année. « Le problème est que le gouvernement table plus sur une baisse des dépenses qu’une hausse des revenus », dit Héba Khalil. Elle propose une révision du service de la dette qui accapare environ 25 % des dépenses publiques.

« Certaines dettes peuvent être révisées vu qu’elles ont été conclues par un régime accusé de corruption mais, malheureusement, le gouvernement ne veut pas toucher à cette question », dit Héba Khalil. Zakaria, pour sa part, estime que le gouvernement peut avoir recours à un rééchelonnement de sa dette extérieure si plus d’économies s’avèrent nécessaires. « Les mesures entreprises vont faciliter un rééchelonnement de la dette avec des créanciers comme le Club de Paris », estime Zakaria.

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