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Impact limité sur la production d’engrais

Gilane Magdi , Jeudi, 10 août 2023

L’effet de la baisse des approvisionnements gaziers aux entreprises d’engrais azotés reste faible en raison de l’existence de stocks.

Impact limité sur la production d’engrais
La demande mondiale sur les engrais recule pendant les mois d’été. Elle devrait reprendre à l’automne.

L’impact de la réduction des quantités de gaz allouées aux entreprises d’engrais est encore limité. La semaine dernière, les entreprises d’engrais cotées en Bourse ont envoyé à la Bourse égyptienne plusieurs communiqués clarifiant cet impact sur leur production. Alors qu’une seule entreprise a souligné qu’elle était touchée par la décision, les autres ont convenu qu’il n’y avait aucun impact sur leur production. « La réduction de gaz entraînait une diminution de la production d’ammoniac de 20 %. Mais la présence d’une quantité du produit ammoniac dans le réservoir nous a permis de maintenir la production de produits finaux (urée et nitrates) jusqu’à présent », explique le communiqué de presse envoyé par la société chimique publique pour les engrais Kima (producteur d’engrais azotés) à la Bourse égyptienne et publié le 3 août sur le site Mubasher.

En revanche, trois autres entreprises (Abu Qir Fertilizer Company, Engrais Misr (Egyfert) et Misr Fertilizers Production « MOPCO ») ont nié un tel impact. « La quantité de gaz naturel alimentant les usines a été réduite de 10 %, et cette réduction a été absorbée par la rationalisation de la consommation », a noté le communiqué de presse envoyé par la société Abu Qir à la Bourse égyptienne. L’entreprise a expliqué que sa politique opérationnelle est basée sur « l’existence d’un stock d’ammoniac liquide en vue de le réutiliser pour produire des engrais en cas de réduction ou d’interruption du gaz naturel ».

Avec le déclenchement de la canicule au niveau national et mondial dès le 17 juillet, le gouvernement avait mis les bouchées doubles pour réduire la consommation de l’électricité en adoptant un plan d’allègement des charges thermiques dans les différents gouvernorats. De même, il s’est engagé à arrêter les exportations de gaz naturel et à réduire les approvisionnements gaziers de 10 à 20 % aux usines de production d’engrais qui comptent à 70 % sur le gaz pour la production des engrais azotés. L’objectif est de diriger les quantités de gaz réduites pour répondre à l’augmentation de la consommation dans les centrales électriques. « La décision de réduire l’approvisionnement du gaz aux entreprises d’engrais est venue à un moment important et crucial pour le gouvernement, étant donné que la demande sur les engrais recule pendant les mois d’été chaque année. A partir de septembre, le pompage va reprendre ses niveaux ordinaires », note à l’Hebdo une source au ministère du Pétrole ayant requis l’anonymat, niant l’existence d’un problème de production de gaz naturel au gisement offshore de Zohr. La source a noté que la production quotidienne de gaz atteint actuellement 6,3 millions de m3. D’après le ministère du Pétrole, les exportations de gaz naturel et liquéfié ont augmenté de 154 %, pour atteindre 9,9 milliards de dollars en 2022 contre 3,9 milliards en 2021. Le ministre du Pétrole, Tarek El-Molla a, pour sa part, indiqué, lors d’une interview à CNN le 19 juillet, que l’Egypte avait arrêté l’exportation de gaz en juillet et ne la reprendra pas avant octobre prochain.

Quel impact sur les exportations ?

Au moment où l’impact reste limité sur la production actuelle des entreprises grâce à l’existence de stocks, les répercussions seront importantes sur les exportations des engrais. « Les sociétés d’engrais sont engagées à vendre 55 % de leur production au gouvernement à un prix subventionné (soit 4 500 L.E. la tonne) pour répondre aux besoins du marché local. Ces entreprises ne réalisent donc de profits que grâce aux exportations qui seront sans doute influencées par la réduction de l’approvisionnement du gaz », prévoit à l’Hebdo Nader Achraf, analyste du secteur d’engrais au sein de Naeem Holding.

Dans ce contexte, le chef de la Chambre des industries chimiques de la Fédération des industries égyptiennes, Chérif Al-Gabaly, a indiqué, dans une interview à la chaîne Al-Arabiya, que la décision s’adresse aux entreprises d’engrais azotés qui utilisent le gaz comme matière première dans leur industrie. Al-Gabaly, qui dirige la société Abu Zaabal Fertilizers and Chemicals, a expliqué que l’Egypte est un grand producteur d’engrais azotés, car les entreprises spécialisées dans ce domaine en Egypte exportent la moitié de leur production, tandis que la seconde moitié est allouée au marché local. « Notre production dépasse notre consommation. La demande mondiale d’engrais azotés n’est pas à son plus haut niveau, et donc l’Egypte pourrait passer cette période sans problème jusqu’à la mi-septembre », souligne-t-il.

Selon l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS), le montant des exportations d’engrais a augmenté de 50 % pour atteindre 3,3 milliards de dollars en 2022 contre 2,2 milliards de dollars en 2021.

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