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Investissements : le Golfe revient en force

Dahlia Réda, Mardi, 10 décembre 2013

Plus de 1 500 investisseurs des pays du Golfe étaient au Caire pour assister à un forum économique. De nouveaux partenariats pourraient voir le jour.

Investissements : le Golfe revient en force
Le premier ministre, Hazem Al-Beblawy, lors du forum Egypte-Golfe. (Photo:Mohamad Abdo)

Un partenariat stratégique, plus qu’une intégration économique », tel était le slogan du Forum Egypte-Golfe, tenu les 4 et 5 décembre dernier au Caire. Cet événement d’une importance majeure a regroupé plus de 1 500 investisseurs du Golfe, en quête de nouveaux partenariats en Egypte.

Une opportunité à ne pas rater, après trois ans d’instabilité et de fuite des investissements étrangers directs. Le gouvernement, au complet, a assisté à la conférence. Une liste de 60 projets a été proposée aux investisseurs. En tête de liste, le développement de l’axe du Canal de Suez et le développement en trois phases de la région du nord-ouest du golfe de Suez.

Puis viennent cinq projets dans le domaine de l’électricité, 4 dans le secteur pétrolier, 20 dans le secteur des transports, 29 dans les infrastructures, les ports et les chemins de fer, ainsi que plusieurs projets de réhabilitation de sols.

En plus est proposé le développement de deux nouvelles zones industrielles sur une superficie de 30 feddans : la première à Banha et la seconde, la Cité du Caire, sur le périphérique à proximité de l’aéroport du Caire.

Les pays arabes, notamment l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, sont perçus comme une bouée de sauvetage par l’Egypte, surtout depuis le 30 juin. Ces pays ont déjà versé des aides d’un montant total de 12 milliards de dollars, en plus des aides en nature, principalement pétrolières.

Les Emirats arabes unis ont aussi promis une aide supplémentaire d’environ 5 milliards de dollars. Ces sommes, comme l’a mentionné le ministre des Finances, Ahmad Galal, ont pu compenser l’aide non allouée du Fonds monétaire international de 4,8 milliards de dollars.

Désormais, l’urgence est à la relance de l’économie. Le Golfe souhaite proposer un partenariat économique à l’Egypte, pour poursuivre son rôle de soutien de son partenaire stratégique. Intéressés par un grand nombre de projets, les pays du Golfe ont rejeté la balle au gouvernement égyptien.

Et c’est ainsi que tous les responsables du gouvernement se sont pressés dans les différentes salles de la conférence pendant deux jours. Le ministre égyptien de l’Investissement, Ossama Saleh, a insisté à maintes reprises sur le fait que le gouvernement tendait à résoudre les problèmes entravant l’investissement sur le marché égyptien. Il s’agit de trois modifications principales : l’octroi des terrains aux investisseurs étrangers conformément au système de l’allocation directe, la facilitation d’octroi des licences et la disponibilité de l’infrastructure.

« Pour faciliter les procédures, le gouvernement égyptien modifiera la loi sur l’investissement en unifiant la source de l’octroi des licences des différents projets qui ne devraient plus dépendre que du ministère de l’Investissement », souligne le ministre.

Il ajoute que, depuis l’arrivée du cabinet de Beblawy, le gouvernement se concentre sur le dossier du règlement des différends économiques avec les investisseurs étrangers ayant été condamnés, ou toujours en procès pour fraude, après la révolution du 25 janvier. « Nous avons déjà réglé 19 cas de différends et il ne manque que quelques autres cas à régler. Cela se fera très prochainement », assure Ossama Saleh.

Fin de l’instabilité ?

Economie

L’instabilité politique, problème majeur à une reprise de l’économie, serait elle aussi en passe de prendre fin. Selon Ziad Bahaeddine, vice-premier ministre et ministre de la Coopération internationale, « nous avons réussi au cours des six mois derniers à améliorer les déficiences présentes durant le régime des Frères musulmans. Mais les indices économiques sont encore en déclin. Il est donc indispensable d’ouvrir de nouveaux horizons de coopération pour une reprise rapide ».

Le système de législations défaillant, l’absence de vision stratégique et l’instabilité politique continuent pourtant d’inquiéter les investisseurs du Golfe. Dans ce contexte, Abdel-Aziz Al-Owisheq, secrétaire général des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), insiste sur le fait que, pour booster les investissements étrangers directs, « le gouvernement égyptien doit prendre en considération nos craintes, en ce qui concerne la contradiction des législations et la longueur des procédures pour créer une entreprise. La protection des investisseurs est une obligation ».

Pour sa part, Ahmad Galal, ministre des Finances, étale une série positive d’indices politiques. Le ministère a dû notamment rembourser 1,7 milliard de dollars à l’Organisme du pétrole pour dédommager certaines compagnies internationales. Mais l’optimisme reste prudent. Bien que les indices économiques de ces trois dernières années soient faibles, « il existe une lueur d’espoir en ce qui concerne l’élaboration de la Constitution, l’amélioration de la performance de la Bourse égyptienne, qui a beaucoup évolué ces deux derniers mois, ainsi que la reprise de plusieurs activités économiques qui étaient stagnantes sous Morsi », note Al-Owisheq.

Mohamed Al-Abbar, PDG de la société d’immobilier Emaar, confirme que « les investissements d’Emaar ont évolué durant les sept dernières années pour augmenter de plus de 700 %. Nous n’aurions pu réaliser un tel chiffre dans un autre marché que l’Egypte », soulignant que le potentiel du marché égyptien provient principalement du volume de sa population et d’une demande continue, même dans les périodes les plus critiques. Reste à profiter de ces avantages.

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