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En quête des meilleurs investissements

Amani Gamal El Din , Mercredi, 03 janvier 2024

A l’approche de l’échéance en janvier des certificats de dépôt au taux d’intérêt élevé de 25 %, les ménages égyptiens sont à la recherche de placements au haut rendement pour leur argent. Guide.

En quête des meilleurs investissements
Les spécialistes estiment nécessaire de proposer de nouvelles opportunités d’investissement en Bourse.

Quels sont les outils d’investissement propices pour les ménages égyptiens en 2024 ? A l’heure où la monnaie égyptienne a perdu plus de la moitié de sa valeur, en raison de dépréciations successives et d’une inflation galopante, les ménages se demandent quels sont les meilleurs placements à l’approche de l’échéance en janvier des certificats de dépôt du taux d’intérêt de 25 % qui ont été émis au début de 2023 par les deux banques publiques, la Banque nationale d’Egypte (NBE) et la Banque Misr. Une incertitude plane sur le lancement de nouveaux certificats de dépôt à des taux d’intérêts élevés, à la lumière de l’assouplissement des politiques monétaires et du maintien des taux d’intérêts directeurs par la Banque Centrale d’Egypte (BCE). « La liquidité qui se trouvera sur le marché après l’échéance des certificats de dépôt va amener sur le devant de la scène les discussions sur les canaux d’investissement procurant un haut rendement, et surtout chez les ménages aux revenus moyens et limités. L’investissement dans les certificats de dépôt bancaires, quoique sûr, n’est plus attractif pour les Egyptiens qui recourent aujourd’hui à d’autres outils pour garder la valeur de la monnaie », explique Hicham Hamdi, analyste auprès de la banque d’investissement Al-Naeem Holding.

En effet, les analystes étaient tous unanimes à dire que les outils d’investissement les plus en vue sont l’or, l’immobilier et la Bourse. « L’or demeure roi, car assurant un gain de capital rapide. Celui qui a acheté le mois dernier le gramme d’or, carat 21, à 2 500 L.E. peut le vendre aujourd’hui à 3 300 L.E. Les perspectives pour 2024 favorisent une hausse des prix de l’or. En Egypte, il s’agit d’un moyen sécurisé d’investissement pour garder la valeur de la monnaie, surtout pour ceux qui craignent la Bourse et la trouvent risquée, ou ceux qui n’ont pas les moyens d’investir dans l’immobilier », explique Hamdi.

L’analyste reprend que la deuxième option sera l’immobilier ou les actions en Bourse. Avis partagé par Hani Tawfik, expert économique, qui estime que l’immobilier est également un choix important sur le long terme, mais il est destiné à une certaine catégorie, 15 à 20 % de la population. « Celui qui la choisit doit avoir un surplus de liquidité et doit comprendre qu’il ne récoltera pas les rendements immédiatement », ajoute-t-il.

Hanan Ramsès, experte des marchés financiers, ajoute que le dollar sera un 4e débouché pour les Egyptiens. Selon elle, la spéculation sur le dollar continuera tant qu’il y a des liquidités en livre égyptienne sur le marché. C’est inquiétant, sauf si l’Etat arrive à augmenter les réserves en devises étrangères et les échanges avec les partenaires en monnaie locale, quitte à ne pas avoir besoin de recourir au flottement de la livre.

Les avantages de la Bourse

Cependant, le grand gagnant sera l’investissement dans les actions boursières. Hamdi note que les investisseurs peuvent se diriger vers les actions des compagnies qui exportent et donc qui ont un rendement en dollars ou qui révisent les prix de leurs produits en fonction de la hausse du dollar, comme les compagnies de l’agroalimentaire Juhayna, Obourland, ou les entreprises de pétrochimies et des engrais.

Ramsès estime que l’investissement en Bourse est plus attractif pour les jeunes entre 20 et 35 ans qui ne craignent plus le risque. « 20 % des personnes nouvellement enregistrées en Bourse sont des jeunes. Pour eux, les secteurs les plus attractifs sont les services financiers non bancaires, les services électroniques de paiement fintech. Ils comprennent très bien ces secteurs prometteurs comme Fawry, efinance et B Investment », explique-t-elle, en ajoutant qu’il est important de proposer de nouvelles alternatives et solutions à ces nouveaux abonnés à la Bourse, d’autant que celle-ci a introduit des amendements sur son statut interne pour répondre aux besoins d’une clientèle plus large et plus diversifiée (voir entretien), comme les offres publiques.

Elle estime qu’il faut lier le citoyen à la Bourse et sensibiliser les jeunes sur l’offre publique en leur donnant l’exemple du capital du géant pétrolier saoudien Aramco à laquelle participent tous les segments d’âge. « On peut faire de même avec la société de la Nouvelle Capitale administrative qui va lancer en Bourse 10 % de son capital en 2024. Il faut qu’un quota de la Bourse soit destiné aux jeunes pour les encourager à souscrire et leur inculquer la notion d’investissement et activer en même temps la Bourse », clarifie l’experte.

Une autre innovation peut être introduite, d’après l’experte, à savoir la création de fonds d’investissement immobilier à l’instar des fonds Reits créés au Koweït et en Arabie saoudite. Ces fonds immobiliers générateurs de revenus détiennent et gèrent des actifs immobiliers. « Ces fonds s’adressent aux investisseurs disposant d’un capital limité et ceux intéressés par des revenus réguliers dans l’investissement immobilier », conclut-elle.

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