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Khartoum tente de panser ses plaies

Sabah Sabet avec agences, Mardi, 22 octobre 2019

Suite à plusieurs jours de pourparlers tenus à Juba, le gouvernement soudanais et les groupes rebelles ont trouvé un terrain d’entente, afin de relancer un processus de paix longtemps attendu.

Après des années de conflit armé, l’espoir d’un retour définitif de la paix au Soudan a été ravivé cette semaine à Juba. La capitale du voisin sud-soudanais a accueilli les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles. Khartoum et des rebelles du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil Bleu ont pu trouver, vendredi 18 octobre, un terrain d’entente sur certains points indispensables pour relancer le processus de paix. « A la suite de l’engagement direct entre les deux délégations, le SPLM-Nord (le Mouvement de libération du peuple du Soudan) et le gouvernement de transition de la République du Soudan, les parties se sont mises d’accord pour classer et hiérarchiser les questions de négociation. Deuxièmement, les parties ont convenu de la nécessité de convenir d’une déclaration de principe en tant que feuille de route régissant le processus de négociation », a résumé le porte-parole de la délégation du gouvernement de transition, Mohammed Hassan Alteishi. Selon le texte diffusé à l’issue de la réunion, les deux parties se sont entendues sur trois sujets : le dossier politique, le dossier humanitaire et les arrangements sécuritaires. « Nous sommes également d’accord sur le fait que chaque partie présentera ses exposés de principe sur la réalisation d’une déclaration de principe qui constituera la feuille de route guidant le processus des prochains pourparlers de paix », a appuyé vendredi le porte-parole du Mouvement de libération du peuple du Soudan-Nord, Ajak Mahmud.

Un plan de route et un agenda de travail seront en outre bientôt annoncés. Mercredi 16 octobre, le gouvernement soudanais a annoncé un cessez-le-feu permanent au Darfour (ouest), au Kordofan-Sud (sud) et au Nil Bleu (sud-est), renforçant un cessez-le-feu officieux déjà en place depuis la chute de l’ancien président Omar Al-Béchir, destitué par l’armée le 11 avril sous la pression populaire.

En outre et parallèlement aux pourparlers, l’Armée de libération soudanaise-Abdel Wahid Nur (SLA-AW), un groupe rebelle important, a annoncé dans un communiqué que Khartoum avait libéré, vendredi dernier, 24 de ses « prisonniers de guerre ». « La SLA-AW se réjouit de la décision du gouvernement du Soudan de libérer 24 de ses prisonniers de guerre dans les prisons de Port-Soudan et Khartoum ». Pourtant, ce groupe ne fait pas partie des pourparlers de Juba.

Ces avancées ont été rendues possibles grâce à la médiation du Soudan du Sud, où les pourparlers ont eu lieu, mais aussi grâce à un élan du nouveau premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok — en poste depuis le 21 août à la suite d’un accord entre militaires et contestataires prévoyant une transition du pouvoir aux civils —, qui a promis de mettre fin aux conflits et de ramener la paix au Darfour, ainsi que dans les deux Etats du Nil Bleu et du Kordofan-Sud (sud).

Les violences au Darfour ont éclaté en 2003 quand des minorités ethniques, s’estimant marginalisées, se sont révoltées et ont pris les armes contre le gouvernement central soudanais. Pour réprimer cette rébellion, Khartoum a formé une milice armée, les Janjawids, recrutant parmi des nomades en majorité arabes. Ces miliciens ont été accusés de mener une politique de la terre brûlée, pillant, incendiant et violant dans les villages suspectés de soutenir les rebelles. Environ 300 000 personnes sont mortes dans ce conflit qui a également fait 2,5 millions de déplacés, selon l’Onu. En 2007, des milliers de Casques bleus ont été déployés au Darfour dans le cadre d’une mission conjointe Onu-Union africaine, mais leur nombre a diminué depuis mi-2018, à la faveur d’une baisse des violences.

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