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La balance commerciale se stabilise

Gilane Magdi, Mardi, 30 mai 2017

Le déficit de la balance commerciale a témoigné d'une baisse significative au cours des 15 derniers mois, favorisée par la réduction des importations et la hausse des exportations, dues au flottement de la livre. Explications.

La balance commerciale se stabilise
Le ministère de Commerce vise à doubler les exportations d'ici 2020. (Photo : Al-Ahram)

Bonne nouvelle. Le déficit de la balance commerciale a fortement chuté au cours des trois premiers mois de 2017 pour se chiffrer à 6,5 milliards de dollars (contre 12,2 milliards de dollars durant la même période de l’année dernière), soit une baisse de 46,2 %. Cette chute revient en grande partie à l’envolée des exportations égyptiennes qui ont augmenté de 15,3 %, pour atteindre 5,5 milliards de dollars durant le premier trimestre de 2017 (contre 4,7 milliards de dollars durant la même période de 2016). De même, les importations se sont repliées de 29 % pour se chiffrer à 12,1 milliards de dollars (contre 17 milliards l’année dernière). « Nous travaillons en vue de réduire le déficit de la balance commerciale en augmentant les exportations de 22 à 30 milliards de dollars annuellement et en réduisant les importations non pétrolières à 54 milliards de dollars », avait déclaré le ministre du Commerce et de l’Industrie, Tareq Qabil, au quotidien Dailynews Egypt dans son numéro de novembre dernier.

Le déficit de la balance commerciale avait augmenté au cours des dernières années. Cette tendance à la baisse a commencé l’année dernière après l’adoption par le gouvernement d’une stratégie nationale (2016/2020) basée sur deux fondements principaux, c’est-à-dire freiner les importations qui coûtent des milliards de dollars et encourager les exportations.

Bien que le ministère ait pris des mesures sérieuses pour freiner les importations, la stratégie visant à doubler les exportations est encore dans sa phase de préparation. « Le ministère est en voie de terminer la stratégie visant à doubler les exportations d’ici 2020. Le but est de cibler les nouveaux marchés pour exporter certains produits comme les matériaux de construction et les produits chimiques. Nous révisons en ce moment la définition des petites et moyennes entreprises en vue d’accroître leurs exportations d’ici 2020 », avait noté le ministre lors d’une réunion avec les présidents des conseils d’exportation, il y a deux mois. Toutefois, le dernier rapport publié par le ministère révèle une hausse des exportations dans les différents secteurs grâce à la hausse des prix du dollar.

Les exportations des matériaux de construction ont augmenté de 60 % pour se chiffrer à 1,3 milliard de dollars pendant le premier trimestre de 2017 contre 0,8 milliard de dollars durant la même période de l’année dernière. Les exportations des produits chimiques viennent à la deuxième place avec une hausse de plus du tiers pour dépasser le milliard de dollars. « La flambée des cours du dollar a contribué à la croissance des exportations en valeur plutôt qu’en volume », souligne à Al-Ahram Hebdo Yasser Al-Tifani, du ministère du Commerce et de l’Industrie.

Baisse des importations

Le ministère du Commerce et de l’Industrie avait renforcé au début de l’année dernière les restrictions sur les importations, en augmentant les douanes sur des dizaines de biens et en renforçant la surveillance sur la qualité des produits importés. Le ministère a pris deux décisions importantes. Selon la première, seules les usines ou les sociétés inscrites au registre de l’Organisme général des exportations et des importations ont le droit d’exporter vers l’Egypte. Les usines qui exportent vers l’Egypte doivent en outre présenter un certificat qui prouve qu’elles possèdent un système de surveillance de la qualité des produits et que ces derniers ne portent pas atteinte à l’environnement. La deuxième décision est que les produits importés font l’objet de tests aléatoires, et s’ils ne sont pas conformes aux critères exigés, l’exportateur se voit interdire toute activité. « Ces décisions ont freiné l’importation des produits de mauvaise qualité, ce qui a entraîné la baisse des importations de 7 milliards de dollars en 2016 », affirme Yasser Al-Tifani. Selon les rapports de la Banque Centrale d'Egypte (BCE), les importations, qui ont atteint leur niveau le plus élevé en 2014/2015 (soit 61 milliards de dollars), ont baissé à 57 milliards de dollars en 2015/2016 et à 27 milliards de dollars au premier semestre de l’année 2016/2017. Ce repli a touché les produits pétroliers dont les importations ont baissé, passant de 9,7 milliards de dollars en 2015/2016 à 4,2 milliards de dollars au premier semestre 2016/2017. L’importation des produits alimentaires comme le blé et le maïs a baissé de 27 % pour se chiffrer à 4,2 milliards de dollars au premier semestre 2016/2017 contre 5,4 milliards en 2015/2016. Quant aux biens de consommation non durable comme le textile, leur importation a baissé de 16 % pour se situer à 544 millions de dollars au premier semestre de 2016/17 (contre un milliard de dollars en 2015/2016). « Il est difficile d’interdire complètement l’importation, mais notre objectif est de rationaliser l’importation des biens non essentiels pour les remplacer par des produits nationaux », avait déclaré le ministre du Commerce. Pourtant, Ahmad Chalabi, analyste économique auprès de Cairo Capital, se veut critique. « Pour booster les exportations, il faut d’abord améliorer la qualité des produits locaux et parrainer les petites et moyennes entreprises », dit-il.

La hausse du dollar pèse lourd

La balance commerciale se stabilise
Les importations de médicaments ont baissé de presque le tiers en 2015/2016. (Photo : AFP)

Le flottement de la monnaie nationale vis-à-vis du billet vert, en novembre dernier, a permis de réduire la facture de l’importation. Les produits importés sont devenus beaucoup plus chers que les produits nationaux. Il ne faut pas oublier non plus l’impact des cours du dollar douanier que le ministère des Finances change toutes les deux semaines. Cette situation a réduit l’importation des produits vitaux tels que les médicaments. « Aujourd’hui, nous avons des difficultés à importer certains médicaments qui n’ont pas d’alternative nationale. Et même ceux qui ont une alternative, ils ont des composants importés. Donc, il faut organiser cette affaire pour préserver la santé des citoyens », affirme un importateur de médicaments qui a requis l’anonymat. Selon le rapport de la BCE, l’importation des médicaments a baissé de presque le tiers sur une année pour se chiffrer à 5 milliards de dollars au premier semestre de 2016/2017, contre 10,8 milliards en 2015/2016.

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