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Cap maintenu pour le plan de secours économique

Marwa Hussein et Salma Hussein, Mardi, 20 août 2013

Le gouvernement est déterminé à poursuivre son plan pour la relance de l’économie, bien que des experts estiment que la poursuite des violences et l’instauration de l’état d’urgence auront un effet néfaste sur la croissance.

Economie
La situation sécuritaire a affecté l'activité économique.Photo:Reuters

Dés Que les perspectives d’une stabilité politique s’améliorent, un regain de violence vient frapper le pays et provoque un ralentissement de la relance de l’activité économique. Aujourd’hui, un couvre-feu appliqué avec sévérité complique la situation, obligeant les entreprises et les commerces à écourter les journées de travail. Le gouvernement des Frères musulmans visait un taux de croissance entre 3,7 et 4 % au cours de l’année fiscale 2013/14 qui a commencé en juillet dernier. Un taux optimiste, voire exagéré selon plusieurs experts. Dix économistes interrogés par l’agence Reuters en avril dernier prévoyaient un taux de 3 %. A l’époque, une plus grande stabilité politique était en perspective. Au cours du premier semestre 2012/13, le taux de croissance a atteint 2,3 % contre 0,3 % au cours de la même période de l’année précédente. Mais depuis la semaine dernière, suite à l’évacuation par la force des sit-in pro-Morsi, la croissance est à nouveau en péril. « Si la situation ne se stabilise pas rapidement, le gouvernement devra réviser ses prévisions de croissance économique », estime Reham Mohsen, analyste économique. De son côté, le ministre des Finances tente d’apaiser les esprits.

« Le gouvernement actuel est chargé de gérer la période transitoire quelles que soient les difficultés », dit Ahmad Galal à l’Hebdo. Autrement dit, le plan de relance de l’économie égyptienne ne change pas. Le parcours élaboré repose sur deux piliers : la croissance de l’investissement public et la justice sociale. « Le défi est de réduire le déficit budgétaire. Je ne vois aucun autre moyen que d’avoir recours au financement étranger », ajoute-t-il. L’aide apportée par l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe estimée à 12 milliards de dollars permettra selon les économistes d’atténuer les conséquences néfastes des incidents mais non au point de les supprimer, surtout si la violence continue. Pour Ahmad Galal, « il ne faut pas injecter ces sommes dans des dépenses courantes », pour qui l’idéal serait qu’une partie de ces aides arrive sous forme d’investissements, qu’une autre vienne soutenir les réserves internationales en devises auprès de la Banque Centrale, tandis que le reste devrait profiter à des projets d’infrastructure (voir encadré).

Il justifie le choix des projets d’infrastructure en arguant que « le meilleur remède à la justice sociale c’est de relancer l’emploi ». Le déficit budgétaire pourrait cependant s’aggraver davantage si la croissance régresse. Une source au ministère des Finances qui a requis l’anonymat estime que le déficit réel dépasse 13 % en 2012/13, contre une prévision de 11,8 %. Initialement, le budget de l’année tablait sur un déficit de 7,6 %. Entre octobre-décembre 2012 (derniers chiffres officiels), les investissements étrangers directs ont atteint 193 millions de dollars alors qu’ils étaient négatifs au cours de la même période en 2011. Mais ils restent considérablement inférieurs aux taux enregistrés avant la révolution .

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