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La voiture électrique en route pour l’Egypte

Gilane Magdi et Amani Gamal El Din, Mardi, 11 décembre 2018

« L’investissement dans l’industrie des véhicules électriques en Egypte » a été le thème d’une session importante au sein de la conférence Egypt Automotive, qui s’est tenue le 4 décembre au Caire.

La voiture électrique en route pour l’Egypte
Le succès du marché des voitures électriques en Egypte dépend de la coopération entre le gouvernementet les investisseurs du secteur automobile (Photo:Mohamad Adel)

Des représentants des ministères de l’Electricité et de l’Environne­ment ainsi que des constructeurs automobiles internationaux opérant en Egypte ont présenté leurs plans d’investissement en Egypte et les défis qui entravent l’essor du véhicule élec­trique en Egypte. « Nous allons proposer nos premiers produits en 2020 en coopération avec les ministères de l’Electricité et de l’En­vironnement », a déclaré Karim Al-Naggar, PDG du groupe de commerce et d’investisse­ment Kayan Egypt, en ajoutant que l’activité de l’industrie de l’automobile va changer ces prochaines années en se concentrant sur les véhicules électriques. « Nous sommes passés du gasoil au pétrole et aujourd’hui à l’électri­cité. Volkswagen a une grande vision à ce propos », a expliqué Al-Naggar, avant de ren­chérir : « Nous voulons être la plus grande usine fabriquant des véhicules électriques dans le monde en 2030. Nous allons rempla­cer tous les modèles de nos véhicules par d’autres électriques ». Kayan Egypt et les constructeurs automobiles internationaux ont dessiné, lors de cette conférence, l’avenir de l’industrie des véhicules électriques en Egypte.

Le PDG du groupe Nissan Motors, Kohei Maeda, a souligné que la période à venir sera axée sur les voitures électriques, afin de réduire le taux de pollution en Egypte et dans le monde en général. « Il était difficile de continuer à compter sur des voitures roulant avec un carburant traditionnel coûteux et polluant. Le groupe a commencé à produire des voitures électriques depuis 9 ans et nous avons vendu 38 000 unités durant ces années dans le monde », a-t-il indiqué. Selon lui, le succès des expériences des voitures élec­triques de Nissan en Europe, au Japon et en Chine encourage à répéter l’expérience sur le marché égyptien.

Depuis le début de cette année, le gouverne­ment égyptien accorde une grande importance aux dossiers de la production locale des com­posants et de l’exportation dans le secteur automobile. En vue de réduire la consomma­tion de pétrole, le ministère des Finances a donné le feu vert aux sociétés automobiles en Egypte pour importer et assembler des véhi­cules électriques. En septembre dernier, le ministre des Finances a annoncé l’exemption totale des frais de douanes pour l’importation de véhicules électriques et la baisse des tarifs sur les véhicules hybrides à deux moteurs (électriques et essence).

Des défis à relever

Le manque d’infrastructure et des points de recharge des batteries est un défi majeur à relever pour permettre l’expansion de l’industrie des véhicules électriques en Egypte. « Le succès du marché des voitures électriques en Egypte dépend de la coopération entre le gouvernement et les investisseurs du secteur automobile, en vue de fournir une infrastructure pour les voitures électriques », a insisté Karim Al-Naggar. Opinion partagée par le PDG du groupe Nissan Motors, qui a expliqué que « l’infrastructure ne se limite pas aux routes. Il est nécessaire de fournir des points de recharge dans les maisons et d’en installer aussi dans les garages ». Il a souligné que l’Egypte doit apporter un soutien précieux au lancement des voitures électriques à des prix qui conviennent au consommateur.

Pour sa part, Medhat Fayek, vice-président de la société ABB suédo-suisse de machines et d’équipements pour l’Afrique du Nord et Centrale, a déclaré que la disponibilité des points de recharge pour les voitures élec­triques était le facteur le plus important. « Ma société envisage d’établir plus de 50 points de recharge pour les voitures électriques au cours du premier trimestre 2019 », a-t-il noté.

Dans son discours, lors de cette cinquième conférence annuelle de l’industrie automobile égyptienne, Fayek a expliqué que l’aménagement prévu viendrait en coopération avec le fournisseur international de la technologie numérique et électrique Formula E, afin de proposer des chargeurs dédiés aux véhicules électriques aux capacités variables. Il a déclaré que la société travaillait à la fabrication de chargeurs ménagers capables de recharger complètement la batterie en un peu plus de deux heures. A cela s’ajoute l’installation de chargeurs rapides dans les centres commerciaux, qui pourraient recharger les voitures en 40 minutes. La société travaille à la fourniture de points de recharge modernes, capables de charger les batteries des voitures électriques en 10 à 20 minutes. « Une application électronique sera lancée, permettant aux propriétaires de véhicules électriques de connaître la localisation des stations de recharge, avec un système de pré-réservation », a-t-il renchéri.

Au niveau gouvernemental, les responsables du ministère de l’Electricité ont déclaré que la situation de l’électricité en Egypte était bien meilleure qu’au cours des années précédentes, avec la réalisation de nouveaux projets et une meilleure fourniture d’électricité dans le pays.

« Le ministère de l’Electricité a besoin de savoir combien de voitures électriques doivent entrer en Egypte, afin de déterminer l’ampleur des besoins en électricité et des services nécessaires pour assurer l’alimentation, via le réseau électrique ordinaire ou via des stations privées », a expliqué Tamer Farid Hégazi, directeur général des recherches en énergie au sein du ministère de l’Electricité.

Le fait de posséder une batterie de recharge sur route est important, mais un système de recharge dans les garages des maisons reste aussi une nécessité. « Les voitures électriques ont rapidement évolué, en passant de l’utili­sation de batteries de recharge d’une distance de 100 km à des batteries pouvant tenir à 400 km. Il faudrait qu’à l’avenir, les consomma­teurs puissent acheter ces batteries et les charger depuis leur domicile. C’est vraiment une nécessité », a insisté le PDG de Nissan.

Même si le gouvernement, en coopération avec le secteur privé, réussit à fournir l’infras­tructure nécessaire, le prix élevé des véhi­cules électriques reste un grand défi pour l’expansion de ce marché en Egypte. « Les prix des véhicules électriques sont supérieurs de 30 % aux prix des véhicules roulant à l’es­sence », a noté Karim Al-Naggar, toutefois sûr du recul de ces prix dans les années pro­chaines .

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