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Déficit budgétaire : Des progrès considérables

Marwa Hussein, Mardi, 14 mai 2019

L’Egypte a réduit son déficit budgétaire pour la période de juillet 2018 à mars 2019, tout en réalisant un excédent primaire. Des résultats meilleurs que prévus et rendus possibles grâce au programme de réforme économique.

Déficit budgétaire : Des progrès considérables
La baisse des subventions à l'énergie a permis de réduire les dépenses. (Photo : Reuters)

Le déficit budgétaire de l’Egypte a baissé à 5,3 % du PIB au cours des 9 premiers mois de l’année fiscale, qui se terminera en juin. C’est ce qu’a annoncé Mohamad Maït, le ministre des Finances. Ce chiffre a été de 6,2 % pour la même période de l’année précédente. L’Egypte a aussi réalisé un excédent primaire (solde avant paiement du service de la dette publique) de 35,5 milliards de L.E. (2,07 milliards de dollars) au cours des 9 premiers mois de l’exercice 2018-2019, soit 0,7 % du PIB, par rapport à un déficit primaire de 7 milliards de livres (0,2 % du PIB), au cours de la même période de l’année précédente. Le ministre a souligné l’amélioration considérable du déficit budgétaire au cours des dernières années, si on compare le déficit total de 9,4 % du PIB et le déficit primaire de 2,9 % du PIB pour la période juillet-mars 2015-2016 aux 5,3 % et 0,7 % réalisés au cours des 9 premiers mois de l’exercice fiscal actuel. « Réaliser un excédent primaire par rapport à un déficit est positif, mais le plus important est qu’il ne s’agit pas d’un excédent réalisé pour une raison exceptionnelle. Nous avons, en effet, réalisé un excédent tous les mois, à l’exception du mois de juillet, où il y a eu un équilibre », a remarqué Ahmad Kojak, vice-ministre des Finances et chargé des politiques financières.

Le ministre des Finances a rendu publics les principaux résultats du budget de l’Etat pour la période de juillet 2018 à mars 2019 lors d’une conférence de presse le 7 mai, soulignant l’amélioration réalisée par rapport à la même période de l’année précédente, voire par rapport aux prévisions initiales du budget. Ainsi, les revenus ont connu une hausse de 20 %, affichant 598 milliards de L.E., alors que les dépenses ont augmenté de seulement 18 %, pour se chiffrer à 873 milliards de L.E. Les revenus fiscaux ont, quant à eux, augmenté de 16 % au total. Les revenus de l’impôt sur le revenu ont augmenté de 20 %, ceux de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) de 18 % et ceux de l’impôt foncier de 71 %, tandis que les revenus douaniers ont grimpé de 18 %. « Malgré les chocs extérieurs, les résultats des neufs premiers mois de l’année sont meilleurs que les prévisions initiales du budget, calculées en mars 2018 », a déclaré Maït lors de la conférence de presse, faisant référence à la crise des marchés émergents qui a notamment affecté la Turquie et l’Argentine — deux pays qui ont vu leur monnaie locale subir une forte dévaluation —, à la hausse des taux d’intérêt sur le dollar américain, aux tensions économiques entre les Etats-Unis et la Chine et à la hausse des cours du pétrole.

Un taux de croissance à 5,6 %

« Nous avons légèrement dépassé l’objectif initial d’un excédent primaire de 35 milliards de L.E. Il était prévu que les subventions à l’énergie (sujettes à un plan de réduction graduel, ndlr) soient de 75 milliards de L.E., mais le ministre du Pétrole a annoncé qu’elles étaient de 60 milliards de L.E. seulement », a indiqué Maït, ajoutant que ces résultats ont été possibles grâce à la mise en oeuvre du programme de réforme économique. « Les réformes économiques entreprises n’ont pas été faciles pour la population, mais elles étaient indispensables pour redresser le budget. L’implémentation de programmes sociaux d’aide aux plus démunis, comme l’assurance sociale universelle, ainsi que la hausse des dépenses affectées à l’éducation, le projet de développement des 100 villages les plus pauvres et l’introduction de 100 000 familles dans le programme Dignité et solidarité vont reverser l’effet social négatif », a, par ailleurs, assuré Maït, tout en reconnaissant que le taux de pauvreté avait augmenté en conséquence des réformes économiques visant à réduire le déficit budgétaire.

Le taux de croissance économique a atteint 5,6 % au cours du troisième trimestre de l’exercice 2018-2019, contre 5,4 % au cours de la même période en 2017-2018. C’est ce qu’a déclaré la ministre de la Planification, Hala Al-Saïd, dans un communiqué publié le 8 mai. Elle a ajouté que le gouvernement visait un taux de 5,8 % pour le quatrième trimestre de l’année fiscale en cours.

Selon le budget 2019-2020, approuvé par le cabinet des ministres et actuellement en discussion au parlement, le gouvernement entend réduire la dette publique à 89 % du PIB, à dégager un excédent primaire de 2 % et à réduire le déficit budgétaire à 7,2 % du PIB, contre les 8,4 % prévus pour 2018-2019. Le gouvernement prévoit en outre une hausse des revenus de 14,7 % par rapport à l’exercice en cours, contre une hausse des dépenses de 10,5 %. Il table encore sur une augmentation des revenus fiscaux de 11,2 % par rapport à l’exercice en cours et sur une hausse de 25,9 % des autres revenus. Enfin, le gouvernement prévoit une baisse des subventions, soit une baisse des subventions à l’énergie de 37,5 % et de celles aux carburants de 42 %.

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