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Sindiso Ngwenya : L’objectif du COMESA est de relancer la dynamique commerciale et l’échange des biens entre les pays membres

Névine Kamel, Lundi, 11 décembre 2017

Dans un entretien accordé à Al-Ahram Hebdo, Sindiso Ngwenya, secrétaire général du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), évoque les efforts du groupe pour relancer le commerce à l’intérieur du continent.

Sindiso Ngwenya

Al-Ahram Hebdo : Comment est-il possible de soutenir l’échange commercial entre les pays membres du COMESA ?
Sindiso Ngwenya: Le COMESA oeuvre à annuler les tarifs douaniers sur le commerce des biens entre les pays africains membres. L’objectif est de relancer la dynamique commerciale et l’échange des biens entre les pays du groupe. Le secrétariat général du COMESA avait effectué une étude sur le potentiel et les perspectives de ce rassemblement. Les résultats ont montré l’existence d’un manque d’informations sur les opportunités commerciales. Celui-ci a pour effet de limiter le volume des échanges commerciaux au sein de l’organisation, qui enregistre aujourd’hui moins de 10 %.

— Outre le manque d’informations, quels sont les problèmes qui entravent le commerce entre les pays du COMESA ?
— La hausse des coûts des transports entre les pays membres et les barrières non douanières sont les principaux obstacles. Ajoutons à cela un manque du côté de l’offre et une collaboration encore faible entre les pays.

— L’Egypte est un pays essentiel au sein du COMESA. Or, malgré cela, ses échanges commerciaux avec les autres pays membres demeurent limités. Que fait le COMESA à cet égard ?
— Le COMESA déploie un grand effort pour créer un climat commercial favorable aux exportations égyptiennes à travers la zone de libre-échange. Il oeuvre à supprimer les barrières non tarifaires susceptibles de limiter les échanges commerciaux entre l’Egypte et les pays membres. Par exemple, une enquête menée en 2015 par le secrétariat général du COMESA a eu pour conséquence immédiate la levée des barrières non tarifaires sur les exportations de sucre blanc et d’autres produits vers le Kenya. Cette décision a facilité les exportations de certains produits égyptiens à destination du Kenya grâce à des tarifs préférentiels. En 2016, les importations égyptiennes au sein du COMESA ont atteint 643,8 millions de dollars, contre 593,6 millions en 2015. Quant aux exportations, elles ont été de 1,8 milliard de dollars en 2016, ce qui représente 22% du marché des exportations inter-COMESA.

L’Egypte installe actuellement des centres logistiques dans plusieurs pays africains. Le COMESA soutient-il cette initiative ?
— Cette initiative est louable, car elle facilite le mouvement du commerce entre les pays du groupe. Le COMESA incite les pays membres à adopter et à exécuter des stratégies similaires, destinées à faciliter le commerce dans la région.

— Est-ce que le COMESA coopère avec les institutions internationales de financement dans le but de soutenir les pays membres et les aider à renforcer le commerce interne au sein du groupe ?
— Oui, le COMESA coopère avec quelques partenaires essentiels, tels que l’Union européenne, la Banque de développement africaine et l’USAID, pour la mise en place de programmes d’intégration régionale au profit du rassemblement. Ces partenaires financent des programmes du groupe depuis des années.

— Quels seront les projets du COMESA en 2018 ?
— Le COMESA continuera à exécuter des programmes commerciaux bien définis en 2018. Parmi ceux-ci, citons l’accord numérique sur le libre-échange, le commerce des biens et le commerce transfrontalier. Par ailleurs, le COMESA continuera à soutenir ses membres sur le plan de la zone tripartite de libre-échange ainsi que des négociations en cours relatives à la zone de libre-échange continentale.

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