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Cérémonie d'adieu à Mandela

Hoda Ghali, Mardi, 10 décembre 2013

D’Obama à Castro, les grands de ce monde réunis comme jamais ont rendu hommage mardi à Nelson Mandela, héros universel de la liberté et du pardon, lors d’une cérémonie historique dans un stade de Soweto, qui a accueilli environ 80 000 personnes.

Mandela

Une centaine de chefs d’Etat et de gouvernement se sont retrouvés dans les gradins, avec des dizaines de personnalités du monde des arts ou de la culture, et une foule d’anonymes, tous unis par leur admiration pour le père de la Nation arc-en-ciel.

Sur l’estrade, les présidents américain Barack Obama et cubain Raul Castro ont mis leurs différends entre parenthèses pour saluer la mémoire de Nelson Mandela, mort jeudi dernier à 95 ans après une longue agonie. Le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon, le président sud-africain Jacob Zuma et les dirigeants de pays émergents (Brésil, Chine, Inde) figuraient aussi sur la liste des orateurs. Leurs discours ont été précédés du témoignage d’Andrew Mlangeni, qui fut détenu pendant de longues années avec Nelson Mandela sur l’île de Robben Island sous le régime d’apartheid, et des interventions de membres de la famille. Tous ont salué le parcours exemplaire d’un homme qui a passé 27 ans en prison pour avoir combattu la ségrégation raciale dans son pays avant de négocier une transition pacifique parachevée par son élection à la présidence, en 1994.

Quelques centaines de personnes ont attendu à l’aube à Park Station, la gare centrale de Johannesburg, le train — gratuit pour l’occasion — qui les a conduits au stade, chantant « Shosholoza », un chant rappelant les voyages en train vers les mines d’or. D’autres sont venus en bus, gratuits eux aussi. A l’arrivée, ils étaient accueillis par un chaleureux « Bienvenue ! Soyez tous les bienvenus ! Viva Tata Madiba, Viva ! » par haut-parleur. La foule répondait « Viva ! », comme dans les meetings de l’ANC, le parti au pouvoir dont Nelson Mandela, appelé affectueusement Madiba, son nom de clan, ou Tata (le père), fut le plus célèbre dirigeant.

Pour assurer la sécurité des personnalités, les autorités ont déployé les grands moyens. Des dizaines de milliers de policiers et 11 000 soldats ont été mobilisés et les abords du stade ont été fermés à la circulation. « Tous les signaux sont au feu vert », a assuré la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula. L’Afrique du Sud voulait offrir à son grand homme des funérailles à la mesure de sa stature. Outre le stade de Soccer city, 3 stades de Johannesburg ont été ouverts au public pour la projection de la cérémonie sur grand écran, ainsi que 150 sites de retransmission dans le pays. Brandissant des drapeaux sud-africains, enveloppés dans des couvertures ou des étoffes jaune et vert avec les mots « Mandela pour toujours », certains dansaient sous leurs parapluies, chantant « Le fils est parti » ou « Mandela ne dort pas, il est juste à genoux ».

Certes des milliers de noirs, blancs et métis sont venus déposer des fleurs devant sa maison, ou dans des lieux symboliques de la lutte anti-apartheid. Mais dans la sobriété. De même, les fidèles de toutes les confessions ont prié pour « la paix de son âme » dimanche, sans effusion de larmes. Et les parlementaires, réunis en session extraordinaire lundi, sont restés très calmes, mettant l’accent sur l’importance de poursuivre son combat. Après cette cérémonie d’hommage officiel, la dépouille du héros national sera exposée pendant 3 jours au siège du gouvernement à Pretoria, avec des processions prévues chaque matin dans les rues de la capitale. Elle sera transférée samedi vers le petit village de Qunu, dans le sud-est rural du pays, la terre des ancêtres Xhosas de Mandela. C’est là qu’il sera enterré dimanche aux côtés de 3 de ses enfants, lors d’une cérémonie traditionnelle, mêlant le culte chrétien et le rite xhosa.

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