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Un plan ambitieux

Gilane Magdi , Mercredi, 18 mai 2022

Le premier ministre a annoncé le plan du gouvernement pour faire face à la crise économique mondiale, dont l’accroissement de la participation du secteur privé et le développement de l’industrie.

Un plan ambitieux
Le premier ministre lors de la présentation du plan gouvernemental pour faire face à la crise mondiale.

« Le renforcement du rôle du secteur privé dans l’activité économique, le soutien et la localisation de l’industrie nationale, ainsi que la participation du secteur privé dans les actifs de l’Etat ». Ce sont les principaux axes du plan gouvernemental, annoncé le 15 mai par le premier ministre, Moustapha Madbouli, pour faire face à la crise économique mondiale. Le plan comprend aussi la réduction de la dette publique et du déficit budgétaire au cours des 4 prochaines années.

« Le gouvernement prévoit d’augmenter la part du secteur privé dans le total des investissements publics de 30 % actuellement à 65% au cours des trois prochaines années », prévoit le premier ministre en expliquant les mesures qui seront prises au cours de la prochaine période pour réaliser cet objectif, basées sur l’amélioration du climat des affaires, le lancement d’un paquet d’incitations diversifiées et l’ouverture des canaux de communication avec le secteur privé.

Concernant l’amélioration du climat des affaires, Madbouli a déclaré que le document des politiques prioritaires de l’Etat sera annoncé au cours du mois de mai. « Ce document détermine les activités et les secteurs dans lesquels l’Etat et ses institutions seront présents au cours des trois prochaines années de manière permanente tels que les secteurs stratégiques, en plus des secteurs où le gouvernement baissera sa participation. De même, le document déterminera les secteurs desquels l’Etat sortira complètement en laissant la place au secteur privé », a-t-il expliqué.

Le premier ministre a annoncé également le programme de partenariat avec le secteur privé dans les actifs de l’Etat d’un montant de 10 milliards de dollars annuellement sur 4 ans. « Nous visons à liquider des actifs d’une valeur de 40 milliards de dollars au cours des 4 prochaines années en les offrant au secteur privé, qu’il soit égyptien ou étranger, à travers leur introduction à la Bourse égyptienne. Pour les 10 milliards de cette année, nous avons déjà déterminé des actifs à liquider d’une valeur de 9 milliards de dollars ». Il a ajouté que les secteurs de ces actifs comprennent les énergies renouvelables, l’immobilier, le dessalement de l’eau de mer, les télécommunications, l’éducation et la banque.

Pour activer la Bourse égyptienne en attirant plus d’investissements nationaux et étrangers, Madbouli a déclaré que « les 7 plus grands ports du pays vont fusionner en une seule société, dans le but d’être introduite à la Bourse. La même mesure sera appliquée aux hôtels gouvernementaux », a dit Madbouli.

Des incitations à l’investissement

Au niveau des incitations offertes aux investisseurs, Madbouli a déclaré qu’un ensemble d’incitations diverses et nouvelles sera lancé dans certains secteurs tels que la santé et l’hydrogène vert. « Le gouvernement a signé des protocoles d’accord avec les plus grandes entreprises internationales, qui se sont engagées à injecter des investissements pouvant atteindre plus de 40 milliards de dollars d’ici 2030 », a-t-il dit, ajoutant que l’Etat a identifié les types de projets qui bénéficieront de nouvelles incitations supplémentaires au cours de la prochaine période.

De même, le premier ministre a indiqué que le gouvernement présentera au parlement une nouvelle loi qui exonérera les entités industrielles qui seront implantées dans les villes de quatrième génération des taxes pour une période de 3 à 5 ans. « Le gouvernement élargira aussi, au cours de la période à venir, la délivrance de la licence dorée (une licence d’approbation unique pour le projet, émise par le premier ministre) dans trois domaines, à savoir l’hydrogène vert, la fabrication de véhicules électriques et les infrastructures », selon le communiqué de presse publié par le Conseil des ministres.

Encourager la production nationale

Localiser les industries nationales est devenu une nécessité pour réduire la facture des importations. Madbouli a souligné que l’Etat vise actuellement à maximiser les exportations égyptiennes dans 9 secteurs de base liés à l’industrie tels que le textile, les produits en caoutchouc et en plastique, les produits alimentaires et électroniques. « Un plan a été élaboré pour que ces secteurs doublent leurs exportations pour atteindre 100 milliards de dollars d’exportations d’ici 4 ou 5 ans », a annoncé le premier ministre.

En même temps, 23% des importations égyptiennes, représentant plus de 20 milliards de dollars, étaient recensés dans six secteurs (industries chimiques, mécaniques, médicales et pharmaceutiques, textiles, alimentaires et cultures agricoles, des matériaux de construction et métallurgiques) pour leur donner des incitations. « Le propriétaire d’usine qui souhaite établir une nouvelle usine dans ces secteurs bénéficiera d’exonérations fiscales », a-t-il assuré.

Le premier ministre a également annoncé les objectifs gouvernementaux concernant la réduction de la dette et de déficit budgétaire au cours des 4 prochaines années. « Notre plan est de réduire le ratio de la dette-PIB de 86% actuellement à 75% en juin 2026 et d’allonger la durée de la dette, de sorte que la dette soit en moyenne d’au moins 5 ans (contre 3,6 actuellement). Nous prévoyons de réaliser un excédent primaire dans le budget de 2%, en 2025-2026, menant ainsi à réduire la dette », a-t-il conclu.

12,5 trillions de dollars

Les pertes estimées dans le PIB mondial jusqu’à 2024.

285 milliards de dollars

Le montant de la baisse dans le commerce et la production mondiale en raison de la crise.

75 %

C’est la part de la dette publique par rapport au PIB prévu par le gouvernement égyptien en juin 2026.

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