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Les pays exportateurs de pétrole durement affectés

Marwa Hussein, Mercredi, 21 octobre 2020

Tous les pays de la région du Moyen-Orient affichent des prévisions de croissance négatives. L’Egypte fait exception.

Le Fonds Monétaire International (FMI) a révisé à la hausse ses prévisions de croissance économique pour la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale pour 2020, qui restent cependant négatives. Les prévisions publiées en octobre affichaient un taux de croissance de -,1 % en 2020, contre des prévisions plus sombres de -4,7 % en juin. Cependant, pour 2021, les prévisions de croissance économique pour la région ont été revues à la baisse, passant de 3,3 % à seulement 3 %. Des différences sont à observer entre les pays de la région, notamment les pays exportateurs de pétrole et les pays importateurs. Le FMI prévoit une croissance de -6 % pour les premiers en 2020, contre une régression plus légère de -1,1 % pour les importateurs de pétrole. « Les pays exportateurs de pétrole ont été les plus durement touchés à la fois par la pandémie et la forte baisse de la demande et des prix du pétrole qui en a résulté », souligne le rapport du FMI sur les perspectives économiques du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Les cours du pétrole sont actuellement inférieures de 40 % à leurs niveaux pré-Covid-19. Ils étaient déjà en baisse en 2019.

Pour le groupe des pays exportateurs de pétrole, le taux de croissance le plus bas en 2020 est en Iraq avec -12,1 %, suivi par Oman qui devrait enregistrer une croissance négative de -10 %. La croissance des grands exportateurs de pétrole de la région, qui sont politiquement stables, devrait baisser considérablement comme au Koweït et en Arabie saoudite qui devraient plonger à 8,1 % et 6 % respectivement. Les Emirats arabes unis devraient afficher une croissance négative de -6 % en 2020. « Les pays exportateurs de pétrole de la région seront gravement affectés par la baisse des prix du pétrole qui devraient atteindre 41 dollars en 2021 et 46 dollars en 2022. Cette baisse affectera les revenus de ces pays mais aussi les plans d’investissement des entreprises multinationales dans la région », explique Mona Bédeir, économiste auprès de Prime. L’Egypte est le seul pays arabe qui devrait afficher une croissance positive en 2020. (voir principal page 7). Les prévisions de croissance pour les autres pays arabes importateurs de pétrole sont négatives. Le FMI prévoit une croissance de -7 % pour la Tunisie et le Maroc. Et la Jordanie affiche un taux de -5 %. « Les autres pays non exportateurs de pétrole afficheront des taux négatifs pour des raisons variées, certains ont connu des cas de Covid-19 beaucoup plus nombreux que l’Egypte comme la Jordanie. D’autres sont affectés par les conflits politiques comme en Libye », estime Mona Bédeir. Sous l’effet combiné du Covid-19 et de l’explosion de son port principal, le Liban devrait afficher le taux de croissance le plus bas dans la région avec -25 %. Le FMI n’a pas publié d’estimation de croissance pour le Liban en 2021, la situation étant très vague.

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