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Un coup de jeune pour relancer l’économie

Névine Kamel, Lundi, 28 septembre 2015

La nomination de trois jeunes ministres à l’Industrie et au Commerce extérieur, à la Coopération internationale et au Pétrole est bien perçue par les milieux économiques qui y voient un signe encourageant pour une reprise de l'économie

Sahar Nasr, Tareq Qabil et Tareq Al-Molla.
Sahar Nasr, Tareq Qabil et Tareq Al-Molla.
Créer une équipe économique jeune. C’était visiblement le but du récent remaniement ministériel. Les trois jeunes éléments nommés au sein du groupe économique sont bien connus du milieu des affaires. Il s’agit de Tareq Qabil, ministre de l’Industrie et du Commerce extérieur, Sahar Nasr, ministre de la Coopération internationale, et Tareq Al-Molla, ministre du Pétrole. Cette équipe devrait travailler en étroite relation avec les ministres des Finances, de l’Investissement et de la Planification, eux-mêmes jeunes. « Le gouvernement parie sur l’économie pour la période à venir. Et ces jeunes peuvent être la carte gagnante avec leurs idées audacieuses », a affirmé le nouveau premier ministre, Chérif Ismaïl. D’ailleurs, la nomination d’Ismaïl, ex-ministre du Pétrole dans le précédent cabinet d’Ibrahim Mahlab, montre l’intérêt porté par le gouvernement à l’économie.
Un nouveau Rachid
« L’économie et l’industrie peuvent être un moyen pour l’Egypte de reprendre sa crois­sance. Si nous travaillons sur l’économie comme il se doit, la tâche sera facilement accomplie. Et nous verrons alors l’économie se redresser d’ici 2 ans au maximum », explique Mohamad Zaki El-Sweedy, président de l’Union des industries, qui salue la nomination d’un homme d’affaires « expert » pour diriger l’industrie au cours de la prochaine période. « L’industrie a également besoin d’un expert qui sache gérer les problèmes et les défis. Et le nouveau ministre, un homme d’affaires, possède justement cette expérience pour gérer les dossiers en question », ajoute-t-il.
Le nouveau ministre répond également aux attentes des industriels égyptiens qui espéraient voir arriver à la tête du ministère un nouveau Rachid Mohamad Rachid (ministre de l’Indus­trie sous l’ancien président Hosni Moubarak réputé pour sa compétence). Tareq Qabil, qui a occupé plusieurs postes dans différentes entre­prises industrielles, possède l’expérience nécessaire dans ce domaine. Avant sa nomina­tion, il était, depuis 2012, le directeur exécutif de l’entreprise émiratie Abraj, au Moyen-Orient, en Turquie et en Asie centrale. « Cette expérience internationale lui a permis d’ac­quérir une profonde connaissance des marchés extérieurs et d’obtenir l’expertise nécessaire pour revitaliser l’industrie égyptienne et lui permettre de faire face à la concurrence inter­nationale », explique Walid Hilal, homme d’af­faires et membre de l’Union des industries.Qabil a également passé 18 ans de sa carrière au sein de l’entreprise multinationale Pepsi-Cola où il a occupé plusieurs postes avant de devenir président de l’entreprise pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Avant cela et pendant 12 ans, il avait travaillé à Procter & Gamble ainsi que dans d’autres compagnies industrielles. « Cette expérience industrielle lui a permis de prendre connaissance des besoins des entreprises sur le marché », ajoute Hilal, expliquant que la hausse des exportations est l’une des tâches essentielles du nouveau ministre. Qabil a succédé à Mounir Fakhri Abdel-Nour. Ce dernier avait plutôt une expé­rience politique. Un choix qui répond aux besoins de la période passée qui visait à déve­lopper ses relations politiques.
Une femme
à la Coopération internationale
Autre nouvelle nomination, celle de Sahar Nasr nommée à la Coopération internationale. Un choix fortement apprécié dans les milieux économiques. Elle succède à une autre femme, Naglaa Al-Ahwani. Nasr, qui a décla­ré être surprise par sa nomination, est l’une des rares femmes connues dans le milieu des affaires. Et pour cause, elle était un membre actif au sein de la Banque mondiale au cours des 20 dernières années. Diplômée d’écono­mie, elle avait été choisie comme membre du conseil économique présidentiel. « Sahar s’occupait à la Banque mondiale des classes défavorisées, notamment du chômage et de la pauvreté. Des compétences qui vont de pair avec l’objectif du gouvernement au cours de la prochaine période », affirme Alia Mamdouh, expert économique. Et d’ajouter : « Nasr s’y connaît en matière de programmes sociaux et possède une expérience dans le domaine du financement des projets. Elle est excellente pour ce poste ministériel ».
Nasr a effectivement une longue expérience dans les finances, la restructuration des banques et le support des petites et des moyennes entre­prises. « Il est temps d’agir », explique un res­ponsable au ministère de l’Investissement, qui a requis l’anonymat. Il explique que le minis­tère a fait jusque-là du bon travail avec les petites et les moyennes entreprises publiques, car « c’est un dossier important ».
La nouvelle ministre avait signalé dans un entretien récent qu’à défaut de financement, l’Egypte risque de perdre sa place dans les milieux d’affaires, et ce, à l’échelle internatio­nale. « Nasr avait une position importante au sein de la Banque mondiale, qui est une institu­tion financière internationale très importante. Les relations qu’elle a pu développer au sein de la Banque mondiale lui faciliteront la tâche et permettront à l’Egypte de remonter la pente », ajoute le responsable du ministère de l’Investissement.
Un ministre issu
du secteur pétrolier
Après la nomination du premier ministre, Chérif Ismaïl, à la tête du gouvernement, il fal­lait lui trouver un successeur au ministère du Pétrole. Le choix de Tareq Al-Molla est sans surprise. Ce dernier était en effet le second d’Is­maïl à l’Organisme général du pétrole où il tra­vaillait avant de rejoindre le gouvernement. Aujourd’hui, il lui succède au ministère du Pétrole. Selon un responsable du ministère du Pétrole, Al-Molla est bien connu dans les milieux de l’énergie et possède une grande connaissance des dossiers du ministère. « Il était le bras droit du ministre du Pétrole et était présent dans tous les accords importants qui ont été conclus dans ce domaine », explique le responsable du minis­tère du Pétrole. Et d’ajouter : « Le choix d’Al-Molla n’est donc pas une surprise », ajoute-t-il. Le dossier de l’énergie représente un défi important pour le gouvernement. La nomina­tion d’Al-Molla et celle des deux autres jeunes ministres relancent l’espoir d’un nouveau départ de l’économie égyptienne. L’avenir dira s’ils relèveront le défi.
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