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Région MENA : miser sur la résilience

Amani Gamal El Din , Mercredi, 24 janvier 2024

Le Forum Economique Mondial (FEM), réuni à Davos du 15 au 19 janvier, a été dominé par les développements géopolitiques et les progrès de l’intelligence artificielle. Les économies du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont affectées par les crises et les conflits régionaux.

Région MENA : miser sur la résilience

Le rapport du Forum Economique Mondial (FEM), Chief Economists Outlook, a prévu pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (région MENA) des perspectives de croissance légèrement affaiblies, reflétant une incertitude causée par la guerre à Gaza, la faiblesse de la demande sur le pétrole et une forte contraction du tourisme. Les panels sur la région MENA ont souligné que les politiques publiques doivent miser sur la durabilité et la résilience. Lors d’une rencontre avec la chaîne Al Arabiya Business, le ministre saoudien des Finances, Mohamed Al Jeddan, a déclaré qu’il ne faut pas avoir un optimisme exagéré sur les politiques d’assouplissement monétaires qui seront prochainement appliquées pour les économies de la région MENA, qui se trouvent sous la pression de la volatilité à cause de la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales et du commerce à la suite des secousses en mer Rouge. Sur le court terme, le ministre estime que « les politiques publiques des pays de la région MENA doivent augmenter leur capacité à absorber les chocs. Bien que chacun ait sa prescription, ces pays doivent réduire leurs dépenses aux dépens des investissements dans la technologie, l’énergie propre, l’intelligence artificielle, ainsi que les ressources humaines ». Il explique qu’en Arabie saoudite en 2022, par exemple, il y avait une grande masse monétaire, ce qui prévoyait une grande hausse de l’inflation. Le Royaume a pris des mesures proactives en mettant un plafond aux prix de l’énergie, ce qui a contrôlé l’inflation. « Nous avons également établi un cadre solide de sécurité sociale qui a aidé à contrecarrer les effets inflationnistes ; le taux d’inflation n’a pas dépassé 4 % au premier trimestre de 2024. Elle est en dessous de 2 % », a-t-il expliqué.

En vue de réaliser la durabilité des économies de la région sur le long terme, Al Jeddan a parlé de la nécessité d’injecter des investissements colossaux dans les causes relatives au changement climatique et aux émissions zéro carbone, ainsi qu’à l’intelligence artificielle qui a été largement recommandée et qui a été le grand pari pendant les journées du FEM, mais qui doit être régulée au service du progrès humain, comme l’a prôné le premier ministre chinois, Li Qiang.

Lors d’un panel intitulé « Comment réaliser l’agenda de la durabilité dans la région MENA », les intervenants ont parlé de la nécessité de diversifier son portefeuille énergétique de façon à devenir non seulement une exportatrice de pétrole, mais également d’énergies propres, à l’heure où elle détient 52 % des réserves de pétrole et de carburant.

Le directeur de la l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, qui faisait partie du panel, a mis l’accent sur la nécessité pour la région d’introduire, dans son mix énergétique 2050, l’énergie nucléaire et a évoqué le rôle de l’Egypte à cet égard. « L’un des outils à promouvoir pour parvenir au mix est l’économie circulaire. Nous recyclons le carbone et nous réutilisons ensuite tous les stocks. Les Etats doivent comprendre qu’ils doivent valoriser tous leurs actifs depuis l’arbre, les animaux, jusqu’aux ressources minérales, etc. », a déclaré Al Jubbair. Le deuxième outil évoqué par les intervenants était les petites stations nucléaires qui produisent des quantités moyennes d’énergies propres. Cependant, le problème se pose pour les pays de la région à moyen et faible revenu qui ont du mal à trouver les financements nécessaires, d’autant que 1,3 trillion de dollars doivent être assurés annuellement pour combler la lacune de financement pour les objectifs climatiques.

 Les atouts et les faiblesses de l’économie égyptienne

 L’egyptian center for economic studies (ECES), l’unique partenaire de recherche du Forum Economique Mondial (FEM), a publié le 18 janvier un communiqué de presse analysant la compétitivité de l’économie égyptienne en se basant sur les données du FEM. L’évaluation de la croissance égyptienne a été calculée selon quatre piliers : l’innovation, l’inclusion, la durabilité et la flexibilité.

Sur cette base, l’Egypte s’est classée parmi les pays à revenu moyen dans la tranche inférieure du rapport, avec 36,8 sur 100 dans le pilier de l’innovation, 44,8 dans celui de l’inclusion, 51,3 dans la durabilité et 45,8 au sujet de la résilience. Selon l’analyse du ECES, le faible score en matière d’innovation s’explique par un manque d’investissements dans la recherche, le développement, les brevets et l’exportation des services avancés. Le ECES constate qu’il y a un manque d’attention au développement des clusters et une absence de vision à long terme. Cependant, l’Egypte compte deux atouts : une faible contribution par habitant aux émissions de gaz à effet de serre et des investissements accrus dans les énergies renouvelables.

Concernant le marché du travail, le classement du pays a été affecté par le faible nombre de travailleurs dans le secteur de la santé par habitant et l’absence de formation au milieu de la carrière.

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