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La voiture électrique attend son heure

Gilane Magdi , Mercredi, 15 mai 2024

Le marché des voitures électriques en Egypte progresse lentement.

La voiture électrique attend son heure
Une législation obligeant les garages et centres commerciaux à installer des bornes de recharge est nécessaire pour encourager les ventes de voitures électriques.

De nombreux propriétaires d’automobiles fonctionnant à l’essence optent désormais pour l’achat de voitures électriques, afin de réduire les dépenses de maintenance et de carburant, en raison de la hausse des prix des carburants et des véhicules au cours des deux dernières années. « L’idée d’acheter une voiture électrique était loin de moi dans le passé, mais l’augmentation significative des prix des nouvelles voitures et des coûts de maintenance ordinaires au cours des deux dernières années m’ont incité à acheter ma voiture électrique fin 2021. C’était vraiment un bon choix », explique Essam Badawi à l’Hebdo. Il souligne qu’il avait acheté sa voiture électrique de marque Volkswagen ID4 à 770 000 L.E., alors qu’une voiture d’occasion BMW aurait coûté 1,3 million de L.E. Depuis l’achat de sa voiture électrique, il économise d’importantes sommes dépensées précédemment en maintenance et en carburant. Il recharge sa voiture électrique chaque nuit avec le câble de recharge et le chargeur d’urgence fournis avec la voiture à l’achat.

Au cours des trois dernières années, le gouvernement a multiplié les efforts pour développer l’industrie des véhicules électriques et encourager le secteur privé à investir dans ce domaine. Des incitations ont été accordées aux usines produisant des voitures respectueuses de l’environnement, ainsi qu’aux consommateurs utilisant ces véhicules. Parmi les incitations figure l’exonération des droits de douane pour les véhicules électriques importés de moins de trois ans.

Ossama Aboul-Magd, président de l’Association des commerçants de l’automobile et membre de l’Union des Chambres de commerce, a indiqué à l’Hebdo qu’une tendance à l’achat de voitures électriques s’est manifestée au cours des six derniers mois en Egypte. Cependant, la demande reste faible en comparaison avec d’autres pays arabes, tels que la Jordanie et le Maroc. « 100 voitures seulement ont été enregistrées chaque mois dans les unités de la circulation routière. Bien qu’il y ait une demande d’achat de voitures électriques, elle reste faible en comparaison avec d’autres pays arabes tels que la Jordanie et le Maroc », souligne-t-il.

Selon le rapport mensuel publié en avril par l’Association égyptienne pour l’assurance des véhicules (ECIP) en collaboration avec la Fondation Al-Ahram, le nombre de véhicules électriques assurés et enregistrés dans les unités de circulation routière de juillet 2021 à avril 2024 a atteint 6 310, dont 5 152 voitures privées. Le nombre mensuel de voitures électriques assurées était de 406 en mars et de 326 en avril 2024, des chiffres jugés modestes comparés à d’autres pays de la région comme la Jordanie, dont le total des ventes de voitures électriques a atteint 23 000 unités en 2023 contre 16 000 en 2022, d’après la chaîne de télévision Al-Arabiya (voir encadré).

Hany Amer, analyste du secteur automobile chez Arab African International Securities, attribue la faible demande sur les voitures électriques en Egypte à deux causes principales : la hausse des prix des grandes marques et l’insuffisance de l’infrastructure de recharge. Les prix ont fortement augmenté ces dernières années en raison de la flambée du dollar et des contraintes bancaires sur l’importation des automobiles. Les prix des voitures électriques varient actuellement entre 1,2 million et 10 millions de L.E. selon les marques. « Sous l’effet de la hausse des prix du dollar, le constructeur automobile Ghabbour nous a informés que les ventes des voitures électriques étaient égales à zéro en 2023 et 2024, et qu’il avait vendu une seule voiture en 2022 », explique Amer, qui prévoit la baisse des prix avec la réouverture des importations non stratégiques par la Banque Centrale, dont les voitures.

Concernant l’infrastructure, l’Egypte souffre d’un manque de stations de recharge pour les voitures électriques. « Le gouvernement avait prévu la création de 3 000 stations de recharge il y a trois ans. Seules 500 sont actuellement opérationnelles. Ce nombre est trop faible, car l’insuffisance des stations de recharge est un grand obstacle pour l’expansion des voitures électriques en Egypte », explique une source dans le secteur automobile ayant requis l’anonymat. Pour surmonter cet obstacle, Aboul-Magd insiste sur l’importance de la promulgation d’une législation interdisant l’octroi de licences aux garages, centres commerciaux et restaurants sans l’installation des bornes de recharge pour voitures électriques. « La Jordanie avait promulgué une législation similaire interdisant l’octroi de licences aux cafés et restaurants sans bornes de recharge électrique. Cette législation a permis l’augmentation du nombre de bornes de recharge électrique et de voitures électriques dans le pays », conclut-il.

 40 millions de véhicules électriques vendus dans le monde

L’Agence internationale de l’énergie a révélé dans son dernier rapport sur les voitures électriques dans le monde, publié en avril, que le total des ventes de ces véhicules a atteint 40 millions d’unités en 2023. « Les ventes de voitures électriques ont été supérieures de 3,5 millions à celles de 2022 (soit une augmentation de 35 %). Même si les ventes de véhicules ont connu une telle croissance, elles restent fortement concentrées sur quelques marchés majeurs tels que la Chine, les Etats-Unis et l’Europe », note le rapport, qui indique qu’un peu moins de 60 % des nouvelles immatriculations de voitures électriques ont eu lieu en Chine, 25 % en Europe et 10 % aux Etats-Unis.

Les ventes de voitures électriques sont restées fortes au premier trimestre 2024, dépassant celles de la même période en 2023 d’environ 25 % pour atteindre plus de 3 millions d’unités. Le rapport a indiqué que dans la région du Moyen-Orient, la Jordanie possède la part de ventes de voitures électriques la plus élevée, à plus de 45 % du total des ventes, soutenue par la baisse des douanes sur l’importation des voitures électriques de 25 % à 10 % , suivie par les Emirats arabes unis, avec 13 %.

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