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Al-Dabaa en marche

Gilane Magdi, Mardi, 02 janvier 2018

Lundi 11 décembre 2017, l’Egypte et la Russie ont signé le contrat final sur la construction de la première centrale nucléaire égyp­tienne dans la région d’Al-Dabaa, au nord-ouest de l’Egypte. Il s’agit d’une localité de 60 km2, dépendant du gouvernorat de Marsa Matrouh. L’accord préliminaire était signé en novembre 2015.

Al-Dabaa en marche
La cérémonie de la signature du contrat final sur la création de la centrale nucléaire.

Composée de quatre réacteurs, cette centrale devrait disposer d’une capacité de 4 800 mégawatts. La première phase de cette centrale devra être opérationnelle en 2026. Selon le cahier des charges, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) se chargera de la construction de la centrale, la livraison du combustible nucléaire, la formation des travailleurs ainsi que la maintenance et la réparation des unités de production. Ainsi, la Russie devra fournir 80 % des com­posants de construction ainsi que le combustible nucléaire nécessaire au fonctionnement de la centrale sur une durée de 60 ans, selon les prix fixés dans les accords. Si la Russie s’en désengage, une amende lui sera imposée.

D’après le ministre égyptien de l’Electricité et de l’Energie renou­velable, Mohamad Chaker, la parti­cipation locale dans la première unité du projet est évaluée à 20-25 %. Elle augmentera graduel­lement pour atteindre 30 % dans la 4e unité.

Le coût du projet s’élève à 45 milliards de dollars. L’Egypte va obtenir un prêt russe de 25 milliards de dollars remboursable sur une durée de 22 ans avec un taux d’inté­rêt bas (soit 3 %). La première tranche sera versée au début de la phase opérationnelle du projet et la vente de l’électricité produite de la centrale. Ce crédit couvre 85 % du coût du projet. Les 15 % restants seront financés par les banques égyptiennes.

Le coût de la construction de cette centrale nucléaire équivaut à 5 fois celui d’une centrale électrique conventionnelle. Mais, à long terme, elle est plus rentable. En effet, avec des coûts opérationnels inférieurs et une durée de vie supé­rieure, le projet est à terme profi­table. De même, l’électricité pro­duite dans une centrale nucléaire sera moins chère que celle produite dans des centrales électriques conventionnelles, vu la hausse pré­visible des prix de gaz naturel et du pétrole au niveau mondial et la levée totale des subventions à l’énergie prévue en 2019.

Ce projet, reporté plusieurs fois, remonte aux années 1980. En 1981, juste après l’arrivée de l’ex-prési­dent de la République, Hosni Moubarak, au pouvoir, un décret présidentiel avait été publié annon­çant Al-Dabaa comme site du pro­gramme nucléaire égyptien. Mais le projet avait été abandonné. A cette époque, le projet aurait coûté 4 mil­liards de dollars.

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