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Affaires : L’inquiétude des investisseurs

Marwa Hussein, Samedi, 30 avril 2016

Dans un rapport du Centre égyptien des études économiques (ECES), le milieu des affaires perçoit une régression de la performance économique nationale, avec l'instabilité des taux de change comme l'une des causes principales de cette situation.

Affaires : L’inquiétude des investisseurs
Les procédures bureaucratiques, une préoccupation majeure des entreprises. (Photo:Mohamad Hassanein)

La perception de la communauté des affaires en Egypte de la performance économique du pays traduit d’importantes préoccupations. Pour le deuxième trimestre consécutif, la performance de l’ensemble des entreprises égyptiennes a régressé, selon le dernier numéro du Baromètre des affaires publié par le Centre égyptien des études économiques (ECES), principal think tank économique libéral en Egypte. L’indice du baromètre qui reflète les résultats d’une enquête comprenant 474 entreprises et faisant état de leurs propres performances économiques ainsi que celles du pays a régressé de deux points. Le dernier numéro du Baromètre des affaires mesure la performance des entreprises pour le quatrième trimestre de 2015 et le premier trimestre de 2016. « Dans ce trimestre de 2016, l’indice a chuté de deux points, ce qui reflète les préoccupations du milieu des affaires sur la lenteur de la reprise économique. Ces préoccupations sont en ligne avec la baisse réelle du taux de croissance entre juillet et septembre 2015 à 3,1 % contre de 5,6 % au cours du même trimestre de l’année précédente », notent les auteurs du rapport. Ils ajoutent que les résultats de ce numéro du baromètre sont également en ligne avec la baisse notée dans l’édition précédente et sonnent l’alarme pour le gouvernement afin qu’il ait recours à des politiques de stimulation de l’économie.

En effet, l’évaluation de la croissance économique des entreprises a diminué en octobre-décembre 2015 par rapport au trimestre précédent, mais avec un ralentissement plus modeste. La baisse de l’activité économique s’est reflétée sur la performance des entreprises. Selon le Baromètre des affaires, la production a diminué de 5 points, les ventes locales et internationales ont diminué au cours d’octobre-décembre 2015 et les niveaux d’investissement sont presque similaires aux chiffres du trimestre précédent. Néanmoins, l’utilisation des capacités a connu une baisse sans précédent depuis juillet-septembre 2014.

Au niveau des secteurs, tous ont connu une baisse de la performance lors du dernier trimestre 2015, sauf le secteur manufacturier dont la performance est restée constante par rapport au trimestre précédent. « Il y a un niveau élevé de frustration, les solutions pour générer des revenus et des devises étrangères sont bien connues. Nous vivons les conséquences d’un traumatisme auto-infligé », dit Anis Aclimandos, président de la Chambre américaine de commerce en Egypte. « Le taux de change est un symptôme, le problème est la mauvaise gestion des politiques financières. Il n’aurait jamais fallu utiliser les réserves de change pour soutenir le taux de change car lorsqu’ils fléchissent finalement, la dévaluation est inévitable. Il fallait viser à augmenter le flux des devises étrangères », poursuit-il. Il assure que les investissements étrangers directs n’affluent jamais quand il existe deux taux de change, officiel et du marché noir. « Nous sommes là où nous étions il y a dix ans après avoir réussi à n’avoir qu’un seul prix de dollar, et attirer des investissements étrangers et réaliser des taux de croissance élevés », regrette-t-il.

Les interviewés ont identifié plusieurs domaines dans lesquels leurs entreprises sont confrontées à une contrainte majeure, dont l’instabilité politique et économique, la corruption et l’infrastructure. Selon le rapport, les politiques gouvernementales ont semblé lourdes pour les entreprises au cours du dernier trimestre 2015 par rapport au trimestre précédent. « En outre, la lourdeur et les procédures bureaucratiques ont été les principales préoccupations des entreprises », souligne le rapport. En revanche, l’inflation n’a plus été le principal obstacle que rencontrent les entreprises au dernier trimestre 2015, devenant la cinquième contrainte pour cette période. « Cela pourrait être en partie le résultat de la décision de la Banque Centrale de relever les taux d’intérêt dans un effort pour contrôler l’inflation », estiment les auteurs du rapport ajoutant que la hausse des taux d’intérêt n’a pas empêché la performance des entreprises puisqu’elle a été signalée comme une moindre contrainte. En outre, les entreprises sont confrontées à des contraintes minimales comme la législation du travail, la disponibilité des terrains et de l’énergie (gaz).

La Banque Centrale a déprécié la livre égyptienne de 13 % le 14 mars dernier pour atteindre 8,75 L.E. le dollar contre 7,73 L.E. avant la dépréciation. Mais le prix du dollar sur le marché noir a poursuivi sa courbe ascendante .

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